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Tuesday, July 19, 2022

Dénouer

Depuis notre première rencontre, notre première nuit, et toute notre vie à deux depuis, mon nez de chien pisteur était aux aguets. J’ai une intuition très forte. Surtout en certains domaines sensibles. L’expérience dans ma chair, des années de recherches, de formation et d’écoute, au travers plusieurs activités bénévoles. J’ai un radar pour certaines blessures en particulier. Au fil de notre vie à deux, j’ai eu des indices confirmant mes soupçons, mais, toi, tu n’en étais pas conscient. Il fallait que toi, tu fasses le chemin. Tout à coup, je me souviens d’un soir au Rockaberry dans les tous premiers mois de notre vie de couple. Tu m’as fait des confidences ahurissantes. Avec retenue et doute, par peur de te faire juger. Tu m’as confié un lourd secret, et tu attendais un peu que je me sauve, que je sois choquée. Comme si tu déposais ton cœur une seconde fois entre mes mains, accompagné d’une bombe. Mon cœur a explosé, mais j’ai gardé mon calme. J’ai eu mal, en t’écoutant. Je voulais être là pour toi, c’est ce que j’ai fait. Malgré toutes les alarmes déclenchées dans ma tête. J’ai su à ce moment-là, de quoi il s’agissait. C’était clair. Pour moi. Pas pour toi. Pas encore. Tu étais si jeune, et avec ton vécu…

La vie a suivi son cours, et nous voilà. Tu as défait des nœuds, trancher des liens, dernièrement. Sur ce chemin, qui a pris des allures d’examen de conscience par bout, tu as revisité plusieurs moments et souvenirs. Pour moi, ta vie s’explique, mais il y avait ce bout qui manquait, ce quelque chose qui clochait. Tu sais à quel point je suis une tête chercheuse. J’ai du mal à lâcher le morceau, surtout lorsque j’aime et que je sais. Tu avais réalisé déjà beaucoup de choses, mais voilà que ces souvenirs sont remontés. Prenant un nouveau sens, prenant tout leur sens, révélant leurs vraies couleurs. Tout est remonté, tout se révèle et ça fait du bien et ça fait mal en même temps.

Tu as trouvé l’origine de ton mal. Oui tu me cherchais, c’est indéniable, mais tu fuyais aussi une blessure trop grande et incomprise. Tu t’es construit sur un trauma et pas un petit. Cela explique tellement de choses. Tout en fait. Ça fait mal et ça fait du bien en même temps. De ne plus être dans le noir, de ne plus mener sa vie à l’aveuglette. Tu as survécu, maintenant, c’est le temps de guérir et de vivre. Doucement, un pas à la fois, et je serai toujours là, à tes côtés.

La nature de ton traumatisme et les circonstances qui l’ont étouffé et qui ont ajouté une couche de honte supplémentaire, laissent des traces profondes. Des cicatrices. L’âge tendre auquel cela s’est produit, ajoute encore au traumatisme. Tellememt de honte, de silence, de solitude et de questions et de douleur. Un secret lourd. Beaucoup d’incompréhension, beaucoup d’interrogations en suspend. Tu étais déjà vulnérable qui plus est. Tu t’es construit et tu as vécu et chercher tes réponses toi-même au fil du temps. Entre ta nature sensible et, cet autre part d’ombre née de blessures et traumas, qui grandissait au même rythme que toi. Tu n’avais pas conscience que cela faisait partie de toi, que cela n’était pas un monstre. Que TU n’étais pas un monstre. Tu t’es infligé bien des blessures, tu t’es fait mal en cherchant. Tu me cherchais, tu cherchais aussi des réponses. C’est très simplifié, mais ça dit beaucoup. Tu étais très divisé, tu vivais beaucoup de dissociation.

Maintenant, c’est le temps de réconcilier, panser, soigner, guérir. Ton autre voyage peut commencer. Je ressens un profond soulagement. Cela explique toutes ces choses que je sentais, que je voyais mais auxuquelles il manquait des aspects, des fils coupés. Un manque de concordances alors que je te voyais si clairement. Hallucinant à quel point tout s’éclaire. À partir de maintenant, ça ira encore beaucoup mieux. Des défis, des pleurs, des hauts et des bas. Tu es mon guerrier, mon cœur sur deux pattes, et tu as tout à gagner à plonger dans cette plaie et en ressortir, plus fort et plus grand. Et dans ton cas, ce n’est pas peu dire. 


 

Tuesday, July 12, 2022

Être au pluriel

 

Retomber en enfance, réclamer toute mon innocence. Aimer avec l’intensité absolue de l’adolescence. Être cette femme, que je suis. Au-delà des regards et des attentes. Être l’une et multiple. Enfin libérée. Libre. L’ironie d’avoir été si longtemps une ‘’shape shifter’’ sans m’être permise d’être toutes celles que j’étais, moi. Son regard coule d’entre mes cuisses à mon âme. Je suis mûre, prête à m’offrir, au seul homme que je n’attendais plus. Car il est l’unique qui m’ait toutes vues. M’aimant totalement et inconditionnellement. Pour toute celles que je suis. Le bonheur délicieux de m’aimer entièrement, se répand partout en moi. Il était temps.

Je me permets d’être celle que je suis, celle que j’ai envie, parmi toute ma panoplie. La petite fille en moi, est guérie de beaucoup de traumas et autres blessures et elle s’exprime beaucoup. Elle apparaît très souvent. Elle n’a jamais été bien bien loin. De là cette capacité à m’émerveiller dont on me parle souvent. Je crois que c’en est elle la détentrice, la source. Malheureusement, elle avait tendance à demeurer loin, à l’abri auparavant. Dans ma présente relation, non seulement je me sens en sécurité et elle aussi, mais de plus, elle trouve un grand complice dans le petit garçon qui loge dans le cœur de mon mari.

Idem pour l’adolescente que je n’ai guère été! Je n’ai pas vécu une adolescence typique. Je crois que du fait de ma nature je n’avais pas ce qu’il fallait pour vivre une adolescence mouvementée. Ma vie était assez mouvementée. Je n’éprouvais pas le besoin d’en rajouter. Bien au contraire! Et je ne voudrais pas retourner en arrière. Cependant, j’avais cette fougue que j’étouffais au profit d’une froideur qui me permettait de gérer les situations difficiles et de traverser les moments ardus. Je possède toujours cette fougue, et elle s’est embrasée au contact de mon Mari. Certains rêves demeurés morts et enterrés revivent avec Lui. Il n’est jamais trop tard.

J’ai toujours su que j’étais plusieurs facettes, plusieurs femmes et qu’elles étaient une en moi. J’en ai simplement laissé volontairement certaines dans l’ombre. Jusqu’à les oublier. Les négliger. Les étouffer. Les enterrer vivantes. Cruauté que je m’infligeais sans même sourciller, mais dont le poids se faisait sentir, plus le temps passant.

Épanouie, en sécurité et guérie. Elles ont toutes fleuries mon âme, dans un seul souffle. Lui, les a vues ou devinées, pour certaines. Il me savait, comme je le savais. C’est très particulier cette manière que nous avons de nous voir depuis le premier regard. Toutes nos facettes sont complémentaires, et trouvent leurs partenaires chez l’autre. C’est une danse complète, perpétuelle et absolue aussi troublante que magique et magnifique.

Être au pluriel, c’est une chose magnifique. Une forme de liberté qui s’exprime dans toute la singularité de ma personne épanouie. Dans une relation ou les tabous n’ont pas leur place. Assez drôlement, des tabous, nous n’en avons aucun. Ce qui nous permet aussi de délimiter, ensemble, les frontières de notre territoire. Un territoire que nous défendons férocement, tout les deux, avec la même intensité. Cette ouverture d’esprit et cette confiance infinie entre nous, nous rend plus exclusifs encore. Nous avons soif et faim l’un de l’autre, et il n’y a de la place pour personne d’autre. Et à nous deux, nous sommes suffisamment de facettes. 😊


Thursday, June 16, 2022

Avec le recul

Lorsque tu as seize ans, que tu es hypothéquée et que l’Amour te fait déjà peur... et que tu proviens d’un milieu qui ne te permet pas de distinguer ce qui est normal de ce qui ne l’est pas. Tu crois que tu sais voir venir et que tu sauras éviter. Tu ne sais pas que des variations sur le même thème de violence et abus existent. Tu acceptes et tu composes avec certaines choses qui sont moins pires et qui frôlent une normalité qui est en fait anormale. Tu n’es pas amoureuse, soit. Cependant, tu tombes quand même dans le piège. De la sécurité. Il t’aime et il assure, il sera un partenaire de vie et un père fiable. Peut-être même parviendras-tu à baisser ta garde et à tomber sous son charme, le temps passant?

Ces grands gestes romantiques, ses visites à l’improviste, ses lettres et ses appels (parfois plusieurs fois par jour, certains jours) t’irritent au départ. Cependant, à un certain moment, tu capitules sans même t’en rendre compte, et, tu commences à faire confiance. Dans un monde gris et terne et dur, ce romantisme affiché et forcé, fait ta conquête lentement mais sûrement. Il veut savoir absolument tout à ton sujet, il s’infiltre partout.

Un jour tu te retrouves mariée, puis avec un et puis deux enfants. Puis la maison en région, puis les colères qui éclatent, la dévalorisation, les infidélités, diverses formes de violences, parmi elles, une violence financière que tu ne sais pas identifiée au moment des faits. L’isolement. Des amis, de la famille.

Même si tu n’es pas amoureux, ce rôle qui nous est proposé partout (romans, films et séries) fini par fracasser tes barrières. La sécurité, le romantisme, le dévouement. Qui tournent rapidement au vinaigre. Et au fil des ans, les choses s’enveniment. Relation toxique et les signes m’apparaissent si clairement désormais... à 43 ans.

Ça peut donc arriver que l’on cherche l’amour, que l’on soit ouverte à l’amour, ou que l’on cherche un partenariat et une sécurité. C’est très ironique, dans mon cas, que j’aie voulu éviter un mariage toxique en évitant l’amour, et que je sois tombée en plein dans le panneau. L’ironie est que plus de vingt ans plus tard, je me retrouve dans une relation grandiose et magnifique, qui a débutée très lentement. Par une amitié, entre collègue au quotidien. L’amour qui foudroie au premier regard de chaque côté, mais des années avant de naître à la réalité. Bien au contraire de se séduire et se bombarder, nous avons misé sur une amitié. De mon côté j’ai franchement lutté. Contre mes sentiments, contre l’évidence du départ.  Finalement, notre amour a pu prendre de solides racines dans ces années d’amitié. Les événements se sont déroulés vitesse grand V une fois notre Amour avoué et réel et inévitable. Certains événements ne nous laissant pas beaucoup de choix. Nous étions mûrs. Nous étions prêts aux bouleversements. Depuis, nous continuons de prendre notre temps, de grandir et croître côte à côte et puis ensemble. Cet amour est un havre de paix, un terrain fertile pour retrouver ma liberté et m’épanouir. Idem pour lui. C’est aussi un Amour immense, absolu et renversant. Au sein duquel nous sommes en confiance et épanouis. Ainsi que renversés et ivres l’un de l’autre. Nous nous fondons l’un dans l’autre, et nous nous trouvons et retrouvons. Nous nous connaissons mieux que jamais, comme couple et comme individus. C’est beau, fort, profond, sain et incroyable.

L’Amour absolu existe. Rare? Oui. Rare de trouver SA personne. Rare aussi un engagement commun aussi équilibré, totalement réciproque et absolu.

J’ai essayé de contrôler les paramètres de ma vie et je me suis retrouvée dans une relation toxique. Je ne contrôle plus rien, et, ce qui est sain, équilibré et épanouissant inonde ma vie, mur à mur.

Ironique vous dites?


Wednesday, June 15, 2022

Love bombing

Comment faire la différence entre un Amour fou et passionné, réel. Et un excès de démonstration d’affection. Il faut avoir le langage, les connaissances et parfois, malheureusement, l’expérience pour reconnaître l’un et l’autre. Entre un narcissique déterminé à obtenir ce qu’il veut et un être follement amoureux et follement désintéressé, les signaux sont clairs. Et peuvent pourtant être tellement similaires. Arriver à l’improviste, avec des fleurs de surcroît, et ainsi forcer un tête à tête. Bombarder l’objet des désirs, de lettres, appels, supposément romantique... mais qui s’apparente plutôt à un harcèlement acharné. Initier de longues conversations supposément romantiques, dans laquelle l’un des deux se perd, et se retrouve convaincu du bien fondé des sentiments de l’instigateur-trice de la conversation. Des conversations sur le futur à deux, la nature exceptionnelle des liens qui unissent et, de grandes déclarations d’amour dès le départ. Le ou la narcissique, semble ne pas avoir de limites aux actes romantiques démontrés, et incarne qui semble être un idéal pour leur... je dirais leur proie. Flatterie, démonstration d’affection, déploiement de séduction. Un débordement d’attentions. Tout ce qu’il faut pour tendre un piège romantique à la proie convoitée. Une petite alarme a peut-être du mal à se faire entendre. Possible que la confusion soit si forte, que cela brouille les pistes. Par contre, un signe qui ne devrait pas tromper, est lorsque l’individus narcissique commence à imposer sur l’autre, ses perceptions et ses désirs. Les forçant, comme pour les convertir, comme s’ils savaient mieux. Comme si eux, voyaient clair. Dès lors que quelqu’un essaie de nous convaincre de quoi que ce soit, d’influencer notre jugement, notre intuition, notre intelligence ou nos valeurs par exemple. Dès qu’il est question que cet individu croit en savoir plus long que soi sur nos propres sentiments. Qu’il y a une tentative d’influencer ou changer nos perceptions, nos croyances, nos sentiments et nos comportements, cela devrait sonner une alarme. Si une personne essaie de nous convaincre de nos propres sentiments ou du bien fondé des siens, il y a anguille sous roche.

Le tout arrosé de flatterie excessive, d’avalanche de compliments. De trop de temps passer ensemble dès le départ. Un besoin obsessif de passer le moindre moment ensemble. Trop de cadeaux. Communications multiples dans une seule et même journée. Prendre tellement de place, qu’il devient difficile de faire de la place aux autre dans votre vie. Applique systématiquement la technique du miroir; tout ce qui vous plaît, leur plaît de facto. Un intérêt démesuré pour votre passé, votre vie et vos intérêts. Vouloir être impliqué dans chaque sphère de votre vie et, manifester le désir de franchir les prochaines étapes très rapidement. Te le fait de forcer le statut d’une relation à être officielle et connue de tous, par exemple.

L’utilisation d’un langage romantique et intense. Les toujours et les jamais, âmes sœurs. Un partenaire trop parfait, qui aime absolument tout ce que nous aimons. Un partenaire investi dans les passions, le passé et la vie de sa proie, de manière totalitaire. L’individu narcissique se retrouve partout, tout à coup. Inévitable ou si difficile à éviter. Bref, en somme, beaucoup de manipulation. Vous êtes un prix, une proie et l’objet de convoitise et toutes les bassesses sont acceptables pour vous atteindre.

Vulnérable, fragilisé ou naïf, on peut se faire avoir. Cependant, lorsque l’étau se resserre, certaines facettes deviennent évidentes et révèlent le vrai visage de l’individu. Éventuellement si nous leur résistons, ils manifestent du mécontentement et utilise l’arsenal qu’ils ont cultivé autour de nous avec des matériaux que nous leur avons fournis, de bonne foi. S’invitent alors différentes formes de violences et d’abus possibles. Ces narcissiques sont autant des hommes, que des femmes. Ils arrivent dans nos vies sous les traits de la personne idéale.

Assez drôlement, mon Mari et moi, nous nous analysons toujours, nous posons sur nous et les autres, un regard assez critique et sincère. Franc. Nous pourrions en surface avoir des apparences communes avec ces individus, sauf que... J’ai connu ce type de personne,  un en particulier. Et lui, a connu son lot de femmes de cet acabit. Dont une en particulier. Nous avons à quoi cela ressemble, en long et en large. Mais surtout, nous sommes tellement plus que des apparences. Et nous sommes loin d’être narcissique. Nous sommes faits l’un pour l’autre et nous incarnons l’idéal l’un de l’autre, par des actions concrètes et désintéressées, au quotidien. Dans nos vies affectives nous avons souffert beaucoup tout les deux avant de se rencontrer enfin.

Loin d’aller vite, entre nous, les choses ont mis des années avant de se concrétiser. Love at first sight, mais des années avant le moindre signe. Nous sommes deux belles âmes étant parfaitement faites l’une pour l’autre. Cependant nous en avons abondamment discuté. Cette manière de prendre en chasse quelqu’un d’autre, donne froid dans le dos. C’est purement et simplement de la manipulation et cela mène invariablement à des abus, de la violence. Il faut garder les yeux ouverts pour soi, et pour les autres. Les narcissiques usant de leur charme pervers sont partout, et très habiles.

Tuesday, May 3, 2022

Torts rétroactifs

 


Lorsque l’on aime comme nous nous aimons, il n’y a pas de place pour la ‘’bullshit’’. Ni en soi, ni en l’autre et certainement pas entre nous deux. Plus le temps avance, plus j’ouvre grand les yeux. La grande majorité du temps, pour être émerveillée, mais aussi parfois, pour comprendre mieux. Saisir mieux certaines choses, souvent passées. Dernièrement j’ai compris plusieurs choses qui m’ont laissée sans voix. J’avais plus de cordes à mon arc pour comprendre ce qui s’est passé lorsque nous nous sommes enfin croisés. Lorsque nos regards se sont croisés. Je verbalise une part presque passive de ma part dans cette tranche de notre histoire qui s’étale sur quelques années. Il nageait dans la confusion, comme moi, mais j’étais mieux outillée. Je t’ai regardé me chercher parmi les zombies et les vipères. Je te voyais, mais je me taisais. Si fort, que même mon image de toi, j’essayais désespérément de l'entacher. Je savais, ce que nous étions, mais je ne voulais pas le croire. Je voulais refouler la vérité. Je refusais l’évidence. J’étais apeurée et incrédule, devant la vérité, et la force de que ce qui nous unissait malgré nous. Comme ce que l’on voit dans les films, comme ce que l’on lit dans les romans, et comme dans la plupart des rêves er espérances de la moitié de cette planète. Honnêtement, ce que j’avais voulu éviter toute ma vie. LE grand amour par-delà les âges et les incarnations, plus grand que soi. Cette impression commune de rentrer chez soi, au premier contact avec un inconnu. Ce lien, cette attirance, cette magie, cette alchimie, ce magnétisme. Ce rendez-vous du destin que je n’avais pas sollicité. Cette collision de nos deux vies, à un moment si incongrus. Une erreur des étoiles, des fileuses du destin, un mauvais tour. Un truc improbable, une erreur de la nature. J’ai repoussé avec efficacité de toutes mes forces ce qui a explosé entre nous, dès les premières secondes, comme dans les plus beaux romans d’amour. J’avais décidé seule, d’avorter cet impossible Amour. Quitte a t’aimer en silence, à me lever chaque matin en gainant mes sentiments dans une armure factice mais si crédible. Pour le monde entier, mais surtout, pour toi. Mon armada de mensonges pour te tenir loin, pour me protéger. Car pour ce que j’en savais de la vie jusqu’ici, la liberté se trouvait dans la solitude et, aimer, ne pouvait que briser. Outre, l’amour maternel. L’amour, ça se terminait toujours mal, et ça ne pouvait que faire mal.

Je n’ai pu éviter de devenir ton amie. J’avais trop besoin de ta présence, de tes yeux et de… toi. J’avais été présomptueuse de croire que ce serait si facile. J’ai compris que je souffrirais toujours en silence, car je t’aimais et jamais je ne te ferais part de mes sentiments. J’ai enfilé ma robe d’amie, mais j’ai maintenu mes barrières érigées. Brandissant mon mariage faussement fabuleux avec une force inouïe entre toi et moi, te blessant parfois au passage, sans le savoir crois-moi. Je n’ai jamais voulu te blesser. Je ne comprenais pas toute la beauté de ce cadeau, que je rejetais sans cesse. Que je n’en finissais plus de lancer au bout de mes bras. Quoi que je fasse, tu te rapprochais de moi. Je frappais plus fort en ramenant mon mariage heureux, et ça fonctionnait. Même si au fil du temps, confus, tu vivais quand même tes propres doutes et révélations.

Je nous ai tenus loin l’un de l’autre. Je ne voulais pas de cet amour là. J’ai mis tellement de choses en œuvre pour nous empêcher de vivre autre chose qu’une amitié. Essayer de te mettre dans des petites boîtes; womanizer, trop jeune, adulescent, collègue, ami, employé… name it. Rien ne fonctionnait… je te voyais bien trop clairement, depuis le jour un. Et puis, je me sentais malhonnête, coupable, dès que tes yeux confiants et candides croisaient les miens.

L’amour pour moi, ça finissait toujours mal. Je ne voulais pas me soumettre à cela, je voulais t’éviter ça. L’amour, comme dans les films et les romans, dans la vie ce n’était que tourments et larmes. Non merci. J’ai creusé entre nous, une distance, sans relâche, chaque jour. Presque avec acharnement. Te laissant dans l’ombre, errer et douter, et ressentir. Trompant ta vérité, étouffant notre possibilité. En essayant de mettre cela sur ton dos, que tu avais large. Au sens propre, comme au figuré. Trop beau, trop jeune. Polyamoureux, adepte du couple ouvert, de pratiques qui ne rimaient pas avec mes valeurs. Tu pouvais être mon ami, mais pas plus. Butineur, charmant et curieux qui se perdait dans les corps et les draps trop nombreux. Au fond? Cela ne me choquait guère, et je savais que ces apparences, que j’amplifiais d’ailleurs à mes propres yeux, ne te définissaient pas. Car malheureusement je voyais clair en toi. Je ne voyais pas toute l’étendue de ton mal-être, mais je voyais tes ténèbres et tes abysses tourmentés as soon as day one. Je devinais que c'était une route empruntée pour trouver quelque chose, mais sur laquelle, de plus en plus, tu te perdais. T'éteignais. Tu étais si malheureux. Je me saoulais de mensonges, pour me persuader que c’était encore moins possible. Honnêtement, parce que je te voyais si clairement, ça fonctionnait à peine.

Ce serait facile de mettre sur ton vaste dos, le temps perdu entre nous deux (qui heureusement, constitue malgré tout, la jolie trame des débuts de notre belle histoire) depuis le premier regard. Alors que, si tu avais su, tu aurais pris certaines décisions et tu aurais agi bien plus rapidement que moi. Ce n’est pas toi qui as ralenti le processus. C’est moi. Toi, tu cherchais et tu avais trouvé. J’ai brouillé tes pistes, je t’ai gardé dans l’ombre, je t’ai éloigné de la vérité. J’ignorais que durant ce temps, tu serais si malheureux, que tu vivrais tellement de blessures et de plaies. J’ai posé un bandeau sur tes yeux, j’ai trompé tes sens qui te guidaient sur le ‘’bon’’ chemin et je t’ai laissé errer et vagabonder, confus. Je n’en avais pas conscience bien sur, et ce qui est fait, est fait.

Cette prise de conscience ne fait pas de moi un monstre, ne change rien à notre histoire, si non que d’en comprendre encore mieux nos débuts. Me comprendre moi-même. Je peux peindre un portrait plus juste de notre histoire, en y prenant le rôle que j’y ai vraiment jouer. Cela change quelque chose pour moi. Je me vois de manière plus réaliste et plus juste. Cela équilibre les choses, de prendre ce qui me revient.

Lorsque l’on s’aime comme nous nous aimons, il n’y a pas de place pour la bullshit. En effet. J’ai compris tellement de choses. C’est troublant, mais apaisant. Prendre responsabilité, reconnaître le poids que j’ai eu sur nos débuts. Une humaine aux blessures vives, habituée d’être raisonnable. Voilà celle que j’étais avant toi. Voilà pourquoi j’ai lutté de toutes mes forces contre, nous. Oui ma famille, mes fils surtout. Mon précieux équilibre malheureux et inconfortable, que tu es venu fracasser et faire vaciller en surgissant subitement, simplement dans mon quotidien.

Je bénis ta ténacité, ton intuition qui bien que bernée car je brouillais tes signaux, fut plus forte. Je bénis ton courage, et une perte incommensurable, qui a brisé mon cœur. Me forçant à voir les choses autrement. La vie, ma notion du temps. Je bénis mon voyage en Irlande qui m’a ouvert les yeux de tant de manières. Tu n’es pas celui qui nous a mis des bâtons dans les roues, malgré les trompeuses apparences. Je suis celle qui nous a mis des bâtons dans les roues, jusqu’à ce que tu ne me laisses plus le choix. Jusqu’à ce que je comprenne, malgré mes genoux tremblants et mon cœur affolé. Je t’ai choisi au-delà de toutes mes peurs, mes doutes et mes blessures. Et j’ai assumé ce choix, dès lors que j’ai posées mes lèvres sur les tiennes. Je ne regrette absolument rien.

Lorsque nous nous aimons, comme nous nous aimons, c’est inéluctable, et résister, ne peu causer que des tourments plus destructeurs, que ceux que nous pourrions affronter ensemble. J’ai bien compris la leçon. Je ne suis pas l’épouse parfaite et vertueuse, qui s’est simplement retenue de ne pas sauter la clôture. Je n’ai pas été victime des événements, j’ai maîtrisé un peu trop bien la situation que je voyais naître entre nous avec de plus en plus d’acuité. Je n’ai pas été passive. J’ai activement mis des bâtons dans nos roues. Je n’étais pas prête, j’avais peur. Terriblement peur. J’avais cessé d’y croire.

Mais nous voilà. Et je suis heureuse d’avoir eu tort, je suis heureuse que tu aies été tenace, vif d’esprit et perspicace, malgré mes nombreux écrans de fumée. Je suis heureuse que tu aies briser mes barrières. Avec ton respect et ta délicatesse, mais aussi courage et détermination.

Je comprends, que nous ne pouvions pas passer à côté l’un de l’autre, et que tu as compris bien des choses, avant moi. Tu les as mieux comprises. Tu les as portées dans le concret. Tu as ouvert mon cœur. Je t’aime depuis le premier jour. Voilà. Aussi fou que cela puisse paraître. C’est dit. Sans être édulcorer. J’imagine qu’il faut le vivre pour comprendre. Même moi, il m’arrive encore, d’être émerveillée, prise de vertige et, de devoir me poser deux secondes, pour embrasser des yeux et de mon cœur grand ouvert, tout ce que nous sommes. Nous sommes réels, nous existons, nous sommes vrais, honnêtes et sincères. Et nous sommes tellement plus que dans mes rêves de petite fille, que dans mes espoirs secrets d’ado, que dans les livres et les films.

 

Wednesday, March 30, 2022

Dream team

Une vraie équipe. Si tu ne vas pas bien, je suis là. Je porterais le monde sur mon dos et mes épaules pour toi. Je bougerais des montagnes pour toi, sans hésiter et, tu le sais. Ce qui m’étonne encore, c’est que toi aussi, tu ferais tout cela et plus, pour moi sans ciller. Depuis que notre amitié à enfin révéler son vrai visage Amoureux, c’est pas mal ce que tu fais au quotidien. Je ne suis sincèrement pas habituée à cette dynamique. Avant toi, il n’y a eu qu’un homme, un seul. Notre union n’étais pas très égalitaire, heureuse, ni épanouissante. Ni pour l’un, ni pour l’autre. Nous nous sommes empressés de sauter dans un mariage, puis dans une famille. Je sais très bien que si enfants il n’y avait pas eus, j’aurais demandé le dovorce et je serais partie. Mais les choses ne se sont pas passées ainsi. Nous avon eu deux merveilleux garçons. L’unique réussite de ce mariage sans amour. De mo côté. Car je ne doute pas que même s’il m’aimait très mal, mon ex-mari m’a aimée. Peut-être que je nous ai condamnés tout les deux à la chronique d’une mort annoncée. Ici sous la forme d’un divorce. Au bout de vingt-quatre ans. Il m’a très mal aimée, ça ne fait aucun doute. Comme il ne fait aucun doute, que la paternité lui a éclaté au visage comme une responsabilité qu’il avait sousestimée. Grandement. Moi, j’étais prête. Plus que prête. J’ai été et je suis encore, maman dans l’âme, sans prétention. J’ai été une maman heureuse, enthousiaste et naturelle. Lui, c’était différent pour un tas de raisons. Il a sauté dans l’aventure, avec de nombreux désavantages à commencer par un lourd bagage familial qui lui appartient. J’ai essayé d’être une bonne épouse, mais ma priorité aura toujours été mes fils. Pour lui, notre mariage passait avant les enfants. J’étais le centre de son univers et tout le reste venait ensuite. Pour moi, mes fils étaient le centre de tout. Nous avions prévu être une famille avec maman à la maison et papa au boulot. Hors, il a changé d’idées. De nombreuses fois. J’étais plus jeune, très jeune, mais il n’était pas très vieux lui non plus. Il a changé d’idée, a eu envie de devenir avocat, médecin, réflexologue et autres. Nous étions soudain dans son chemin, un poids et tout à coup je devrais quitter les nids et mes poussins. Pour moi c’était un non. J’ai négocié. J’ai trouvé des solutions. Notre mariage avait outre cette situation, moult raisons de ne pas fonctionner. Le père de mes enfants ayant plusieurs problématiques, d’odre intime pour plusieurs. Mon mariage est devenu le royaume du négoce et de la survie, bien loin d’un partenariat complice.

Je suis habituée d’être un poids. Et c’est peu dire. Nous deux mon Amour? Ça défi tout ce que je connais. Nous formons une vraie équipe. Tu ne me demande rien. Strictement rien. Tu veux que je me trouve, que je vive, que je t’aime, que je guérisse et que je ris. Tu m’offres un abri sur, zéro pression et la considération de celle que je suis, de ce que je donne et surtout ce que je peux donner. Tu me prends, entièrement, et tu ne me voudrais pas autrement. C’est si fort et si beau, que ça fait peur et ça fait mal. Plusieurs fois par jour, surtout en ce moment, je me pince pour m’assurer que tu es vrai, que tu existes. Et surtout, je me tape dessus. Beaucoup. J’ai un solide boulot à faire pour défaire deux décennies et des poussières, de l’unique dynamique vécue avant nous.

Nous formons une vraie équipe. Celle que j’ai toujours espérée. Celle que je croyais une utopie et un rêve de jeune fille stupide. Celle que nous formons, couronnée d’un amour incroyablement grand. Tu me respectes et me consultes pour toutes tes décisons. J’avoue que moi, je tends encore parfois à mener mes affaires seule, et que je tarde parfois à venir te consulter. Je m’améliore cependant. Beaucoup, je crois. Toutes mes résistances fondent auprès de toi. Tu as fracassé mes murs, et toutes mes barrières. Ne restent que quelques vieilles habitudes qui ont la couenne dure. Tu es dévoué. Je le suis aussi. Je t’aime plus que tout, et, je suis très émue de constater l’équipe que nous formons. 


 

Tuesday, March 29, 2022

Sans laisser de traces

Tout à coup, lorsque nous nous sommes embrassés, pour toi, il y a eu un trait tiré sur ta vie avant. Avant moi. Avant nous. Sur ta vie, que tu continuais de mener en automate, jusqu’à la quasi dernière minute, ne croyant pas que je quitterais le père de mes enfants. Que je ferais éclater mon mariage que tu croyais encore heureux (oui, j’étais persuasive à ce point) et cette famille qui elle, était toute ma vie. En contemplant les choses sous cet angle, no wonder que tu aies continuer, même si le cœur n’y était pas (nous nous parlions ouvertement) avec ta fréquentation de l’époque. Tu n’étais pas en couple, tu avais une amie avec bénéfices si on peut dire. Tu entretenais aussi un tas de liens pas très sains, des portes mal fermées. Lorsque tu traversais des creux, tu avais tendance à retourner en arrière pour rechercher des rushs, pour te sentir vivant ou te blesser. Les portes mal fermées avec des exs, des aventures et des expériences, il y en avait beaucoup. Ton ex parmi celles-là.

Tout à coup, toute cette foule de demoiselles et dames éprises à divers degrés, se sont retrouvées sans prise sur toi. Parfois tu as laissé du temps passer, rarement as-tu fermer les nombreuses portes. Heureusement, tu l’as fait dernièrement et c’est une bonne chose. Toujours une bonne chose de boucler les boucles et fermer les portes. Mais à l’époque, tu n’avais plus aucun désir d’entendre parler de ta vie avant nous. Tu prendrais des mois à te dégager de certaines communications, soucieux dans quelques cas, de ne pas blesser. Par habitude un peu aussi. Tu avais l’habitude de son bassin de vestiges de relations toxiques diverses. Tu le savais, mais tu fermais les yeux? Pas aussi simple. Tu marchais ta vie comme un automate, le cœur gelé mais malheureux en même temps. À défaut de ressentir l’amour tant recherché, tu te shootait avec des expériences diverses, des femmes de plus en plus tordues. Tu avais un réel réseau de possibilités pour revenir en arrière, les jours de disette émotionnelle. Lorsque tu n’en pouvais plus de la présence de ton cœur que tu croyais froid, que cela pesait sur toi et que tu voulais tromper ta solitude si grande en allant vers des situations faciles, une danse que tu connaissais et des portes que consciemment ou non, tu savais encore ouvertes.

C’est tout un cimetière impressionnant et très varié d’âme en peine que tu as créée lorsque nous nous sommes embrassés. Instantanément, toutes ces personnes se sont retrouvées aux oubliettes. Tu ne l’as pas signifié à toutes ces personnes, mais toi, tu étais ailleurs. D’une loyauté et d’une fidélité indéfectible. Tu as aussi été avalé par les circonstances et événements entraînés par ma séparation explosive avec mon ex. Ce ne furent pas des mois faciles, ni pour lui, ni pour nous. Nous avons été happés par des situations personnelles et professionnelles. Notre Amour grandissait à vue d’œil et nous consumait positivement, nous faisant renaître tout les deux. Entre notre Amour, les circonstances au boulot (nous travaillions ensemble) et dans ma vie privée, dont tu étais partie intégrante désormais, tu n’avais plus le temps pour ces histoires du passé. Ne serait-ce que pour les régler. C’est passé au second plan.

Pas étonnant le décalage, les portes mal fermée, le cimetière aux nombreuses âmes en peine que tu as enterrées vivantes, sans un regard en arrière. Pas étonnant, tu as quitté toutes ces personnes, sans un mot, sans laisser de traces. Tout à coup, tu n’étais plus disponible pour un flirt, un café menant à une nuit, ou quelques conversations coquines faisant revivre un passé. Tu ignorais les messages pour la plupart. Tu as été transparent, je savais très bien à quoi m’en tenir et, je t’avais donné mon opinion au sujet des portes mal fermées. Des situations laissées en suspend. Des attentes créées alors que toi tu avais tourné le dos définitivement à tout cela, d’un coup.

Tu étais disponible, beau et gentil. Nombreuses sont les personnes qui continuaient d’espérer, de rôder. Je n’étais pas surprise, je t’en avais parler bien franchement. Tu étais embarrassé et écoeuré. Partir sans laisser de traces, après avoir volontairement ou non, nourri des liens… toi, tu as continué ta route. Sans te retourner, mais ces personnes sont demeurées accrocher à des degrés divers. Habituées à une dynamique, un des cycles. Tu es parti sans laisser de traces, mener ta vie. Pour toi, c’était l’équivalent de couper les ponts. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Tu n'as pas laissé de traces, au sens ou, tu t’es évanoui dans la nature. Tu as laissé derrière toi, celui que tu étais avant nous. Un être malheureux et tourmenté, qui cherchait l’ivresse et à se sentir vivant, dans un amas de corps et d’êtres. Prenant, et surtout, donnant. Donnant plus, pour compenser pour ce que ton cœur ne pouvait ressentir, retourner, ni offrir. Pour toi, l’avant et l’après étaient très clairs. Les âmes en peine, laissées dans l’ombre. Tu n’as pas laissé de traces, personne ne savait cette cassure entre ton avant et ton après depuis nous. Personne ne savait ce que tu étais devenu, ou tu étais rendu. Tu n’avais aucun désir de laisser de traces non plus.

Ce qui n’est pas réglé remonte toujours à la surface et tu as dû couper des liens, brûler des ponts et remettre des pendules à l’heure. Tu en as profité pour faire le tour du cimetière des cœurs brisés, et t’assurer que cette fois, toutes les portes étaient bel et bien fermées. Partir sans laisser de traces, c’est tentant. Surtout lorsque tu veux mettre tout derrière toi, sans rappel. Malheureusement c’est rarement une bonne idée. Nous sommes à toute épreuve bien sincèrement, mais c’est une bonne chose d’avoir fait le grand ménage de manière investie, franche, sincère et courageuse.

Les histoires mortes peuvent trouver repos désormais dans leur cimetière commun. Nous, nous continuons notre route, heureux, unis et en laissant une trace claire. Il y a un avant et un après, c’est désormais clair. Plus clair qu’une photo de mariage comme photo de profile FB. Plus clair pour toutes celles qui me suivaient sur IG et les autres. Personnellement, je suis heureuse pour toi.

Partir sans laisser de traces, c’est fuir. Tu n’es pas un fuyard. Tu as remis les choses en ordre, surtout pour toi. Moi, je le vois comme ça et je suis heureuse. Je sais à quel point, tu es libéré, léger et heureux. Dégagé. Tu as finalement laissé des traces assumées, et tu as fermer les livre et les portes. Le reste leur appartient, toi, tu peux regarder devant, marcher la tête haute et le cœur en paix. 


 

Thursday, March 3, 2022

Doutes


 Parfois on doute, parfois c’est si beau que l’on doute et on a envie de reculer. Dans les premières semaines de notre amour enfin éclos, nous avons chacun à notre façon vécue de tels doutes. Aucun doute sur nous deux. Tu étais prêt à demander ma main après notre premier baiser! Ta quête dis-tu, étais terminée. Tu dis avoir su que j’étais la seule. Qu’il n’y aurait plus personne. Idem. Je suis rentrée immédiatement à la maison. J’en ai été si secouée que j’en ai pleuré sous la douche chez-moi ce soir-là. Tout à été vite. Très vite. Nous n’étions pas une aventure, je ne suis pas une femme déloyale et, je voulais en finir au plus vite. Mettre au courant mon ex-mari. Je ne voulais pas lui mentir et, tu n’étais pas une passade et tu ne serais certes pas une affaire extraconjugale. Les choses ne se sont pas passées comme je l’avais cru ou ni même espérer.

Pour commencer je n’avais pas prévu le feu que tu ferais naître en moi. En fait, un feu qui nous dévorerait tout les deux. Cette confiance, cette familiarité, cette sécurité et ce désir électrique et brûlant. J’avais prédit – à tort- que je mettrais des mois à me donner à toi. Samedi le 20 juillet 2019 je faisais le choix de ne pas rentrer chez moi. Nous ne pouvions pas nous quitter. Nous avons passée notre première nuit ensemble. Ma vie a basculé, et sans même rien savoir de cette nuit et de nous, mon ex qui était très colérique et contrôlant, me mettait dehors. Pour me donner une leçon très paternaliste, sous le coup de la colère. Devant notre fils cadet. En me disant que je n’écoutais pas et que je ne faisais pas ce qu’il disait. J’ai plaidé l’idée de dormir sur le divan, de discuter plus calmement. Lui disant que nous avions des choses à se dire, à discuter. Il m’a mise dehors sans rien savoir. Sous le prétexte que j’avais dormi ailleurs, que j’avais ignoré ses nombreux textos agressifs et harcelants. Chose malheureusement familière dans notre mariage dysfonctionnel. Je n’ose pas croire avec le recul, s’il avait su la vérité. Finalement, la vie fait bien les choses.

Je t’ai appelé. Tu as prise la situation en main. Tu m’as offert ton toit immédiatement, et tu as appelé notre amie en renfort. Nous n’avions à l’époque pas de voiture. Mais surtout, vous seriez tout les deux, les personnes les plus importantes dans ces semaines étranges. Présentes chaque jour, chaque soir. Je vous en serai éternellement reconnaissante. Nous formions un drôle de trio. Parfois un quatuor avec Renoir. Étrangement, parfois, cette époque me manque. Bref! Notre histoire a débuté sur des chapeaux de roues, c’est peu de le dire!

Parce que je réfléchis toujours, j’analyse toujours, j’essaie toujours d’anticiper, et surtout de ne pas déranger, je t’observais. Même lors des moments les plus difficiles (et il y en a eu beaucoup) de ces semaines particulières, je gardais un œil sur toi. Tu étais plus jeune que moi, je venais bouleverser ta vie non seulement avec notre amour, mais deux enfants et une séparation difficile avec un ex imprévisible et instable. Je savais que c’était beaucoup.

Au cœur de tout cela, notre relation naissait et évoluait. Il y a eu des moments, je dois l’admettre... mon cœur s’est demandé si ce n’était pas trop beau. Une part de moi, prenait cela un peu au jour le jour. De ton côté c’était très bousculant aussi. Combien de fois j’ai pris la poudre d’escampette sous le coup de trop d’émotions? Comme je l’avais vu faire ma mère dans mon enfance, si souvent. Que je le veuille ou non, je reproduisais même si à quelques raisons et différences près. À ta manière tu as aussi pris la poudre d’escampette un soir d’août. Nous avons eu peur, nous avons souffert, nous devions avoir cette discussion. Au fond, c’était à prévoir.

Tu as eu de sérieux doutes. Pas à propos de nous. C’est ce qui était le plus effrayant pour toi. Je constituais ton idéal, j’étais désormais vraiment avec toi. À tes yeux, j’avais viré mon monde à l’envers pour nous, pour toi. En valais-tu vraiment la peine? Est-ce que je me sauverais en voyant encore plus clairement ce que je voyais depuis le début en toi? Étais-tu assez bon pour moi? À l’époque qui plus est, tu avais certaines raisons de voir un filtre sur ta vie à cause d’une condition de santé désormais obsolète. Tu t’es demandé sincèrement si je ne serais pas mieux sans toi. Pas par désamour, loin de là. Tout au contraire. Pour la première fois de ta vie, te ne nourrissais aucune forme d’indifférence et tu ouvrais et offrais ton cœur. Nous avons eu le vertige tout les deux à des moments divers. Toi ce fut un moment, celui-là. Moi ce serait une kyrielle de petits moments.

Quand tu rencontres le grand Amour. Le fameux grand Amour. Tu crois que c’est facile; ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais non! Et ce n’est pas nous. Il n’y aura pas d’autres enfants, mais ça, c’est pour un autre billet. L’Amour avec un grand A ça décoiffe en titi! Ça bouscule tout sur son passage, incluant toutes les certitudes des deux principaux protagonistes. J’ai pour ma part, virée ma vie à l’envers, et dans cette vie, je n’étais pas seule. Toi aussi tu as virée ta vie à l’envers, et même si en apparences tu avais moins à perdre, tout à gagner, ça a remué des choses. Nous avions tout les deux un certain bagage et cet amour, on l’avait cherché (toi) et attendu (moi) mais on y croyait plus.

Normal d’avoir eu peur. Pas de nous, pas de s’engager. De soi. D’être trop. De n’être pas assez. C’est si fort et si beau! Si authentique, naturel, presque trop beau et trop facile. Aujourd’hui nous sommes mariés, et heureux et encore plus amoureux. Conscients de notre immense chance. Lui est entré de plein fouet dans notre dynamique, moi j’ai mis un peu plus de temps. Ça m’arrive encore de sortir de mon corps, et de me pincer. Parce que nous sommes si bien assortis. Car entre nous, ça coule de source sans rien forcer. Mais aucune envie de prendre la fuite. Je le regarde et mon cœur fond; je sais que je suis à ma place, à ses côtés. Ça ne sert plus rien de courir. Ni de fuir.


Wednesday, March 2, 2022

Égaux

Dans mes rêves de petite fille, puis de jeune fille, mon premier amant était toujours plus âgé que moi. Symbole de succès, d’homme d’expérience et de sécurité et de confiance. Pas beaucoup de chose à avoir avec une idée de petite fleur fragile entre les mains d’un homme d’expérience. Plutôt à avoir avec moi, une victime de viol, qui espérait un homme qui en avait vu d’autres. Qui avait du vécu, de la sagesse et un calme, une douceur. Drôle de conception d’une jeune fille abîmée, qui n’avait aucune idée de ce que pouvait être le sexe et encore moins une première fois. Ma première fois ne ressemblerait en rien du tout à mes rêves et ma vie sexuelle mettrait un très grand nombre d’années avant de devenir épanouissante et enivrante. Avant, ce fut une somme d’expériences et de devoir conjugal.

L’homme de ma vie n’était pas encore arrivé. Il est arrivé à l’aube de mes trente-sept ans, et nous nous sommes enfin aimés, lorsque j’avais quarante ans. Enfin, nous nous abandonnions aux sentiments jaillis au premier regard. Il n’était pas plus vieux que moi, mais bien de dix ans plus jeune que moi. Neuf ans et des poussières si on tient à l’exactitude. Il avait un parcours affectif et sexuel vaste et impressionnant. J’ai cru que je serais entre les mains d’un amant expérimenté, un Casanova en possession de ses moyens, un DonJuan expérimenté et virtuose de la geste de l’amour. Oui, c’est un amant merveilleux. Oui il a beaucoup de vécu. Malheureusement il n’y a jamais investi son cœur, malheureusement il n’y était pas heureux. Pour lui aussi, notre première fois, fut une première fois. Il n’avait jamais aimé, jamais vécue une telle intimité, jamais mis son cœur sur la ligne comme ça. Il n’était pas gauche, mais nerveux et fébrile, comme moi .Ce serait mentir que de dire que dans notre vie sexuelle, il ne m’a pas fait découvrir énormément de choses. Certaines que j’ignorais pouvoir aimer, d’autres, j’avais été silencieusement curieusement depuis si longtemps. Nous avons aussi découvert beaucoup de choses ensemble. Pourtant, dans nos rapports, nous sommes deux amants nus, égaux et sincères. No bagages respectifs restent au vestiaire. Ils n’existent plus dans l’espace sacré de notre intimité. Nous nous apportons tout les deux quelque chose d’unique, jamais vécue. Ensemble, nous créons un endroit sécuritaire ou la confiance est absolue et, la complicité, incroyable. Nous formons uns souvent, et de plus d’une seule manière. Nous vibrons à coup sûr à l’unissons.

Avec nos vécus respectifs lourds, chacun à leur manière, nous avons vécues beaucoup de chose au niveau de l’intimité. Nous sommes deux personnes profondes. Nos cerveaux n’arrêtent jamais. Nous analysons, nous nous posons des questions. Nous évoluons à vitesse grand V au contact l’un de l’autre, au sein de notre couple fusionnel et sain. Alchimie, absolu et inconditionnel ne nous font pas peur. Nous les assumons pleinement. Plaisir et sexualité pour moi, ce sont deux choses. Le réel plaisir sexuel avant mon mari, se bornait à ma main et un vibrateur. Je parle d’un plaisir total, absolu, vécu dans une intimité ou il est possible de s’abandonner. Pour moi c’était devoir conjugal, un mal nécessaire duquel je me sentais coupable d’obtenir des orgasmes du reste timides et constipés, ou si non il y avait un but; faire des enfants, acheter la paix etc. Je croyais à tort (comme j’allais le découvrir) que mon mari au passé sexuel impressionnant (surtout pour moi qui n’avait eu qu’un seul amant haha) était épanoui et serait mon... enseignant? Pas tout à fait ça, mais quelque chose du genre. Coup de théâtre ! Je l’intimidais (chose qui ne lui était jamais arrivée, lui habituellement sûr de lui, le plus souvent) et nous étions comme deux enfants qui n’ont pas vécus grand-chose avant de se retrouver nus l’un devant l’autre.

J’ai deux enfants... j’ai définitivement un passé sexuel, n’est-ce pas? Il a vécu plusieurs aventures, relations et expérimentations. Nous arrivions chacun avec nos bagages, mais j’avais surestimé le sien. Malgré sa vie avant moi, il vit plusieurs premières fois avec moi. Au départ je croyais qu’il blaguait, qu’il avait peur de me blesser, de me faire peur ou qu’il était embarrassé. J’ai découvert un humain profondément blessé par sa propre vie pas très heureuse même si riche d’expériences et de rencontres. Il s’est blessé et a été blessé aussi. Je me suis beaucoup épanouie à ses côtés et pas seulement sexuellement. Lui aussi s’est enfin épanoui dans toutes les sphères de sa vie.

Je n’ai pas eu un amant plus âgé au palmarès assumé pour me prendre la main et me guider lors de notre première nuit. J’ai eu un homme plus jeune que moi, en qui j’avais une confiance totale, qui était aussi vulnérable que moi. Nous étions égaux. Nous allions à la rencontre de l’autre, sans filets ni masques, pour la toute première fois de nos vies. Aucun de nous deux n’a fait semblant et cela ne nous était jamais arrivé avant, ni à lui, ni à moi. Notre première nuit ensemble fut d’une immense tendresse brodée de passion. Nous étions fébriles et vulnérables, il a veillé sur moi tout au long de cette intimité que nous goûtions pour la première fois. Ensemble. J’aime l’homme qui me fait l’amour depuis cette nuit magique. Un homme vulnérable, défiant les apparences, qui sait me faire jouir (bien mieux que mes doigts et feu mon vibrateur) mais qui surtout, me fait grandir. Fait fondre mon cœur plusieurs fois par jour et, m’offre son cœur inconditionnellement. 


 

Monday, February 28, 2022

En voyage


Mai 2019 je m’envolais pour l’Irlande. Un voyage que je m’étais promis, tout de suite après la mort de Réal. Je n’attendrais plus avant de vivre et de réaliser mes rêves. Promesse tenue. Je partais avec mon partenaire de l’époque, le père de mes merveilleux fils. Malheureusement pas le meilleur partenaire de voyage et certainement pas le meilleur partenaire en quoi que ce soit pour moi. Mai 2019, nous étions déjà très très proches. Tu n’avais pas encore mis tes tripes et ton cœur sur la table, mais nous étions très conscients de cette alchimie entre nous. Nous en parlions ouvertement, à mots à peine couverts.

Tu ne le sais pas, mais je suis partie le cœur à la fois excitée et lourd, pour ce voyage. Nous nous rapprochions beaucoup, malgré mon mari et ta fréquantation passagère du moment. Tu allais me manquer, et j’avais peur. Peur que tu décides d’investir avec ta fréquantation du moment, tellement déterminé à vivre, trouver et éprouver. Je craignais même que pire encore, tu retournes avec ton ex, même si tu avais été malheureux, pas du tout amoureux et que tu étais libre et heureux. Tu étais déterminé à être véritablement en couple, seulement si c’était LA bonne. Tu ne voulais plus t’embarquer pour moins que cela. C’était vrai, mais je te savais vulnérable, malheureux et, surtout… j’étais à tes yeux, mariée et heureuse. Inaccessible. Je ne laissais pas rien filtrer le mon malheur conjugal, et si peu de mes sentiments en regard de la vérité.

Je suis partie en Irlande, le cœur un peu lourd et crois-le ou non, avec la hâte au cœur de te retrouver. Tu ne sais même pas, que j’ai pensé à t’écrire souvent durant mon voyage. Je n’ai pas osé. Tu m’as manqué! J’ai vécu des moments forts en Irlande, et j’aurais voulu te le partager, t’écrire et t’en parler. Je n’ai pas osé. Tu as été avec moi, tout au long de mon voyage. Je ne crois pas que je te l’ai dit ainsi. Je vivais spirituellement tellement de choses, et tu étais la personne avec qui j’aurais aimé en discuter et partager. J’ai pensé à toi à de nombreuses reprises, en des endroits particuliers en Irlande.

J’ai cherché un cadeau pour toi aussi, mais ne trouvant rien, j’ai préféré ne rien acheter. Je voulais quelque chose qui avait une véritable signification et non pas un simple souvenir touristique. Je ne t’ai donc rien rapporté dans mes bagages, mais, je te ramenais mon cœur presque mûr pour tomber entre tes mains. Pas encore prêt, mais presque. Car au retour de ce voyage, non seulement j’avais beaucoup pensé à toi, mais j’avais aussi beaucoup réfléchi. J’ai vécu beaucoup de moments forts très personnels et spirituels en Irlande. Dont une prise de conscience foudroyante. J’allais quitter mon mari. Pas pour toi, mais pour moi. Je le savais depuis longtemps. Plusieurs années. Depuis la mort de Réal, c’était une évidence. Après ce voyage les dés étaient jetés. Et puis, il y avait toi. Nous. C’était à suivre.


 

Wednesday, February 23, 2022

Surnoms et autres petits noms

(Si quelqu'un connaît l'artiste à l'origine de cette illustration, merci de me laisser savoir, car il me fera un immense plaisir de le citer! Évidemment!)


Herbes et Étoiles… deux de mes intérêts, bien sûr. Cependant, tout ceci est parti d’un secret que je portais. J’ai un autre compte IG qui date des débuts de ce réseau social. Il est devenu privé pour de bon il y a deux ans et demi. Il y a un peu plus de deux ans et demi, j’ai créé un autre profile IG pour mettre l’emphase sur ma vie spirituelle. Moins sur le personnel, moins fourre-tout. Le titre, il parlait déjà du couple que je forme avec mon merveilleux Mari. Un clin d’œil silencieux pour celui qui me suivait plus assidûment sur mes réseaux sociaux. Se manifestant un tantinet plus, lui d’un naturel discret. Je suis les herbes et lui, les étoiles. À l’époque, j’ignorais que nous formerions (enfin) un couple. C’était une manière de nous unir, que personne ne pouvait deviner. Tout à fait mon type de romantisme cryptique. Dragon et Phoenix. La Belle et la Bête (plusieurs de nos proches nous ont dès nos débuts affublés de ces surnoms… pour plusieurs raisons très évidentes). Plume de Lune et Encre de Saturne. Herbes et Étoiles. Nous nous complétons beaucoup, nous sommes très, très, très quétaines également.

Je me souviens de ce soir, l’un des premiers sous son toit, j’étais fraîchement séparée. J’étais dans tous mes états. Il m’a dit de venir me blottir sous son aile, et que j’y serais toujours en sécurité. C’est l’une des premières choses horriblement cute qu’il m’a dite. Il y en a eu une avalanche généreuse depuis. Incluant de ma part. Je n’étais pas trop fan des surnoms auparavant. Quand ton ex te surnomme son vieux bas, sa chose ou crocodile sacré… je veux dire… ouin. Bon, il y a eu les chérie et petite chouette, mais j’ai toujours ressenti un malaise. Comme si les surnoms reflétaient le fait que je n’étais pas vue. Ce qui était sans doute un peu ma faute car je me suis rendu compte à quel point je m’étais isolée de tous. Y compris mon ex… cependant, j’ai sincèrement essayé de m’ouvrir et j’ai donner tout ce que je pouvais. Mais ceci est une autre histoire.

Les surnoms pour moi c’est une affaire très personnelle et cela peut me révulser autant que me toucher profondément. Mon mari a le don de me voir telle que je suis et trouve des surnoms tendres et émouvants. Mon papa m’appelle sa Grande et sa Grosse depuis que je suis toute petite. Grosse, parce que même petite, je prenais toute la place dans son cœur. Comment ne pas trouver cela adorable? Maintenant, qu’une autre personne que lui s’avise de me surnommer ainsi… ça ne passera pas. Pas du tout. Je n’aime généralement pas me faire raccourcir mon prénom et me faire appelée Caro. Vraiment pas. Surtout par des gens qui ne me connaissent pas. Les exceptions sont une poignée de proches pour lesquels, lorsqu'ils le prononcent, ça sonne comme de la tendresse et ça traduit une vraie familiarité remplie d’amour. Eux, ils peuvent m’appeler Caro sans que cela me hérisse le poil.

Je n’aime pas non plus les sobriquets, mais alors pas du tout. Je n’aime pas que les surnoms servent à se moquer et pire, à déguiser des moqueries. Ça, c’est juste non. Je n’ai pas été affublée de ce type de surnoms souvent, heureusement. Mais je suis profondément incapable de tolérer que d’autres soient blessés par des sobriquets. Ça m’indigne, me fâche et je monte invariablement au front. Peut-être suis-je susceptible dans ces cas-là. M’en fiche, ça ne passe pas en ma présence.

Autant de mots pour dire simplement la raison du titre de ce blog, qui tire son origine de mon second profile IG. Pour glisser aussi au passage, qu’il se peut que ma Bête, la part Étoiles de ce blog, laisse un billet de sa plume. Ou devrais-je dire de son encre de Saturne. Au gré du temps dont il dispose et, de son inspiration. Personnellement, j’ai hâte de le lire, même si je ne conçois aucune attente. Ce sera comme une surprise inattendue. Ainsi est fait celui  que j’aime.

 

Monday, February 21, 2022

Les tares

 


J’ai toujours été un peu étrange. En marge. Enfant, la famille de mon père me trouvait trop repliée sur moi-même. Trop sage, trop silencieuse. Je lisais trop. J’écrivais trop. Je passais trop de temps toute seule. Mon père me défendait mais plus encore, il m’exprimait à quel point il était fier de moi. J’ai rapidement développé un talent. Celui d’apprendre à avoir l’air ''normale''. Cacher mes tares, mes maladresses, mes difficultés. Cela allait se poursuivre jusque dans ma vie d’adulte. Tard dans ma vie d’adulte. Car j’ai longtemps maintenu mes masques qui camouflaient ce que je nommerais mes tares. J’ai encore du mal avec la notion du temps. Mes proches disent que j’ai mon propre fuseau horaire. J’ai encore du mal entre la gauche et la droite, encore du mal à lire l’heure parfois. Lorsque je suis nerveuse je peux dire des choses incohérentes et étranges. Je fonce dans les portes, je trébuche dans des obstacles invisibles. Ce ne sont là que quelques petites choses... Oh! Et je semble TELLEMENT sociable, alors que je suis une timide maladive, une hypersensible qui ressent les autres à un niveau presque douloureux ou indiscret parfois. Je suis sauvage et j’adore être seule. (D’ailleurs, cette empathie extrême, je l’ai ressentie avec mon Mari. Étrangement, à un degré que je n’avais jamais expérimenté avant lui. Avec lui cependant, pour la première fois, la chose était réciproque... mais c’est une autre histoire.)

Une autre chose est cette manière que j’ai de me voir. J’ai été mannequin durant quelques années. Malheureusement cela n’était vraiment pas pour moi. Je me suis toujours sentie comme le vilain petit canard et, une fraude. Syndrome de l’imposteur et c’était vachement grave docteur. Loin de me réconcilier avec mon aspect physique, j’en ai conclu que sans les beaux vêtements, le maquillage, l’éclairage et les retouches photos... j’étais moche. J’étais filiforme, plate comme une planche et quelconque. À mes yeux. Je préférais miser sur autre chose, comme le bénévolat et la lecture et la musique. J’ai aussi développé un très bon sens de l’autodérision et un humour propre à ma maladroite et étourdie personne.

Au fil des années, je me suis toujours considérée seule et bizarre. Sous mes dehors presque parfois si conformes. J’étais en fait une femme folle, étrange, solitaire, moche... dissimulée sous les apparences lisses maîtrisées. Ma passion et mon côté spontané ne plaisait pas trop à l’unique homme à avoir partagé ma vie et mon lit. Une autre raison de se conformer. J’avais compris qu’en supprimant bien des aspects de moi sous mon propre toit, je gagnais en paix. Moins de conflits, moins de disputes. Mon côté imprévisible, émotionnel, je le rangeais. Il ressortait parfois malgré moi, mais je le harnachais et tout rentrait dans l’ordre.

Ajoutons à cela que j’ai souffert d’une terrible dépression, que la maladie mentale est très présente du côté maternel de ma famille. Je portais cet héritage et cet épisode de ma vie comme une honte, jusqu’à ce qu’en parler fasse une différence ici et là. Cela étant, il n’a plus été possible de me faire taire. C’était déjà ça. Autrement, tout au fond de moi, se cachait une femme qui adorait les romans et les films romantiques. Sans pour autant croire que cela m’arriverait. Le temps passait, j’appprochais la quarantaine. Je n’aimais pas l’amour, j’en avais peur. J’avais renoncé à l’amour il y avait très très longtemps. À un âge trop tendre. Et même si cela m’émouvait dans les livres et les films, dans les chansons... pour moi c’était impensable. Impossible. En secret je pensais souvent à la mort. Si je suis tout à fait franche, il me semble que j’ai toujours valsé de très près avec elle. Consciente qu’on ne peut aimer aussi fort la vie, que si on n’a conscience de la mort. J’ai toujours eu cette impression que je ne tournais pas rond. L’impression de ne jamais trouver ma place. Sauf auprès de mes fils.

Sous mes apparences de maman et épouse vivant une situation parfaite... il y avait une femme complexe, endommagée, fissurée et très seule. Parfois, je me surprenais à me dire que j’avais vécu beaucoup plus longtemps que je ne l’aurais cru. Enfant, je m’étais endurcie... mais pas vraiment. Trop fragile pour ce monde, je m’étais enfermée moi-même à double-tour et jetée dans mes abysses internes. La seule manière de passer au travers une vie rock’n’roll. Je fais souvent la blague que je suis la personne la plus simple et plate du monde, mais que ma vie elle, fut rock’n’roll. Je n’ai jamais consommé de drogues, j’ai été très sage, raisonnable. Comme pour mieux m’ancrer dans une vie qui tanguait sans cesse, et menaçait de m’engloutir à chaque moment. Ma vie est une rockstar, moi je suis la fille d’à côté, et bien heureuse de l’être.

Quoique... ordinaire avec toutes mes tares, difficiles de l’être. Brisée, divisée, multiple, perdue et exilée sur cette terre ou parfois, les jours me heurtaient si fort. Toujours moi-même avec mes enfants, ou dans ''mon monde''. Incapable de me conformer au fond. Tumulte ambulant sous des airs composés et maîtrisés. Pas étonnant que les gens soient tombés en bas de leurs chaises en apprenant que je quittais le père de mes enfants! Coup de théâtre ! J’avais rencontré un homme qui me voyait. Devant lequel je commettais des trucs maladroits pas possible. À chaque repas pris ensemble, ma nourriture tombait partout et j’en étais ouvertement embarrassée. Je ne comprenais pas pourquoi cela m’arrivait systématique en sa compagnie uniquement. Jusqu’à ce que je comprenne que non seulement il voyait clair en moi. Trop à mon goût d’ailleurs. Mais qui plus est, en sa compagnie j’avais tendance malgré moi à me détendre. À être... moi. Aussitôt compris ceci, j’ai renforci mes défenses les plus efficaces; ma vie de femme mariée (au père de mes supers fils à l’époque) brandie à grand renfort persuasif.

Je n’avais pas compris que la chimie entre nous, ce n’était émanant d’une autre vie, ou pour une autre vie. Il fut mon passé, il est devenu mon présent et sera mon futur. Dans toutes mes vies. Je n’avais pas compris que nos sentiments étaient réciproques. Ou avais-je compris et ai-je tenté de fuir et enterrer sous mes illusions? Je ne serai pas parvenue à le tenir indéfiniment à distance. Il réclamait ma vérité. Celle qu’il voyait et qui échappait au reste du monde, et plus. Le reste. Racoleur. Ce qu’il soupçonnait, ce qu’il devinait. Nous sommes désormais mariés, heureux et incroyablement amoureux. Toutes ces tares que j’ai mis toute une vie à camoufler, il les célèbre et les chéris. Ce fut terriblement déstabilisant au départ. Notre amie Angela pourrait attester de plusieurs de mes réactions initiales devant mes tares qui le charmait. Je croyais qu’il se foutait de ma gueuele. Ensuite j’ai compris qu’il ne rigolait pas et je n’ai pas su quoi faire. Désormais j’apprécie et je réagis mieux. Beaucoup mieux. Il épouse toute celle que je suis, à chaque jour. Je n’ai plus à me cacher, et parfois, il m’arrive encore de me sentir perdue dans cet océan d’amour inconditionnel et de liberté.

Mes différences sont aimées. Choyées même. Je ne fais plus qu’en jouer habilement. Je suis, simplement. Dans toute ma vulnérabilité, mes expressions faciles nombreuses et icontrôlables, ma maladresse et autres tares. D’ailleurs je considère de moins en moins ces tares comme des tares.

 

 

Tuesday, February 15, 2022

T’es ma meilleure amie


 

Une des raisons pour lesquelles je ne faisais pas de pas en avant… vers lui. C’est au nom de l’amitié. Je n’avais jamais eu d’ami comme lui. Jamais eu d’amitié aussi profonde et authentique. Jamais. Je ne voulais pas perdre ça. Oui les pratiquement dix ans de différence. Oui, ma vie, bâtie sur un mariage toxique qui prenait tellement plus que cela ne me donnait. Une évidence criante, plus le temps passant. Oui ma famille, la principale raison de mon mariage malheureux dans lequel je demeurais. Mais aussi, cette amitié, avec cette âme qui répondait à la mienne comme aucune autre sur cette planète. Je ne voulais pas perdre ça. Je ne sais même pas si je le lui ai dit à lui. Je lui dis tout et je lui parle tellement que j’oublie parfois ce que je lui ai dit, ou pas.

Je me souviens encore de ce moment, lorsqu’il m’a dit que j’étais sa meilleure amie. Après deux ans d’amitié si ma mémoire est bonne. Peut-être un peu plus, ou un peu moins. C’était sur notre lieu de travail. Sur le plancher. Il m’a prise de court. Avec cet aveux sorti droit de son cœur. Tellement senti, tellement sincère. Comme souvent à cette époque, heureusement je me suis ouverte et déconstipée depuis, j’ai réagi… de marbre. Il m’a prise par surprise. Malheureusement cet aveu candide et sincère n’a pas eu l’accueil qu’il méritait. Nous en parlons en rigolant aujourd’hui. Heureusement!

J’étais stupéfaite, ahurie et… touchée au plus profond de moi-même. Mais tout ce à quoi il a eu droit, c’est à un visage froid, composé et une réponse laconique. Je n’ai même pas réciproqué sur le coup! Le laissant un peu éberlué, un peu triste aussi. Sans en avoir conscience. Mon cœur battait, une douce chaleur affluait dans tout mon corps. J’étais touchée, incrédule et incroyablement heureuse. Je ne lui ai rien montré de tout cela. Habituée à me camoufler, pas habituée à une telle sincérité. Habituée à craindre mes sentiments, les attachements. Normalement, dans mes relations, c’est lors de moments comme ceux-là que je commence à reculer, me retirer, m’éloigner. Jusqu’à disparaître. Je savais très bien que je ne voulais pas ça cette fois. Pas avec lui. Et ça me troublait et me faisait peur.

Puis les doutes aussi… il ne faisait pas de moi n’importe quelle amie. Sa meilleure amie. Étais-je digne de cet honneur? J’en doutais beaucoup. Après ses aveux et ma réponse pas très réceptive et enthousiaste, je me souviens plus ou moins l’avoir planté là au profit de clients. J’étais rigide, comme entre deux mondes, et j’ai été m’enfermer dans le bureau. Là, seule, sans témoins, j’ai étouffé un cri joyeux mes mains. J’ai sautillé sur place et, j’ai eu les larmes aux yeux. Comme une enfant heureuse, comme une femme vulnérable. Pour moi, dans ma tête et mon cœur, c’est le plus proches que nous ne serions jamais. Dans cette vie. Il avait encore sa copine, j’avais encore mon premier mari. Des indices de notre chimie se multipliaient, mais je ne voyais pas cela fleurir en Amour dans cette vie-ci.

Je suis retournée sur le plancher, lui dire que c’était réciproque, d’une drôle de manière. De la seule manière que je savais communiquer à ce moment-là dans ma vie. Je me suis… rattrapée. C’était beau, c’était précieux, et c’était une belle journée. Un cadeau. Un privilège. Car je l’aimais. D’amitié et d’amour non-avoué. À lui comme à moi d’ailleurs. Car c’est un homme qui ne prononce pas des mots à la légère. Car c’est by far, la plus belle personne de ma connaissance.

Après ces aveux, je ne sais pas si je lui ai dit, mais j’ai rangé encore plus loin, comme je le pouvais, mes sentiments pour lui. Je ne voulais pas gâcher cette amitié devenue profonde, importante. Ne pas la mettre en danger, ne pas la compliquer. Je n’avais pas compris qu’en fait, malgré nous, c’était une première porte ouverte vers nos rapprochements, une complicité réaffermie et réaffirmée. Un prétexte pour s’ouvrir davantage, un passage plus direct l’un vers l’autre. Naïvement, je n’avais pas vu cela venir. Je n’avais pas anticipé comme je suis si habile à le faire habituellement. Alors que moi, je croyais que je mettrais cette amitié officialisée de l’avant, en la protégeant même de moi… cela n’aura ouvert que plus de portes au magnétisme. À l’électricité. À la magie et l’alchimie entre nous. À partir de ce moment-là, nous sommes devenus, de plus en plus proches. 


Monday, February 14, 2022

Première nuit (bis)

Notre première nuit était pleine d’urgence, de douceur, de tendresse, de maladresse partagée, de pudeur et de timidité. Tu n’avais jamais été timide avec personne, je n’avais pas connu d’autres hommes que mon ex. Tu as été émerveillé, tu as veillé sur moi. T’assurant de mon bienêtre et de mon consentement à plusieurs reprises. Tu as été doux, passionné et amoureux. Nous étions si amoureux. Notre première nuit nous a pris tous les deux par surprise. Mon initiative, et tu y avais pensé aussi. Mais chevaleresque, tu n’aurais pas osé proposer. Je garde de notre première nuit, une impression tendre, passionnée et très intime. Une première fois pour moi à plusieurs niveaux. Normal; tu étais mon deuxième amant à vie. Beaucoup de premières pour toi aussi, malgré de nombreuses expériences passées. Lorsque l'on se retrouve nu devant la personne faite pour soi, l’émerveillement étreint l’Irrépressible besoin de se fondre dans l’autre, tout en jouxtant une timidité cousue de peurs plus ou moins conscientes. S’aimer aussi fort dès le départ, ça fait peur et c’est envirant et vertigineux.

Notre vie sexuelle va bien, merci. Très bien même. Nous nous découvrons mutuellement au sein d’une intimité jamais vécue ni partagée. Nous sommes bien assortis. Heureux et comblés.

Dans les derniers jours, dans un dédale de circonstances, et de confidences et de souvenirs, tu m’as demandé, de te décrire la première fois dont je rêvais, il y a jadis fort, fort longtemps. Enfant et jeune fille romantique, voir romanesque. Fait cocasse, tu as eu vent de cette histoire quelques jours avant la Saint-Valentin. J’étais un brin réticente mais surtout très gênée de te raconter ce vieux rêve, fantasme rose bonbon d’une jeune fille qui ne l’espérait même pas. Je te l’ai quand même raconté, puis, on en a un peu parlé, puis c’est tout. J’aurais dû me douter, qu’avec toi, ce ne serait pas tout.

Tu m’as fait vivre, la plus démente et romantique des Saint-Valentin. Tu m’as fait préparer un sac, avec des instructions minimales. Me laissant le moins d’indices possibles. Nous avons pris la voiture pour un long roadtrip qui n’a pas parut long du tout. Nous parlons toujours beaucoup et on ne s’ennuie jamais en compagnie l’un de l’autre. Nous avons abouti dans une maison victorienne du Vieux-Québec, dans le   Quartier fortifié derrière le Château Frontenac. Tu m’as fait la surprise d’une chambre nommée La Bibliothèque, dans laquelle trônait un lit à baldaquin. Un lit tel qu’il figurait dans mes rêves de petite et jeune fille. Dans une chambre encore plus belle que dans mes fantasmes secrets et romanesques. Une marche dans la charmante Basse-Ville, illuminée et magique. Trouver notre restaurant, à l’intérieur duquel nous attendait encore des beaux moments magiques.

La bouffe était simple et sublime à la fois. Le service et en fait le personnel de A à Z; chaleureux et souriants. Gros méga coup de cœur pour l’accordéoniste qui a interprétées deux chansons d’Édith Piaf mais aussi une demande spéciale d’une cliente, une pièce magnifique de Félix Leclerc qui m’a arraché des larmes. Paroles et musique s’il vous plaît! Au retour à la chambre, lorsque je suis sortie des toilettes, tu avais transformé la chambre. Bougies, pétales de roses sur le lit, musique, champagne, fraises fraîches et fondue au chocolat. Deux roses blanches aussi. Tu m’as invitée à danser. Trois chansons, trois danses, et bien des larmes sur mes joues. Beaucoup d’émotions. Pour moi, mais aussi pour toi. Faire l’amour dans l’écrin de ce lit à baldaquin, l’odeur des pétales de roses rouges qui diffusent leur odeur sous l’effet de la chaleur de nos corps enfiévrés. Passion, tendresse, amour. Une nuit digne de mes rêves les plus secrets et les plus fous. Lorsque je me suis levée, pour aller aux toilettes, j’ai laissé une traînée de pétales de roses parfaite derrière moi. Sauf une, demeurée sur ma fesse droite. À ton grand émerveillement. Moi, je ne l’aurais pas aperçue, cette traînée, de mon sillage, sans ton regard tendre et émerveillé.  

Je garde bien des détails pour moi mais, mon point est que… cette soirée fut parfaite. Je t’ai confié quelque chose et tu l’as réalisé. Je ne croyais pas pouvoir m’abandonner et vivre cette première fois digne de mes rêves enfouis et même, enterrés. Nous sommes encore tous deux très émus de cette nuit d’un romantisme hallucinant. Merci mon Amour pour cette folle nuit de romance et de tendresse. D’amour pur. C’est de loin, ma plus belle Saint-Valentin. Jamais je ne l’oublierai. Nous corps tremblants, émus… comme la première fois. Deux amants candides, nerveux et très, très amoureux. 


 

Friday, February 11, 2022

Famille recomposée

 


Tu es dévoué aux garçons. Tu n’es pas leur père. Tu es un beau-père extraordinaire et un ami. Je te regarde souvent à la dérobée. Je me souviens la rapidité avec laquelle ils t’ont adopté. Vous riez tellement ensemble. Tu as avec eux une réelle complicité. J’aime la manière que tu as de respecter leur père. J’aime cette manière que tu as de les aimer sans attendre. J’aime cette manière que tu as de penser à eux aussi presque aussi souvent que moi. Et ça, c’est beaucoup considérant qu’ils sont pas mal constamment dans mes pensées! Cette manière que tu as de les inclure, de les aimer, d’avoir leur bien-être à coeur. De faire d’eux, une priorité. Je pense souvent à ton amour, ton implication et ton dévouement. Tu les aime si complètement et sincèrement. J’ai compris quelque chose ce soir. J’ai souvent eu peur d’être beaucoup avec ma vie. Venant bousculer ta vie de célibataire. Même en couple avant moi, ta vie était plutôt celle d’un célibataire solitaire. Je comprends à quel point j’ai apporté du beau et du bon dans ta vie. En emmenant avec moi, deux fils formidables. Le contexte d’une famille. Tu étais mon ami, tu as eu le temps de saisir à quel point ils sont importants pour moi. Lorsque tu m’as offert ton coeur, tu les as considérés. Ils faisaient partie de l’équation, tu les avais inclus dans tes réflexions et un possible futur. Ils sont importants pour moi, et pour toi. Je conçois maintenant ce gros plus que nous apportons à ta vie. Combien tu es heureux, combien tu ris aux éclats et tu souris à pleine dents. Quand nous sommes réunis et lorsque tu passes du temps avec eux. Je saisis mieux à quel point nous avons changé ta vie. Pour le mieux et le meilleur. J’ai gardé longtemps le focus sur ce que toi tu changeais et apportais à nos vies. Je réalise que c’est pleinement dans les deux sens. Et c’est beau et bon quand j’y pense. Nous apportons de la vie, de la joie.

Tu n’es pas leur père, ils en ont un et, tu en es conscient et tu n’essaie pas de prendre une place qui n’est pas la tienne et je l’apprécie. Tu as compris très tôt que le bien être des garçons, c’est prioritaire. Leur père est leur père, il a une importance dans leurs vies, et ne peut-être remplacé. Tu as décidé de ne pas prendre la place de personne, mais de créer la tienne auprès d’eux. Tu as décidé de m’appuyer, et de créer avec enthousiasme, une vie de famille recomposée. D’être un plus dans leur vie. Un hybride entre un ami et un troisième parent. En effet. Tu n’es ni leur père, ni leur mère, mais tu fais définitivement partie de leurs vies. Tu veux en faire partie. De manière officielle même depuis le neuf octobre 2021. Tu as cet avantage de ne pas être père ou mère. Tu es officiellement leur beau-père et, au niveau de l’âge c’est très très drôle... tu as dix ans de différence avec moi et dix et de différence avec mon aîné. Tu parles leur langage. J’ai toujours été une maman cool, un peu excentrique, mais je n’ai jamais voulu être leur amie. Ce sont mes fils, je suis leur maman. Leur père, c’est leur père. Toi, tu arrives avec ta bonté, ton écoute et ton empathie. Tu as une douceur et un humour. Surtout, tu as des références qu’ils ont; les jeux, la culture populaire. Tu es à mi chemin entre eux et moi et c’est vraiment une belle chose.

Tu es ce troisième parti pas neutre, mais un peu comme la Suisse. Jamais, jamais tu n’as parlé contre leur père. Tu en parles en bien et avec respect, avec sincérité. Lorsqu’il y a eu certaines situations, tu as toujours été cette voix de compromis et de compréhension. Et cela te vient naturellement. Tu n’as pas à rien forcer, tu es profondément comme ça. Tu aimes les garçons, tu veux être un plus dans leurs vies en ne prenant la place de personne. Tu veux faire équipe, tout simplement. Ils ont besoin de quelque chose? Tu répondras présent sans hésiter. Ton désir est d’appuyer les parents, et d’être une ressource supplémentaire. Je ne t’en aime que plus pour ça. Tu aimes aussi sans rien demander en retour. Tu es comme ça avec moi aussi. C’est très déstabilisant. Très beau aussi. Tu n’as pas de plan, d’agenda, d’idées en arrière de la tête. Tu donnes parce que ça te fait plaisir. Ils ont vraiment du plaisir avec toi, et se laissent aller d’une manière particulière. Car tu n’es ni père, ni mère. Car tu ne mets aucune pression, car tu es sincère et que ça se sent. Surtout car tu es toi, tellement aimable. Je le dis toujours un peu à la blague mais c’est vrai... qui ne t’aime pas? Vous vous entendez bien tous les trois. Moi, je ne connais pas plus grand bonheur que de voir mes fils. Le plus souvent possible. Mon second grand grand bonheur est de vous entendre rire tous les trois, et de constater votre complicité.

Oui, tu nous apporte beaucoup. Mais nous aussi. Nous sommes venus bouger ta vie terne, solitaire et morne. Je ne suis pas la seule à avoir changer ta vie. Mes fils, ces deux magiciens merveilleux changent aussi beaucoup de choses. Ils t’aiment et toi aussi. De nouveaux liens très forts, auxquels tu n’avais jamais pensé fleurissent ta vie. À te voir t’illuminer en leur compagnie, je sais que nous sommes un cadeau, un plus dans ta vie. Comme toi dans la nôtre.

Thursday, February 10, 2022

Épousailles absolues

Plonger ensemble dans les méandres engendrés par un événement survenu dans l’enfance, qui a eu un effet sur tous le reste de ta vie. Affective et sexuelle. Comprendre et, en apprendre davantage sur toi. Ta vie. Ta manière de te construire sur un trauma, qui n’a pas été relevé par les adultes. Qui a été étouffé. Un enfant, c’est tellement vulnérable. Je n’ai jamais été aussi heureuse d’avoir le cheminement que je possède. Mes outils sont tes outils. J’ai vécu certaines choses dans ma chair, et cela m’a menée à faire de recherches, des formations et œuvrer auprès de certaines personnes ayant besoin d’aide. Mon fils a vécu quelque chose de très semblable. C’est très troublant. J’ai été confronté à une situation plus que similaire, et je sais. Oui, je sais. Mes outils sont les tiens. Mon Amour est inconditionnel.

Je comprends tellement mieux. Je savais sans savoir, je cherchais des réponses que tu ne pouvais pas me donner, car tu n’étais pas prêt. Je sentais des incohérences, je ne lâchais pas le morceau. C’est-à-dire que je réfléchissais au-delà de nos discussions. Nos échanges m’habitaient longtemps. J’analysais malgré moi. Respectueuse, je ne t’assaillais pas de toutes mes questions. Je menais mon enquête dans ma tête et, je me rapprochais de ta vérité. Je ne voulais pas te brusquer. Je n’y ai jamais fait allusion, je voulais que cela vienne de toi. C’est toi histoire et ton rythme. Et j’aurais pu me tromper, même si j’en doutais beaucoup.

Nous avons frappé l’œil du cyclone ensemble ces derniers jours. Beaucoup de choses font soudain du sens. Pour moi, mais surtout pour toi. Ça soulage et ça fait mal en même temps. Au final, ce sera pour le mieux. Au final, ce sera l’occasion de remettre ta vie à l’endroit. De reprendre ton pouvoir, de te comprendre sans tabou. Les informations, les secrets et les confidences ont un poids. Nous sommes tellement complémentaires cependant, à un point hallucinant. Au premier regard, nos vies peuvent sembler aux antipodes. Alors que ce ne sont que des apparences. Nous n’avons pas mené nos vies de la même manière, nous avons géré des traumas d’une manière différente. Ce que tu t’es infligé fait doucement du sens. Ce que tu as traversé, prend son sens doucement. Tu te réconcilies lentement mais sûrement avec toutes les parties de toi et avec les moyens que tu as pris pour survivre.

Survivre. C’est un mot clef ici. C’est ce que tu as fait. Tu t’es bâti seul, sur certains événements et pour cela, tu es courageux et tu es un héros. Mon héros. Tu sais mieux que quiconque à quel point je suis ouverte d’esprit. Il n’y a pas grand-chose qui me choque. J’ai réalisé une chose… ce n’est pas ton vécu qui me choque, c’est la douleur que tu vivais. Et le fait que tu continuais sur ce chemin, en t’enfonçant de plus en plus. En te blessant de plus en plus. C’est ça qui me choquait et me faisait mal. Tu as tellement essayé de trouver et vivre l’histoire à laquelle tu aspirais, tu as donné ce que tu pouvais. Tu as essayé à quelques reprises de former des couples. Sans succès. Tu as pensé à tort que tu n’avais pas de cœur, que tu n'étais pas fait pour la vie de couple à laquelle tu aspirais depuis l’enfance. Petit garçon romantique. Tu as essayé et tu n’y arrivais pas. La vie affective et sexuelle avec tes blondes, ne faisaient ni battre ton cœur, et tu n’étais pas enivré. C’était même douloureux. À bout de faire semblant, de te sentir coupable et de te mentir et leur mentir, tu es parti vers une autre quête. Tu savais au moins que tu étais un amant valorisé et louangé. Tu t’es mis en tête que tu n’avais la fibre nécessaire pour former un couple stable, monogame et vivre le grand amour. Même pas un amour moyen. Tu es parti faire un tour dans une jungle de corps, de pratiques, d’âmes plus ou autant torturées que la tienne. Un marathon, de la consommation, l’attrait et le high de la nouveauté, pour te sentir vivant. Te sentir exister. Espérant trouver des réponses, sur toi. Tu t’es perdu davantage. Tu étais tellement malheureux. De plus en plus malheureux.

Tu étais loin de ta quête de TA personne, tu étais loin de toi-même. Tu m’as remise à l’endroit, ben c’est ton tour. Je vais t’aider à te remettre à l’endroit. Comme toi tu m’as aidé. Je suis TA personne, et je comprends désormais encore plus profondément à quel point ta quête s’est terminée lorsque nous nous sommes embrassés. C’est une vérité pure et belle, que tu me cherchais. Quand on rencontre SA personne, c’est beau mais ça cause aussi beaucoup de séismes et de choques. Autour de soi mais surtout en soi. Pour moi ce fut un choque et j’étais agitée. Pour toi, c’était un soulagement. La fin des misères. Plusieurs de tes propos me reviennent et prennent tous leur sens. Tu étais tellement ému et apaisé. Toi, tu savais. Toi, tu avais vécu et explorer la jungle et c’était en train de te tuer. Au moment ou tu as su que j’étais TA personne, tu as ressenti un espoir mêlé de désespoir devant l’image de mon mariage supposément parfait. Je comprends mieux. Beaucoup mieux. Tu savais, dans tes tripes que TA personne, tu ne l’aurais pas. L’agonie d’enfin sentir ton cœur battre, mais devoir continuer à exister et passer ta vie sans TA personne. Sachant qu’elle existe mais que tu ne pourras pas être avec elle. Tu poursuis alors ta vie comme tu l’as toujours vécu. Engourdissant ton cœur mais c’est désormais plus douloureux et difficile car ton cœur bat et, tu sais qu’elle existe, la Tienne. Je mesure maintenant ce que tu as vécu et ressenti.

L’événement qui a marqué ton enfance, a aussi marqué le reste de ta vie. J’ai passé ma vie à essayer de guérir, me protéger et me tenir loin. Tu as passé ta vie à essayer de comprendre, à te lancer dans les diverses arènes et avec cette idée que tu avais une peine à purger. Nous nous sommes construits avec des méthodes différentes, mais, elles se complètent et se rejoignent. Je me suis retranchée dans une tour d’ivoire et, toi, tu t’es jeté dans l’arène. J’ai cherché mes réponses à l’intérieur en attendant le prince charmant. Tu t’es jeté dans la jungle qu’est ce monde, cherchant tes réponses activement et me cherchant dans chacun des corps et âme croisés. Je me suis gelée, à en devenir glaciale, moi la fille de feu. Tu t’es brûlé, consommé et consumé.

Nous sommes deux êtres riches, complexes et magiques. Il n’y a pas de doute, dans les moindres détails de nos êtres et de nos histoires respectives, que nous sommes faits pour être ensemble. Pas étonnant, que dès le premier regard, nous nous soyons vus, tels quels. 


 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...