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Friday, July 15, 2022

Merveilleuse mémoire

 

Enterrer les choses qui font mal. Fermer les yeux durant des années, qui deviennent des décennies. Des souvenirs qui dorment à poings fermés, loin de la mémoire vive. Leur disparition nécessaire à la survie. La mémoire qui s’empare de souvenirs insoutenables, pour les engloutir au nom de la santé mentale. Des pans entiers de vie qui se retrouvent enfouis, loin, comme une vie oubliée. Parfois ils viennent chatouiller inconfortablement la surface de la mémoire, mais ils sont rapidement relégués encore plus profondément aux confins des oubliettes de la mémoire.

Les traumas sont souvent enfouis ainsi. J’ai vécu beaucoup, beaucoup de traumas. Une partie de moi a fait un tri, un choix. L’une des raisons de mes traumas se trouvant dans mon environnement durant des années, certains souvenirs se sont enfuits de ma mémoire. Pour rendre la vie supportable. Pour que chaque jour ne soit pas un calvaire.

Un fois sortie d’un milieu toxique, j’ai pu commencer à guérir. De multiples commotions et d’une armée de traumas qui sont remontés et des circonstances d’une séparation qui ne fut pas de tout repos. Plus une pandémie pour tous. Depuis, je vais franchement bien et je me retrouve. Sortie de mon milieu toxique et guérie, j’ai remis mes morceaux ensemble. Parfois, cette impression tenace qu’il me manquait des morceaux. Parfois un manque de cohérence, aussi mince soit-il. Et l’intuition que certaines choses m’échappaient. Mais rien à faire, je ne pouvais avancer plus loin.

J’ai continué d’avancer, puis tout à coup, certains événements sont venus déclenchés des déclics. Comme des chevaux sauvages qui retrouvent leur liberté, une quantité de souvenirs sont remontés en cavalcade à la surface de ma mémoire.

Je suis plus à même de digérer et surtout, de voir les bienfaits. En effet, même si certains souvenirs sont vraiment très lourds et traumatisants, ils expliquent tellement de choses qui restaient comme des interrogations suspendues dans mon âme guérie. J’éprouve un soulagement à me comprendre et à pouvoir me voir en entier. Je préfère connaître mon histoire au complet, ne rien omettre et savoir absolument tout. Même ces pans de ma vie qu’une part de moi avait fait couler dans les abîmes de mes oublis personnels.

Ces souvenirs douloureux, ces traumas, ils font partie de moi, de mon histoire. Ils expliquent tellement de choses qui m’étaient troublantes et inexplicables. Je dois absorber, oui, mais je compose beaucoup mieux avec cela, qu’avec le fait de chercher des réponses sans espoir… dans ma propre personne. Marcher dans un noir complet alors que je sais, que je sens, mais qu’il me manquait des bouts de moi.

Ça fait vachement mal. Mais ça soulage et, je peux achever ce qui a été commencer il y a trois ans. La mémoire est une chose curieuse aux pouvoirs puissants. Je crois cependant à la lumière de ce qui se produit dans ma vie en ce moment, qu’elle est très bien faite. Je n’aurais pas été prête avant. J’aurais sans doute croulé sous l’amas de traumas supplémentaires. Je suis mieux armée pour affronter, comprendre et m’assembler en un seul morceau, une fois pour toute.

Wednesday, July 13, 2022

Les amitiés éphémères


Toutes les amitiés ne sont pas pour la vie. Un concept à la fois difficile et facile à comprendre lorsque l’on est moi. J’ai perdu un nombre un peu trop impressionnant de gens dans ma vie. Dire aurevoir, c’était devenu une spécialité. Quitter avant d’être quittée. Accomplir ma mission, laisser les gens mieux que je ne les avais trouvés, et prendre la poudre d’escampette. Éviter les blessures à tout prix. Ça, c’est lorsque la perte ne résultait pas de la mort, et que je demeurais impuissante et brisée. Ce qui m’est arrivé trop, trop, trop souvent. Voilà pourquoi c’est facile.

C’est parfois difficile car au fond de moi, je suis férocement loyale. Un mot qui se fait rare dans le concret aujourd’hui. Du moins, de ce que moi, j’observe. Je suis loyale et lorsque j’aime, c’est fidélité et loyauté. Je peux parfois recevoir beaucoup de coups avant d’ouvrir les yeux sur une situation toxique.

Cela m’arrive vraiment beaucoup moins rarement. Ma tendance à fuir m’ayant protégée de beaucoup de situations du genre.

Les amitiés éphémères maintenant.

Celles qui sont forte la durée d’une saison, d’un événement, d’un cycle. Habituellement je les distingue aisément et je ne m’accroche pas les pieds dans le tapis. Je continue ma route, jusqu’à ce que nous route se séparent. Me menant ailleurs, sur une autre route, vers de nouvelles aventures. Ces dernières années j’ai vécues énorméments de changements. Certaines personnes vivent des changements sur un plan; mort, vie amoureuse, vie professionnelle, santé, etc. Ma vie dans son ensemble a éclaté sur tous les plans. Dans ce capharnaum chaotique, j’ai laissé entrer des gens que je n’aurais pas laissé faire leur nid dans ma vie. Aurais-je été moins vulnérable, j’aurais distingué les éphémères des permanentes.

Ma vie, ma tête et mon cœur tous à l’envers, j’ai navigué et fait de mon gros mieux. J’ai mélangé les amis pour toujours et les amis d’une saison.

Mais voilà. Je suis retombée sur mes pieds. Les couleurs de la vie m’apparaissent clairement. Je vois clair. Je sais de nouveau et, je comprends. Malheureusment j’ai laissé s’installer des âmes qui auraient du n’être qu’éphémères. Qu’un passage dans ma vie.

Dernièrement, mes plus chers et chères amis et amies reviennent en force dans ma vie. Qu’ils n’ont en fait jamais quittée. Mais moi, j’ai les yeux grands ouverts et, je les apprécie de nouveau à leur juste et précieuse valeur. Certaines amitiés cependant, s’efface doucement. Perdant de leur force, raisons et magie. Elles aussi je les vois plus clair.

Aussi loyale suis-je, certaines manifestations déplacées ne peuvent simplement faire partie de ma vie. Certaines choses ne se font simplement pas. Il est simplement temps de doucement tourner la page, de discrètement continuer, et passer mon chemin.

Wednesday, July 6, 2022

Bambi et le méchant loup

Lorsque tu as seize ans, que tu es hypothéquée et que l’Amour te fait déjà peur... et que tu proviens d’un milieu qui ne te permet pas de distinguer ce qui est normal de ce qui ne l’est pas. Tu crois que tu sais voir venir et que tu sauras éviter. Tu ne sais pas que des variations sur le même thème de violence et abus existent. Tu acceptes et tu composes avec certaines choses qui sont moins pires et qui frôlent une normalité qui est en fait anormale. Tu n’es pas amoureuse, soit. , tu tombes quand même dans le piège. De la sécurité. Il t’aime et il assure, il sera un partenaire de vie et un père fiable. Peut-être même parviendras tu à baisser ta garde et à tomber sous son charme, le temps passant?

Ces grands gestes romantiques, ses visites à l’improviste, ses lettres et ses appels (parfois plusieurs fois par jour, certains jours) t’irritent au départ. Cependant, à un certain moment, tu capitules sans même t’en rendre compte, et, tu commences à faire confiance. Dans un monde gris et terne et dur, ce romantisme affiché et forcé, fait ta conquête lentement mais sûrement. Il veut savoir absolument tout à ton sujet, il s’infiltre partout.

Un jour tu te retrouves mariée, puis avec un et puis deux enfants. Puis la maison en région, puis les colères qui éclatent, la dévalorisation, les infidélités, diverses formes de violences, une violence financière que tu ne sais pas identifiée au moment des faits. L’isolement. Des amis, de la famille.

Même si tu n’es pas amoureux, ce rôle qui nous est proposé partout (romans, films et séries) fini par fracasser tes barrières. La sécurité, le romantisme, le dévouement. Qui tournent rapidement au vinaigre. Et au fil des ans, les choses s’envenimement. Relation toxique, et les signes m’apparaissent si clairement désormais... à 43 ans.

Ça peut donc arriver que l’on cherche l’amour, que l’on soit ouverte à l’amour, ou que l’on cherche un partenariat et une sécurité. C’est très ironique, dans mon cas, que j’aie voulu éviter un mariage toxique en évitant l’amour, et que je sois tombée en plein dans le panneau. L’ironie est que plus de vingt ans plus tard, je me retrouve dans une relation grandiose et magnifique, qui a débutée très lentement. Par une amitié, entre collègue au quotidien. L’amour qui foudroie au premier regard de chaque côté, mais des années avant de naître à la réalité. Bien au contraire de se séduire et se bombarder, nous avons misé sur une amitié. De mon côté j’ai franchement lutté. Contre mes sentiments, contre l’évidence du départ.  Finalement, notre amour a pu prendre de solides racines dans ces années d’amitié. Les événements se sont déroulés vitesse grand V une fois notre Amour avoué et réel et inévitable. Certains événements ne nous laissant pas beaucoup de choix. Nous étions mûrs. Nous étions prêts aux bouleversements. Depuis, nous continuons de prendre notre temps, de grandir et croître côte à côte et puis ensemble. Cet amour est un havre de paix, un terrain fertile pour retrouver ma liberté et m’épanouir. Idem pour lui. C’est aussi un Amour immense, absolu et renversant. Au sein duquel nous sommes en confiance et épanouis. Ainsi que renversés et ivres l’un de l’autre. Nous nous fondons l’un dans l’autre, et nous nous trouvons et retrouvons. Nous nous connaissons mieux que jamais, comme couple et comme individus. C’est beau, fort, profond, sain et incroyable.

L’Amour absolu existe. Rare? Oui. Rare de trouver SA personne. Rare aussi un engagement commun aussi équilibré, totalement réciproque et absolu.

J’ai essayé de contrôler les paramètres de ma vie et je me suis retrouvée dans une relation toxique. Je ne contrôle plus rien, et, ce qui est sain, équilibré et épanouissant inonde ma vie, mur à mur.

Ironique vous dites?

Tuesday, July 5, 2022

Virginité


La virginité est un concept aussi farfelu que celui de la pureté à mes humbles yeux. Un commentaire laissé ici, une discussion et moults réflexions m’ont menée à écrire. Assez curieusement, lorsque je me suis séparée à quarante ans, après vingt quatre années avec le seul et même homme, cela créer une commotion cocasse. Au départ, nous tenions notre Amour pas secret, mais discret, pour plusieurs bonnes raisons. Nous formions un couple, mais nous étions aussi, des collègues. J’étais aussi, sa supérieure. Ces raisons parmi tant d’autres. Cependant, je mettais tout de suite les choses au claire, lorsqu’un homme se montrait entreprenant ou intéressé. Et il y en a eus des hommes qui se sont soudain révélé amoureux, séduits ou qui ont simplement tentée leur chance. Plusieurs hommes ont émergé de mon passé, dont plusieurs dont je n’aurais jamais soupçonné les ardeurs. Une chose est revenue souvent, dans les propos des ces prétendants non sollicités. Une fascination pour ma soi-disant ‘’pureté’’. Le mot ‘’virginale’’ a été prononcé à quelques reprises lui aussi.

Je me suis étouffée plusieurs fois sur une gorgée de thé ou de whiskey lors de retrouvailles ou de souper avec ce que je croyais naïvement des amis. En entendant souvent – trop à mon goût – ces deux mots. Pure. Virginale.

À un certain moment, cela m’a agacée, irritée. J’avais quarante ans, j’avais enfanté deux fils. Je n’étais pas l’incarnation de la Vierge Marie, ni une jeune fille vierge. Loin de là! Pourtant, cela continuait de revenir dans mes échanges… j’étais spéciale. Une espèce en voie de disparition. Une denrée convoittée, et j’aurais du être flattée qui plus est! En fait j’étais découragée et irritée. Un peu éberluée et incrédule aussi. En 2019 les hommes s’accrochaient encore à de tels concepts? J’aurais du être flattée?

Hé bien, non. Je trouvais cela franchement arriéré et rétrograde. Je trouvais aussi cela très réducteur. Mon pouvoir de séduction à entendre la vaste majorité d’entre eux, tenait au fait que je n’avais connu qu’un seul et unique homme. Que je dégageais quelque chose de pur et candide. L’ironie étant que tout cela, moi, me faisait sentir très insécure dans ma toute nouvelle relation. La deuxième de toute, toute, toute ma vie. Je ne me sentais pas pure ou virginale. Je me sentais gauche, maladroite et dépourvue d’expérience! Je ne voyais rien de sexy dans ma situation et, je ne voyais pas les choses sous le même angle que ces hommes en quête de vierge et de pureté.

Hallucinant d’être réduite à ceci. De voir ma valeur réduite au nombre de mes amants? J’étais trop heureuse de leur dire que j’étais déjà en couple, il va sans dire. Combien de fois me suis-je faite dire ‘’Il est chanceux, j’espère qu’il le sait.’’ Combien de fois, j’ai roulé des yeux, dans la face de ces messieurs.

Oui, j’ai eu un seul amant avant mon présent mari. Oui, j’ai été loyale et fidèle. Et mes pratiques avec mon partenaire de l’époque, n’étaient en rien remarquables, extravagantes ou excentriques. Pas beaucoup de piquant. Oui j’avais emmagasinés beaucoup de fantasmes et d’envies inassouvies. Oui, j’avais beaucoup de choses à découvrir et à apprendre. Surtout, à partager. Ces hommes passaient complètement à côté de ma vérité (en plus d’être ridiculement rétrogrades) qui était en fait, celle d’une femme vulnérable, avec un vécu, du bagage et beaucoup d’insécurités. Moi, je ne trouvais pas ça cute, spécial et précieux. Dans mes propres souliers, c’était oui, beaucoup de premières fois, et c’était particulièrement stressant. Excitant et délicieux, oui, mais angoissant tout de même. Heureusement mon partenaire, ne me réduisait pas à ces concepts hideux.

Monday, July 4, 2022

Marie et moi

 

Assez drôlement, elle est celle que j’ai prié alors que ma mère m’imposait le christianisme qui la rassurait. Elle s’y est refugié lorsque ses propres dons lui ont fait terriblement peur, et lorsque sa mère décédée ne fut plus là pour la guider et la rassurer. Je réalise beaucoup de choses. Consciemment ou non, je crois que malgré la pléiade de déesses, dont d’importantes déesses patronnes, elle a laissé sur ma vie une empreinte bien plus vaste et profonde que je ne le croyais.

Pour moi c’est une déesse et son mythe, l’un des plus connus du monde.

Je me rends compte que j’ai vécue ma vie un peu comme cette déesse que l’on voulait froide, passive et mère. Pure, loyale et maternelle. Je me suis jetée dans un mariage et je n’étais déjà plus vierge. Ayant été sauvagement violée à onze ans. Cependant, je me suis jetée dans ce mariage avec un homme choisi à seize ans. Bâtissant toute ma vie sur des certitudes dont je ne saisissais pas l’instabilité soumise au temps. Naïveté de mes seize ans. J’étais écorchée et mûrie trop vite, mais encore une enfant. Je me suis livrée moi-même à un mariage que je croyais une forteresse sécuritaire. Je n’avais pas reconnu plusieurs signes de violences et d’abus qui suintaient déjà chez cela qui deviendrait le père de mes enfants.

Mes enfants. Ils étaient la raison de ce mariage. Je désirais une famille. Pour laquelle je ferais tout. J’ai tout fait et j’ai tout donné. J’ai incarné l’archétype de la mère à deux cent pourcents. L’épouse? J’ai rapidement compris qu’elle serait accessoire, et jamais un rôle épanouissant. Pas dans cette union là en tout cas.

C’est quoi le rapport avec Marie?

Un de ces nombreux aspects, est cette vision d’une femme passive, maternelle et un peu froide et sans reproche. Sensualité et sexualité, une nécessité, un devoir. Au moins ce serait avec un seul homme, et je ne l’aimerais pas. Je me voulais intouchable. Je me voulais froide. Je me voulais mère. Maman était mon titre et non pas celui d’épouse. J’ai essayé, mais il n’y avait rien là pour moi, outre des apparences creuses d’une réalité malheureuse.

Non, je n’étais pas vierge et j’offrais mon corps les yeux fermés. À un seul homme. J’étais prise dans la forteresse de mon rôle d’épouse, qui protégeait mon rôle réel; celui de mère. Aucun homme ne m’approcherait. Aucun homme ne me toucherait. Aucun homme ne prendrait mon cœur en otage. Ce mariage vide d’amour était une parfaite couverture.

Aux yeux des autres, j’étais la mère et l’épouse honorable et intouchable. Assez pour tenir à distance bon nombre de prétendants qui se sont révélés dès que ma séparation fut ébruitée.

J’ai aimée cette déesse et peut-être, sans le savoir, l’ai-je prise pour inspiration. À tout le moins, une part de son mythe. L’une de ces interprétations. Honorable, touchée par un seul homme et mère. Épouse loyale et fidèle, femme de devoir et dévouée à sa famille. Une certaine aura, mais aussi une certaine froideur.

Je fais un drôle de lien entre elle et moi, et pourtant à mes yeux, il fait beaucoup de sens. D’ailleurs, que sait-on vraiment d’elle, de ce qu’elle ressentait face à un destin qui la dépouillait de tant de facettes d’elle-même? Que sait-on vraiment d’elle? Nous avons aussi cela en commun; personne ne savait ce qui se passait vraiment dans mon cœur et ma tête, et derrière les portes closes de ce mariage dans lequel je me suis jetée comme sur un voile. Certaines jadis prenaient le voile et Jésus comme époux. J’ai choisi mon mari pour des raisons pratiques, en espérant le mieux. Et du pire qui en fut, j’ai fait le mieux. Le mieux que j’ai pu. Et j’ai découvert l’amour, dans ces deux âmes sorties de mon ventre. Mon cœur avant eux, était glacé et couvert d’engelures invisibles. J’ai été une Mère véritables et une épouse honorable longtemps. Accomplissant mon devoir et mon devoir conjugal. Je mettrais beaucoup de temps, à fondre et, à voir émerger jusqu’à incarner, cette femme qui sommeillait en moi.

Tuesday, March 29, 2022

Sans laisser de traces

Tout à coup, lorsque nous nous sommes embrassés, pour toi, il y a eu un trait tiré sur ta vie avant. Avant moi. Avant nous. Sur ta vie, que tu continuais de mener en automate, jusqu’à la quasi dernière minute, ne croyant pas que je quitterais le père de mes enfants. Que je ferais éclater mon mariage que tu croyais encore heureux (oui, j’étais persuasive à ce point) et cette famille qui elle, était toute ma vie. En contemplant les choses sous cet angle, no wonder que tu aies continuer, même si le cœur n’y était pas (nous nous parlions ouvertement) avec ta fréquentation de l’époque. Tu n’étais pas en couple, tu avais une amie avec bénéfices si on peut dire. Tu entretenais aussi un tas de liens pas très sains, des portes mal fermées. Lorsque tu traversais des creux, tu avais tendance à retourner en arrière pour rechercher des rushs, pour te sentir vivant ou te blesser. Les portes mal fermées avec des exs, des aventures et des expériences, il y en avait beaucoup. Ton ex parmi celles-là.

Tout à coup, toute cette foule de demoiselles et dames éprises à divers degrés, se sont retrouvées sans prise sur toi. Parfois tu as laissé du temps passer, rarement as-tu fermer les nombreuses portes. Heureusement, tu l’as fait dernièrement et c’est une bonne chose. Toujours une bonne chose de boucler les boucles et fermer les portes. Mais à l’époque, tu n’avais plus aucun désir d’entendre parler de ta vie avant nous. Tu prendrais des mois à te dégager de certaines communications, soucieux dans quelques cas, de ne pas blesser. Par habitude un peu aussi. Tu avais l’habitude de son bassin de vestiges de relations toxiques diverses. Tu le savais, mais tu fermais les yeux? Pas aussi simple. Tu marchais ta vie comme un automate, le cœur gelé mais malheureux en même temps. À défaut de ressentir l’amour tant recherché, tu te shootait avec des expériences diverses, des femmes de plus en plus tordues. Tu avais un réel réseau de possibilités pour revenir en arrière, les jours de disette émotionnelle. Lorsque tu n’en pouvais plus de la présence de ton cœur que tu croyais froid, que cela pesait sur toi et que tu voulais tromper ta solitude si grande en allant vers des situations faciles, une danse que tu connaissais et des portes que consciemment ou non, tu savais encore ouvertes.

C’est tout un cimetière impressionnant et très varié d’âme en peine que tu as créée lorsque nous nous sommes embrassés. Instantanément, toutes ces personnes se sont retrouvées aux oubliettes. Tu ne l’as pas signifié à toutes ces personnes, mais toi, tu étais ailleurs. D’une loyauté et d’une fidélité indéfectible. Tu as aussi été avalé par les circonstances et événements entraînés par ma séparation explosive avec mon ex. Ce ne furent pas des mois faciles, ni pour lui, ni pour nous. Nous avons été happés par des situations personnelles et professionnelles. Notre Amour grandissait à vue d’œil et nous consumait positivement, nous faisant renaître tout les deux. Entre notre Amour, les circonstances au boulot (nous travaillions ensemble) et dans ma vie privée, dont tu étais partie intégrante désormais, tu n’avais plus le temps pour ces histoires du passé. Ne serait-ce que pour les régler. C’est passé au second plan.

Pas étonnant le décalage, les portes mal fermée, le cimetière aux nombreuses âmes en peine que tu as enterrées vivantes, sans un regard en arrière. Pas étonnant, tu as quitté toutes ces personnes, sans un mot, sans laisser de traces. Tout à coup, tu n’étais plus disponible pour un flirt, un café menant à une nuit, ou quelques conversations coquines faisant revivre un passé. Tu ignorais les messages pour la plupart. Tu as été transparent, je savais très bien à quoi m’en tenir et, je t’avais donné mon opinion au sujet des portes mal fermées. Des situations laissées en suspend. Des attentes créées alors que toi tu avais tourné le dos définitivement à tout cela, d’un coup.

Tu étais disponible, beau et gentil. Nombreuses sont les personnes qui continuaient d’espérer, de rôder. Je n’étais pas surprise, je t’en avais parler bien franchement. Tu étais embarrassé et écoeuré. Partir sans laisser de traces, après avoir volontairement ou non, nourri des liens… toi, tu as continué ta route. Sans te retourner, mais ces personnes sont demeurées accrocher à des degrés divers. Habituées à une dynamique, un des cycles. Tu es parti sans laisser de traces, mener ta vie. Pour toi, c’était l’équivalent de couper les ponts. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Tu n'as pas laissé de traces, au sens ou, tu t’es évanoui dans la nature. Tu as laissé derrière toi, celui que tu étais avant nous. Un être malheureux et tourmenté, qui cherchait l’ivresse et à se sentir vivant, dans un amas de corps et d’êtres. Prenant, et surtout, donnant. Donnant plus, pour compenser pour ce que ton cœur ne pouvait ressentir, retourner, ni offrir. Pour toi, l’avant et l’après étaient très clairs. Les âmes en peine, laissées dans l’ombre. Tu n’as pas laissé de traces, personne ne savait cette cassure entre ton avant et ton après depuis nous. Personne ne savait ce que tu étais devenu, ou tu étais rendu. Tu n’avais aucun désir de laisser de traces non plus.

Ce qui n’est pas réglé remonte toujours à la surface et tu as dû couper des liens, brûler des ponts et remettre des pendules à l’heure. Tu en as profité pour faire le tour du cimetière des cœurs brisés, et t’assurer que cette fois, toutes les portes étaient bel et bien fermées. Partir sans laisser de traces, c’est tentant. Surtout lorsque tu veux mettre tout derrière toi, sans rappel. Malheureusement c’est rarement une bonne idée. Nous sommes à toute épreuve bien sincèrement, mais c’est une bonne chose d’avoir fait le grand ménage de manière investie, franche, sincère et courageuse.

Les histoires mortes peuvent trouver repos désormais dans leur cimetière commun. Nous, nous continuons notre route, heureux, unis et en laissant une trace claire. Il y a un avant et un après, c’est désormais clair. Plus clair qu’une photo de mariage comme photo de profile FB. Plus clair pour toutes celles qui me suivaient sur IG et les autres. Personnellement, je suis heureuse pour toi.

Partir sans laisser de traces, c’est fuir. Tu n’es pas un fuyard. Tu as remis les choses en ordre, surtout pour toi. Moi, je le vois comme ça et je suis heureuse. Je sais à quel point, tu es libéré, léger et heureux. Dégagé. Tu as finalement laissé des traces assumées, et tu as fermer les livre et les portes. Le reste leur appartient, toi, tu peux regarder devant, marcher la tête haute et le cœur en paix. 


 

Thursday, March 3, 2022

Doutes


 Parfois on doute, parfois c’est si beau que l’on doute et on a envie de reculer. Dans les premières semaines de notre amour enfin éclos, nous avons chacun à notre façon vécue de tels doutes. Aucun doute sur nous deux. Tu étais prêt à demander ma main après notre premier baiser! Ta quête dis-tu, étais terminée. Tu dis avoir su que j’étais la seule. Qu’il n’y aurait plus personne. Idem. Je suis rentrée immédiatement à la maison. J’en ai été si secouée que j’en ai pleuré sous la douche chez-moi ce soir-là. Tout à été vite. Très vite. Nous n’étions pas une aventure, je ne suis pas une femme déloyale et, je voulais en finir au plus vite. Mettre au courant mon ex-mari. Je ne voulais pas lui mentir et, tu n’étais pas une passade et tu ne serais certes pas une affaire extraconjugale. Les choses ne se sont pas passées comme je l’avais cru ou ni même espérer.

Pour commencer je n’avais pas prévu le feu que tu ferais naître en moi. En fait, un feu qui nous dévorerait tout les deux. Cette confiance, cette familiarité, cette sécurité et ce désir électrique et brûlant. J’avais prédit – à tort- que je mettrais des mois à me donner à toi. Samedi le 20 juillet 2019 je faisais le choix de ne pas rentrer chez moi. Nous ne pouvions pas nous quitter. Nous avons passée notre première nuit ensemble. Ma vie a basculé, et sans même rien savoir de cette nuit et de nous, mon ex qui était très colérique et contrôlant, me mettait dehors. Pour me donner une leçon très paternaliste, sous le coup de la colère. Devant notre fils cadet. En me disant que je n’écoutais pas et que je ne faisais pas ce qu’il disait. J’ai plaidé l’idée de dormir sur le divan, de discuter plus calmement. Lui disant que nous avions des choses à se dire, à discuter. Il m’a mise dehors sans rien savoir. Sous le prétexte que j’avais dormi ailleurs, que j’avais ignoré ses nombreux textos agressifs et harcelants. Chose malheureusement familière dans notre mariage dysfonctionnel. Je n’ose pas croire avec le recul, s’il avait su la vérité. Finalement, la vie fait bien les choses.

Je t’ai appelé. Tu as prise la situation en main. Tu m’as offert ton toit immédiatement, et tu as appelé notre amie en renfort. Nous n’avions à l’époque pas de voiture. Mais surtout, vous seriez tout les deux, les personnes les plus importantes dans ces semaines étranges. Présentes chaque jour, chaque soir. Je vous en serai éternellement reconnaissante. Nous formions un drôle de trio. Parfois un quatuor avec Renoir. Étrangement, parfois, cette époque me manque. Bref! Notre histoire a débuté sur des chapeaux de roues, c’est peu de le dire!

Parce que je réfléchis toujours, j’analyse toujours, j’essaie toujours d’anticiper, et surtout de ne pas déranger, je t’observais. Même lors des moments les plus difficiles (et il y en a eu beaucoup) de ces semaines particulières, je gardais un œil sur toi. Tu étais plus jeune que moi, je venais bouleverser ta vie non seulement avec notre amour, mais deux enfants et une séparation difficile avec un ex imprévisible et instable. Je savais que c’était beaucoup.

Au cœur de tout cela, notre relation naissait et évoluait. Il y a eu des moments, je dois l’admettre... mon cœur s’est demandé si ce n’était pas trop beau. Une part de moi, prenait cela un peu au jour le jour. De ton côté c’était très bousculant aussi. Combien de fois j’ai pris la poudre d’escampette sous le coup de trop d’émotions? Comme je l’avais vu faire ma mère dans mon enfance, si souvent. Que je le veuille ou non, je reproduisais même si à quelques raisons et différences près. À ta manière tu as aussi pris la poudre d’escampette un soir d’août. Nous avons eu peur, nous avons souffert, nous devions avoir cette discussion. Au fond, c’était à prévoir.

Tu as eu de sérieux doutes. Pas à propos de nous. C’est ce qui était le plus effrayant pour toi. Je constituais ton idéal, j’étais désormais vraiment avec toi. À tes yeux, j’avais viré mon monde à l’envers pour nous, pour toi. En valais-tu vraiment la peine? Est-ce que je me sauverais en voyant encore plus clairement ce que je voyais depuis le début en toi? Étais-tu assez bon pour moi? À l’époque qui plus est, tu avais certaines raisons de voir un filtre sur ta vie à cause d’une condition de santé désormais obsolète. Tu t’es demandé sincèrement si je ne serais pas mieux sans toi. Pas par désamour, loin de là. Tout au contraire. Pour la première fois de ta vie, te ne nourrissais aucune forme d’indifférence et tu ouvrais et offrais ton cœur. Nous avons eu le vertige tout les deux à des moments divers. Toi ce fut un moment, celui-là. Moi ce serait une kyrielle de petits moments.

Quand tu rencontres le grand Amour. Le fameux grand Amour. Tu crois que c’est facile; ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais non! Et ce n’est pas nous. Il n’y aura pas d’autres enfants, mais ça, c’est pour un autre billet. L’Amour avec un grand A ça décoiffe en titi! Ça bouscule tout sur son passage, incluant toutes les certitudes des deux principaux protagonistes. J’ai pour ma part, virée ma vie à l’envers, et dans cette vie, je n’étais pas seule. Toi aussi tu as virée ta vie à l’envers, et même si en apparences tu avais moins à perdre, tout à gagner, ça a remué des choses. Nous avions tout les deux un certain bagage et cet amour, on l’avait cherché (toi) et attendu (moi) mais on y croyait plus.

Normal d’avoir eu peur. Pas de nous, pas de s’engager. De soi. D’être trop. De n’être pas assez. C’est si fort et si beau! Si authentique, naturel, presque trop beau et trop facile. Aujourd’hui nous sommes mariés, et heureux et encore plus amoureux. Conscients de notre immense chance. Lui est entré de plein fouet dans notre dynamique, moi j’ai mis un peu plus de temps. Ça m’arrive encore de sortir de mon corps, et de me pincer. Parce que nous sommes si bien assortis. Car entre nous, ça coule de source sans rien forcer. Mais aucune envie de prendre la fuite. Je le regarde et mon cœur fond; je sais que je suis à ma place, à ses côtés. Ça ne sert plus rien de courir. Ni de fuir.


Wednesday, February 23, 2022

Surnoms et autres petits noms

(Si quelqu'un connaît l'artiste à l'origine de cette illustration, merci de me laisser savoir, car il me fera un immense plaisir de le citer! Évidemment!)


Herbes et Étoiles… deux de mes intérêts, bien sûr. Cependant, tout ceci est parti d’un secret que je portais. J’ai un autre compte IG qui date des débuts de ce réseau social. Il est devenu privé pour de bon il y a deux ans et demi. Il y a un peu plus de deux ans et demi, j’ai créé un autre profile IG pour mettre l’emphase sur ma vie spirituelle. Moins sur le personnel, moins fourre-tout. Le titre, il parlait déjà du couple que je forme avec mon merveilleux Mari. Un clin d’œil silencieux pour celui qui me suivait plus assidûment sur mes réseaux sociaux. Se manifestant un tantinet plus, lui d’un naturel discret. Je suis les herbes et lui, les étoiles. À l’époque, j’ignorais que nous formerions (enfin) un couple. C’était une manière de nous unir, que personne ne pouvait deviner. Tout à fait mon type de romantisme cryptique. Dragon et Phoenix. La Belle et la Bête (plusieurs de nos proches nous ont dès nos débuts affublés de ces surnoms… pour plusieurs raisons très évidentes). Plume de Lune et Encre de Saturne. Herbes et Étoiles. Nous nous complétons beaucoup, nous sommes très, très, très quétaines également.

Je me souviens de ce soir, l’un des premiers sous son toit, j’étais fraîchement séparée. J’étais dans tous mes états. Il m’a dit de venir me blottir sous son aile, et que j’y serais toujours en sécurité. C’est l’une des premières choses horriblement cute qu’il m’a dite. Il y en a eu une avalanche généreuse depuis. Incluant de ma part. Je n’étais pas trop fan des surnoms auparavant. Quand ton ex te surnomme son vieux bas, sa chose ou crocodile sacré… je veux dire… ouin. Bon, il y a eu les chérie et petite chouette, mais j’ai toujours ressenti un malaise. Comme si les surnoms reflétaient le fait que je n’étais pas vue. Ce qui était sans doute un peu ma faute car je me suis rendu compte à quel point je m’étais isolée de tous. Y compris mon ex… cependant, j’ai sincèrement essayé de m’ouvrir et j’ai donner tout ce que je pouvais. Mais ceci est une autre histoire.

Les surnoms pour moi c’est une affaire très personnelle et cela peut me révulser autant que me toucher profondément. Mon mari a le don de me voir telle que je suis et trouve des surnoms tendres et émouvants. Mon papa m’appelle sa Grande et sa Grosse depuis que je suis toute petite. Grosse, parce que même petite, je prenais toute la place dans son cœur. Comment ne pas trouver cela adorable? Maintenant, qu’une autre personne que lui s’avise de me surnommer ainsi… ça ne passera pas. Pas du tout. Je n’aime généralement pas me faire raccourcir mon prénom et me faire appelée Caro. Vraiment pas. Surtout par des gens qui ne me connaissent pas. Les exceptions sont une poignée de proches pour lesquels, lorsqu'ils le prononcent, ça sonne comme de la tendresse et ça traduit une vraie familiarité remplie d’amour. Eux, ils peuvent m’appeler Caro sans que cela me hérisse le poil.

Je n’aime pas non plus les sobriquets, mais alors pas du tout. Je n’aime pas que les surnoms servent à se moquer et pire, à déguiser des moqueries. Ça, c’est juste non. Je n’ai pas été affublée de ce type de surnoms souvent, heureusement. Mais je suis profondément incapable de tolérer que d’autres soient blessés par des sobriquets. Ça m’indigne, me fâche et je monte invariablement au front. Peut-être suis-je susceptible dans ces cas-là. M’en fiche, ça ne passe pas en ma présence.

Autant de mots pour dire simplement la raison du titre de ce blog, qui tire son origine de mon second profile IG. Pour glisser aussi au passage, qu’il se peut que ma Bête, la part Étoiles de ce blog, laisse un billet de sa plume. Ou devrais-je dire de son encre de Saturne. Au gré du temps dont il dispose et, de son inspiration. Personnellement, j’ai hâte de le lire, même si je ne conçois aucune attente. Ce sera comme une surprise inattendue. Ainsi est fait celui  que j’aime.

 

Tuesday, February 22, 2022

Dormir ailleurs

Il y a très peu de temps, mon Mari m’a fait la surprise d’une Saint-Valentin dans une maison victorienne, reconvertie en B&B. Chambre-librairie et lit à baldaquin. C’est très drôle à quel point cela m’a fait du bien et j’y ai réfléchi au retour à la maison. Parce que, non, ce n’est pas car je ne suis pas bien dans notre petit nid. Au contraire, j’ai eu deux maisons et je crois pouvoir dire que je n’ai pas souvent été aussi bien et en sécurité que dans notre petit cocon. Dans les deux maisons que j’ai possédé avec mon ex, j’étais la sécurité de mes enfants, mais moi, je vivais, comme depuis pas mal toujours, en funambule. Partout autour de nous dans notre petit nid, il y a des souvenirs, des curiosités, des photos et des plantes. Pas de minimalisme, ni de décor nordique ou zen épuré. Nope. C’est coloré, vivant et vibrant. Partout, mon regard se pose sur des livres, des objets, des photos. Chacun, porteur d’un souvenir. J’irais jusqu’à dire, chacun, porteur de plusieurs souvenirs. C’est vraiment ‘’chez-nous’’. Mon Mari et moi, nous nous sommes un nid qui nous ressemble et qui nous parle. Qui nous plaît. Nous habitons chaque recoin de notre espace loué dans un quartier que j’adore. Un coin que j’espérais éventuellement habiter. Et m’y voilà. La vie est curieuse dans ses surprises et ses beaux faux-détours.

Être ailleurs cependant, c’est mettre mon cœur et parfois ma tête au repos. Je n’ai pas de photos de cet être cher décédé. Cet objet offert par une personne que je ne vois pas aussi souvent que je le voudrais. Cet autre objet qui me rappelle de beaux souvenirs, mais aussi, d’autres plus touchant ou même tristes qui s’y rattachent. Mon cœur est toujours stimulé. Notre univers est chaleureux, inspirant et apaisant. Réconfortant et apaisant. Je me dépose vraiment dans notre appartement. Pas de doute! Mais j’aime beaucoup les aventures, le changement, découvrir, apprendre! Je capote sur les road trips et j’aime passer quelques nuits dans un lieu différent.

Le dépaysement, oui, mais pour une personne qui aime autant la routine que la folie et le manque de routine… ces petits déplacements sont des bulles de bonheur. Escapades romantiques dans notre belle ville. Ben oui! Ça nous est arrivé plusieurs fois depuis le début de notre histoire. Pourquoi dans notre propre ville? Ben, pourquoi pas? Il y a tellement de belles choses à voir, revoir et découvrir. À travers les yeux de l’autre aussi, parfois. Fabriquer des nouveaux souvenirs. Et c’est pratique lorsque nous n’avons pas de voiture (comme à l’époque) et que nous ne bénéficions pas de beaucoup de temps. J’aime ma routine, notre petit nid. J’aime aussi, de temps à autre, visiter d’autres endroit et dormir ailleurs. Me poster devant d’autres fenêtres et avoir d’autres vues, paysages. Regarder les murs et ne pas sentir mon cœur s’emballer dans les joies, ni les peines. Ni mes méninges s’activer. Ce n’est pas neutre, mais ce n’est pas familier et cela me procure un autre repos.

Je ne sais pas si je suis la seule comme ça. Mais c’est une des raisons pour lesquelles dormir hors de la maison de temps en temps, me fait du bien. Cependant, c’est à la maison que je préfère dormir. Dans nos affaires, avec les bruits familiers, et qui est le seul endroit ou je peux marcher dans le noir sans problème. Chez-nous, c’est irremplaçable. 


 

Monday, February 21, 2022

Les tares

 


J’ai toujours été un peu étrange. En marge. Enfant, la famille de mon père me trouvait trop repliée sur moi-même. Trop sage, trop silencieuse. Je lisais trop. J’écrivais trop. Je passais trop de temps toute seule. Mon père me défendait mais plus encore, il m’exprimait à quel point il était fier de moi. J’ai rapidement développé un talent. Celui d’apprendre à avoir l’air ''normale''. Cacher mes tares, mes maladresses, mes difficultés. Cela allait se poursuivre jusque dans ma vie d’adulte. Tard dans ma vie d’adulte. Car j’ai longtemps maintenu mes masques qui camouflaient ce que je nommerais mes tares. J’ai encore du mal avec la notion du temps. Mes proches disent que j’ai mon propre fuseau horaire. J’ai encore du mal entre la gauche et la droite, encore du mal à lire l’heure parfois. Lorsque je suis nerveuse je peux dire des choses incohérentes et étranges. Je fonce dans les portes, je trébuche dans des obstacles invisibles. Ce ne sont là que quelques petites choses... Oh! Et je semble TELLEMENT sociable, alors que je suis une timide maladive, une hypersensible qui ressent les autres à un niveau presque douloureux ou indiscret parfois. Je suis sauvage et j’adore être seule. (D’ailleurs, cette empathie extrême, je l’ai ressentie avec mon Mari. Étrangement, à un degré que je n’avais jamais expérimenté avant lui. Avec lui cependant, pour la première fois, la chose était réciproque... mais c’est une autre histoire.)

Une autre chose est cette manière que j’ai de me voir. J’ai été mannequin durant quelques années. Malheureusement cela n’était vraiment pas pour moi. Je me suis toujours sentie comme le vilain petit canard et, une fraude. Syndrome de l’imposteur et c’était vachement grave docteur. Loin de me réconcilier avec mon aspect physique, j’en ai conclu que sans les beaux vêtements, le maquillage, l’éclairage et les retouches photos... j’étais moche. J’étais filiforme, plate comme une planche et quelconque. À mes yeux. Je préférais miser sur autre chose, comme le bénévolat et la lecture et la musique. J’ai aussi développé un très bon sens de l’autodérision et un humour propre à ma maladroite et étourdie personne.

Au fil des années, je me suis toujours considérée seule et bizarre. Sous mes dehors presque parfois si conformes. J’étais en fait une femme folle, étrange, solitaire, moche... dissimulée sous les apparences lisses maîtrisées. Ma passion et mon côté spontané ne plaisait pas trop à l’unique homme à avoir partagé ma vie et mon lit. Une autre raison de se conformer. J’avais compris qu’en supprimant bien des aspects de moi sous mon propre toit, je gagnais en paix. Moins de conflits, moins de disputes. Mon côté imprévisible, émotionnel, je le rangeais. Il ressortait parfois malgré moi, mais je le harnachais et tout rentrait dans l’ordre.

Ajoutons à cela que j’ai souffert d’une terrible dépression, que la maladie mentale est très présente du côté maternel de ma famille. Je portais cet héritage et cet épisode de ma vie comme une honte, jusqu’à ce qu’en parler fasse une différence ici et là. Cela étant, il n’a plus été possible de me faire taire. C’était déjà ça. Autrement, tout au fond de moi, se cachait une femme qui adorait les romans et les films romantiques. Sans pour autant croire que cela m’arriverait. Le temps passait, j’appprochais la quarantaine. Je n’aimais pas l’amour, j’en avais peur. J’avais renoncé à l’amour il y avait très très longtemps. À un âge trop tendre. Et même si cela m’émouvait dans les livres et les films, dans les chansons... pour moi c’était impensable. Impossible. En secret je pensais souvent à la mort. Si je suis tout à fait franche, il me semble que j’ai toujours valsé de très près avec elle. Consciente qu’on ne peut aimer aussi fort la vie, que si on n’a conscience de la mort. J’ai toujours eu cette impression que je ne tournais pas rond. L’impression de ne jamais trouver ma place. Sauf auprès de mes fils.

Sous mes apparences de maman et épouse vivant une situation parfaite... il y avait une femme complexe, endommagée, fissurée et très seule. Parfois, je me surprenais à me dire que j’avais vécu beaucoup plus longtemps que je ne l’aurais cru. Enfant, je m’étais endurcie... mais pas vraiment. Trop fragile pour ce monde, je m’étais enfermée moi-même à double-tour et jetée dans mes abysses internes. La seule manière de passer au travers une vie rock’n’roll. Je fais souvent la blague que je suis la personne la plus simple et plate du monde, mais que ma vie elle, fut rock’n’roll. Je n’ai jamais consommé de drogues, j’ai été très sage, raisonnable. Comme pour mieux m’ancrer dans une vie qui tanguait sans cesse, et menaçait de m’engloutir à chaque moment. Ma vie est une rockstar, moi je suis la fille d’à côté, et bien heureuse de l’être.

Quoique... ordinaire avec toutes mes tares, difficiles de l’être. Brisée, divisée, multiple, perdue et exilée sur cette terre ou parfois, les jours me heurtaient si fort. Toujours moi-même avec mes enfants, ou dans ''mon monde''. Incapable de me conformer au fond. Tumulte ambulant sous des airs composés et maîtrisés. Pas étonnant que les gens soient tombés en bas de leurs chaises en apprenant que je quittais le père de mes enfants! Coup de théâtre ! J’avais rencontré un homme qui me voyait. Devant lequel je commettais des trucs maladroits pas possible. À chaque repas pris ensemble, ma nourriture tombait partout et j’en étais ouvertement embarrassée. Je ne comprenais pas pourquoi cela m’arrivait systématique en sa compagnie uniquement. Jusqu’à ce que je comprenne que non seulement il voyait clair en moi. Trop à mon goût d’ailleurs. Mais qui plus est, en sa compagnie j’avais tendance malgré moi à me détendre. À être... moi. Aussitôt compris ceci, j’ai renforci mes défenses les plus efficaces; ma vie de femme mariée (au père de mes supers fils à l’époque) brandie à grand renfort persuasif.

Je n’avais pas compris que la chimie entre nous, ce n’était émanant d’une autre vie, ou pour une autre vie. Il fut mon passé, il est devenu mon présent et sera mon futur. Dans toutes mes vies. Je n’avais pas compris que nos sentiments étaient réciproques. Ou avais-je compris et ai-je tenté de fuir et enterrer sous mes illusions? Je ne serai pas parvenue à le tenir indéfiniment à distance. Il réclamait ma vérité. Celle qu’il voyait et qui échappait au reste du monde, et plus. Le reste. Racoleur. Ce qu’il soupçonnait, ce qu’il devinait. Nous sommes désormais mariés, heureux et incroyablement amoureux. Toutes ces tares que j’ai mis toute une vie à camoufler, il les célèbre et les chéris. Ce fut terriblement déstabilisant au départ. Notre amie Angela pourrait attester de plusieurs de mes réactions initiales devant mes tares qui le charmait. Je croyais qu’il se foutait de ma gueuele. Ensuite j’ai compris qu’il ne rigolait pas et je n’ai pas su quoi faire. Désormais j’apprécie et je réagis mieux. Beaucoup mieux. Il épouse toute celle que je suis, à chaque jour. Je n’ai plus à me cacher, et parfois, il m’arrive encore de me sentir perdue dans cet océan d’amour inconditionnel et de liberté.

Mes différences sont aimées. Choyées même. Je ne fais plus qu’en jouer habilement. Je suis, simplement. Dans toute ma vulnérabilité, mes expressions faciles nombreuses et icontrôlables, ma maladresse et autres tares. D’ailleurs je considère de moins en moins ces tares comme des tares.

 

 

Sunday, February 20, 2022

Rien à cacher

 

Nous possédons tous un passé dans nos garde-robes, nos bagages. Il fait partie de nous et de notre histoire. Ce sont des matériaux de construction ayant servis, qu’on le veuille ou non, à construire cette personne que nous sommes. Au moment de rencontrer mon présent Mari, nous avions vécu tous les deux. Nous n’avions pas seize ans, nous n’étions pas intactes, nos vies ayant laisser des traces sur nos cœurs, nos âmes et nos esprits. Il y a des choses qui se devinent, des choses qui se révèlent dans les premières confidences, et d’autres qui prennent du temps à déballer. Parfois sur une honte, sur une peur. Peur de soi, peur des réactions de l’autre. Sans avoir peur de l’autre. Parfois on croit avoir tout déballer, on avance sans regarder derrière, se saisissant d’un bonheur que l’on croit (à tort) ne pas mériter. Juste au moment ou on y croit, on s’abandonne, le passé frappe à notre porte. Une personne, un souvenir refait surface et, ça nous ébranle. La peur, la honte et la douleur remontent et causent des ravages intérieurs.

Nous sommes très authentiques et transparents l’un avec l’autre. J’ai déjà entretenu la crainte que mon ex et mon mari soient trop longtemps seuls ensembles. Et que mon ex lui révèle des choses inavouables et détestables et condamnables à mon sujet. Je n’ai plus du tout cette crainte. Il n’y a absolument rien que mon ex puisse raconter à mon Mari, qu’il ne sait pas. Il sait tout. Absolument tout. Je lui ai tout raconté à la fois pour le faire fuir, pour lui permettre de faire un choix encore plus éclairé à mon sujet et par sujet d’une honnêteté sans bornes. Il n’ignore rien, à pour sa part de toute manière réclamer chaque parcelle et zone d’ombre en moi. Il ne rigolait pas, il me voulait en entier, au complet, sans masques, sans murs et sans armures. Il sait très bien à qui il a affaire. Je n’avais aucune envie de jouer, de dissimuler, de mentir. J’avais une soif de vérité, d’honnêteté et de transparence. Si cette histoire d’amour devenait réalité, elle ne serait rien de moins qu’authentique et limpide.

Idem pour lui. Personne ne peut se gausser de venir me voir et m’apprendre quelque chose. Personne ne peut tenter de me choquer, blesser et m’éloigner. Je sais. Je sais tout. Il n’y a pas de secrets, pas de dissimulation, pas de mensonges. Pas de tabous entre lui et moi. Personne ne risque de me surprendre ou de me mettre mal à l’aise ou de provoquer le moindre doute. Il est vulnérable, transparent, avec ses ombres et toute sa lumière.

C’est très particulier car nous avons vu et deviner des choses dès le premier regard et au fil des mois qui ont vus notre amitié croître. Avec en profondeur, cet amour que nous cachions à l’autre. C’est un phénomène très étrange de ''voir'' quelqu’un avant de connaître toute sa personne. De sentir, voir et savoir certaines choses, sans vraiment savoir. Je savais beaucoup de choses sans comprendre, et je ne me laissais pas abuser par ce que ses comportements pouvaient laisser suggérer. J’ai toujours senti les blessures, les tourments et le faux. Idem pour lui me concernant. Nous savions sans savoir, et désormais, les morceaux de nos puzzles respectifs sont complets et font plus que du sens.

Je suis amie avec les squelettes dans son placard, il danse joyeusement avec mes démons. Après deux décennies et demie à vivre seule dans un mariage toxique. Après une décennie et demie à trimballer un cœur qui ne battait pas et des doutes, dans une jungle remplie de plantes grimpantes et carnivores. Nous savions ce que nous voulions et ce que nous ne voulions plus. Au-delà de nos sentiments, de notre chimie, de notre connexion et de notre impression de rentrer à la maison... nous avions aussi soif d’authenticité, de transparence. Nous nous aimons avec une véracité absolue et féroce. Dans un même élan. La confiance déjà solide, n’en est qu’approfondie. C’est une si belle chose.

Nous avons nos squelettes, nos monstres et nos démons, et ils dansent tous ensemble sans secrets, honte ou discrimination. Nous n’avons pas à nous cacher, prétendre ou faire semblant. Cet amour, c’était tout ou rien et, c’était très clair pour lui comme pour moi. J’étais à prendre ou à laisser, telle quelle. Idem pour lui. Je ne le voudrais d’ailleurs pas autrement. C’est le plus bel être humain de ma connaissance. J’embrasse toutes ces blessures, ces zones d’ombre et ce qui lui apparaît comme inavouable. Pour le meilleur et pour... le meilleur.

 

 


Thursday, February 10, 2022

Épousailles absolues

Plonger ensemble dans les méandres engendrés par un événement survenu dans l’enfance, qui a eu un effet sur tous le reste de ta vie. Affective et sexuelle. Comprendre et, en apprendre davantage sur toi. Ta vie. Ta manière de te construire sur un trauma, qui n’a pas été relevé par les adultes. Qui a été étouffé. Un enfant, c’est tellement vulnérable. Je n’ai jamais été aussi heureuse d’avoir le cheminement que je possède. Mes outils sont tes outils. J’ai vécu certaines choses dans ma chair, et cela m’a menée à faire de recherches, des formations et œuvrer auprès de certaines personnes ayant besoin d’aide. Mon fils a vécu quelque chose de très semblable. C’est très troublant. J’ai été confronté à une situation plus que similaire, et je sais. Oui, je sais. Mes outils sont les tiens. Mon Amour est inconditionnel.

Je comprends tellement mieux. Je savais sans savoir, je cherchais des réponses que tu ne pouvais pas me donner, car tu n’étais pas prêt. Je sentais des incohérences, je ne lâchais pas le morceau. C’est-à-dire que je réfléchissais au-delà de nos discussions. Nos échanges m’habitaient longtemps. J’analysais malgré moi. Respectueuse, je ne t’assaillais pas de toutes mes questions. Je menais mon enquête dans ma tête et, je me rapprochais de ta vérité. Je ne voulais pas te brusquer. Je n’y ai jamais fait allusion, je voulais que cela vienne de toi. C’est toi histoire et ton rythme. Et j’aurais pu me tromper, même si j’en doutais beaucoup.

Nous avons frappé l’œil du cyclone ensemble ces derniers jours. Beaucoup de choses font soudain du sens. Pour moi, mais surtout pour toi. Ça soulage et ça fait mal en même temps. Au final, ce sera pour le mieux. Au final, ce sera l’occasion de remettre ta vie à l’endroit. De reprendre ton pouvoir, de te comprendre sans tabou. Les informations, les secrets et les confidences ont un poids. Nous sommes tellement complémentaires cependant, à un point hallucinant. Au premier regard, nos vies peuvent sembler aux antipodes. Alors que ce ne sont que des apparences. Nous n’avons pas mené nos vies de la même manière, nous avons géré des traumas d’une manière différente. Ce que tu t’es infligé fait doucement du sens. Ce que tu as traversé, prend son sens doucement. Tu te réconcilies lentement mais sûrement avec toutes les parties de toi et avec les moyens que tu as pris pour survivre.

Survivre. C’est un mot clef ici. C’est ce que tu as fait. Tu t’es bâti seul, sur certains événements et pour cela, tu es courageux et tu es un héros. Mon héros. Tu sais mieux que quiconque à quel point je suis ouverte d’esprit. Il n’y a pas grand-chose qui me choque. J’ai réalisé une chose… ce n’est pas ton vécu qui me choque, c’est la douleur que tu vivais. Et le fait que tu continuais sur ce chemin, en t’enfonçant de plus en plus. En te blessant de plus en plus. C’est ça qui me choquait et me faisait mal. Tu as tellement essayé de trouver et vivre l’histoire à laquelle tu aspirais, tu as donné ce que tu pouvais. Tu as essayé à quelques reprises de former des couples. Sans succès. Tu as pensé à tort que tu n’avais pas de cœur, que tu n'étais pas fait pour la vie de couple à laquelle tu aspirais depuis l’enfance. Petit garçon romantique. Tu as essayé et tu n’y arrivais pas. La vie affective et sexuelle avec tes blondes, ne faisaient ni battre ton cœur, et tu n’étais pas enivré. C’était même douloureux. À bout de faire semblant, de te sentir coupable et de te mentir et leur mentir, tu es parti vers une autre quête. Tu savais au moins que tu étais un amant valorisé et louangé. Tu t’es mis en tête que tu n’avais la fibre nécessaire pour former un couple stable, monogame et vivre le grand amour. Même pas un amour moyen. Tu es parti faire un tour dans une jungle de corps, de pratiques, d’âmes plus ou autant torturées que la tienne. Un marathon, de la consommation, l’attrait et le high de la nouveauté, pour te sentir vivant. Te sentir exister. Espérant trouver des réponses, sur toi. Tu t’es perdu davantage. Tu étais tellement malheureux. De plus en plus malheureux.

Tu étais loin de ta quête de TA personne, tu étais loin de toi-même. Tu m’as remise à l’endroit, ben c’est ton tour. Je vais t’aider à te remettre à l’endroit. Comme toi tu m’as aidé. Je suis TA personne, et je comprends désormais encore plus profondément à quel point ta quête s’est terminée lorsque nous nous sommes embrassés. C’est une vérité pure et belle, que tu me cherchais. Quand on rencontre SA personne, c’est beau mais ça cause aussi beaucoup de séismes et de choques. Autour de soi mais surtout en soi. Pour moi ce fut un choque et j’étais agitée. Pour toi, c’était un soulagement. La fin des misères. Plusieurs de tes propos me reviennent et prennent tous leur sens. Tu étais tellement ému et apaisé. Toi, tu savais. Toi, tu avais vécu et explorer la jungle et c’était en train de te tuer. Au moment ou tu as su que j’étais TA personne, tu as ressenti un espoir mêlé de désespoir devant l’image de mon mariage supposément parfait. Je comprends mieux. Beaucoup mieux. Tu savais, dans tes tripes que TA personne, tu ne l’aurais pas. L’agonie d’enfin sentir ton cœur battre, mais devoir continuer à exister et passer ta vie sans TA personne. Sachant qu’elle existe mais que tu ne pourras pas être avec elle. Tu poursuis alors ta vie comme tu l’as toujours vécu. Engourdissant ton cœur mais c’est désormais plus douloureux et difficile car ton cœur bat et, tu sais qu’elle existe, la Tienne. Je mesure maintenant ce que tu as vécu et ressenti.

L’événement qui a marqué ton enfance, a aussi marqué le reste de ta vie. J’ai passé ma vie à essayer de guérir, me protéger et me tenir loin. Tu as passé ta vie à essayer de comprendre, à te lancer dans les diverses arènes et avec cette idée que tu avais une peine à purger. Nous nous sommes construits avec des méthodes différentes, mais, elles se complètent et se rejoignent. Je me suis retranchée dans une tour d’ivoire et, toi, tu t’es jeté dans l’arène. J’ai cherché mes réponses à l’intérieur en attendant le prince charmant. Tu t’es jeté dans la jungle qu’est ce monde, cherchant tes réponses activement et me cherchant dans chacun des corps et âme croisés. Je me suis gelée, à en devenir glaciale, moi la fille de feu. Tu t’es brûlé, consommé et consumé.

Nous sommes deux êtres riches, complexes et magiques. Il n’y a pas de doute, dans les moindres détails de nos êtres et de nos histoires respectives, que nous sommes faits pour être ensemble. Pas étonnant, que dès le premier regard, nous nous soyons vus, tels quels. 


 

Wednesday, February 9, 2022

Ta mort

Ça fera quatre ans. Quatre ans. Quatre. Tu es parti de ta propre volonté, le vendredi 13 avril 2018. Tu avais encore toute ta tête pour décider du moment. Au bout de tes souffrances, tu as demandé au docteur de partir. Il avait laissé ça entre tes mains, il n’y avait plus rien à faire. Il n’y avait que de la souffrance insoutenable, qu’il ne pouvait plus soulager sans risquer de provoquer ta mort. Ta volonté féroce t’aurait maintenu combien de jours encore? Nul ne saura jamais. Tu as réussi à voir chaque personne que tu désirais voir avant de partir et puis, tu as accepté de partir. Tu n’avais aucune conscience des jours et des nuits. Tu ne le sais pas, mais tu es parti un vendredi treize. Lorsque l’on connaît ton amour des films d’horreur ''gore'', il y a de quoi sourire.

J’ai appris ta mort le lendemain matin. Tu sais, lorsque j’y pense, tout me semble encore surréel. J’ai encore une appréhension à l’approche de la date. Ta mort. Ton enterrement. Ma fête. Ta fête. J’ai pris du mieux. Beaucoup de mieux même. Toute la première année de ton départ sans exagération aucune, je peux affirmer avoir pleurer chaque soir. Chaque jour. J’ai traversé toutes ces premières fois sans toi, toutes les fêtes, les occasions et les rituels, comme une automate. Toute cette première année sans toi, je l’ai vécu dans un état second. J’ai vraiment perdu beaucoup de gens dans ma vie. Bien sûr inutile de dire que l’on ne s’habitue pas. Jamais. Ta mort? Elle a été inattendue, et m’a fait violence. Elle m’a fouettée comme aucune autre. Des deuils, j’ai dû en faire vraiment beaucoup. Le deuil de toi est le plus long et le plus douloureux à ce jour.

Je me souviens du moment. J’ai hurlé et je me suis juste effondrée sur le sol de la salle de bain du premier étage. Mon monde venait de s’écrouler, je ressentais une douleur difficile à décrire. Je craignais que cette douleur ne cesse jamais. Habituellement, je fais comme il faut. Habituellement je suis celle qui est calme. Tu te souviens lorsque qu’Édouard a été entre la vie et la mort? Mon bébé qui ne respirait plus par lui-même, Tristan confus et tout le monde venu me rejoindre à l’hôpital, pleurant et paniquant. Moi, debout, consolant et rassurant, alors qu’à l’intérieur j’avais la pire des trouilles de toute ma vie. Mis à part moi, tu étais le seul d’un calme absolu. Tu as été mon roc. Ben Réal, lorsque j’ai appris ta mort, j’ai perdu mon roc. J’ai perdu le nord, mon calme et ma tête. Je n’ai pas pensé à mes fils qui auraient mal eux aussi de ta perte. Je n’ai pas pu retenir mon hurlement, tel que je sais si bien le faire habituellement. Prise au piège par ma propre réaction. Et pourtant je savais. Malgré ça, je me suis effondrée et ça me prendrait longtemps avant de me relever vraiment.

Honnêtement, j’ai été une automate durant un an. Tu ne peux pas savoir à quel point je t’aime, à quel point tu as été important. Un parent, un point de référence, mon roc, mon confident, mon complice. Je ne pleure plus tous les jours, je n’ai plus mal constamment. Mais je ne sais pas pourquoi, quatre ans ça semble... beaucoup. Ça passe trop vite! C’est absurde mais c’est comme si ça me fâchait parfois de m’apercevoir que la vie continue. Sans toi. Je me sens comme une gamine ingrate et irréaliste. Mais c’est comme ça. Mon deuil et son chagrin vont mieux. Mais tu me manques toujours autant. Il y a une certaine paix, mais je pense à toi tous les jours. D’une manière ou d’une autre.

Je me suis sentie tellement démunie et seule après ton départ. Je me souviens avoir dit à mon ex l’instant suivant la nouvelle de ta mort ''Je suis toute seule maintenant. Vraiment toute seule.'' Ça ne lui a pas plu, évidemment. Bien sur j’ai mes fils, mais à l’époque il avait fait le vide autour de moi. Je n’avais plus de parents, je n’avais plus personne me liant à ma vie avant lui. Heureusement il y avait Renoir. Heureusement il y avait mes merveilleux fils. Heureusement il y avait ce collègue, cet ami, qui est soudainement sorti de l’ombre dans laquelle il était discrètement tapi. Dans le rôle d’un ami discret, chevaleresque et respectueux. Doucement, il allait prendre de plus en plus de place. Manifestant son amitié et les réels sentiments qu’il me portait, en prenant soin de moi à la moindre occasion. En étant de plus en plus présent à mes côtés au boulot, mais aussi dans ma vie. Exprimant son souci de moi, avec respect mais affirmant davantage sa présence. Notre amitié évidemment est devenue plus forte, solide et évidente. Il n’a pas profité de ma vulnérabilité. Au contraire. Il a été véritablement présent pour moi. Plus ouvertement mais toujours aussi respectueux et chevaleresque. Nous nous sommes indiscutablement rapprochés durant cette période.

D’ailleurs, il était présent lorsque ce fut le premier anniversaire de ton départ. Nous étions dans un gala organisé dans le cadre de nos emplois. Cette journée-là, mon ex a été d’un égoïsme rare encore une fois. Me faisant une crise car c’était long et plate. Me faisant une scène, menaçant de partir, de revenir me chercher plus tard. Moi, je l’ai accompagné à de si nombreuses occasions dans le cadre de son boulot. Sans rechigner. C’était aussi l’anniversaire de ta mort. Son insensibilité m’a sidérée; je ne m’y suis jamais faite tout à fait. Espérant toujours mieux du père de mes fils. J’ai inventé une crise d’anxiété (il y avait beaucoup de gens) et un surmenage au boulot pour excuser ce que certaines personnes auraient pu voir ou entendre. Son attitude m’a fait sentir encore plus seule. Et seule, je me sentais si profondément déjà depuis ta mort.

L’alcool coulait à flot à cette occasion. Je bois peu. Je n’ai jamais ''virer de brosse'' et je suis d’ordinaire très raisonnable. J’ai bu. Plus que de raison. À avoir du mal à marcher, à en avoir oublié des bouts au sujet de cette soirée. Chose qui ne m’était à vrai dire, jamais arriver. J’ai pleuré, ça je sais. Je me suis cramponné à la main de mon ami et collègue. Je ne m’en souvenais plus, mais il me l’a rappelé. Que personne n’ait rien vu, est étonnant. Sous le nez de mon mari d’alors qui plus est. Au moment de partir, il était pressé et est parti comme une fusée. J’ai pris le bras de mon collègue et ami. Pour me donner contenance, j’arrivais à peine à marcher. Je me suis déposée contre lui. Je me suis sentie en sécurité, mais ivre, tout était vague. C’est aussi à son bras que j’ai descendu l’escalier. Ensuite, tout devient flou.

Nous devions aller le reconduire chez lui, mais nous avons fait un détour pour un café et, un tour sur le bord de l’eau. Mon ex a été seul sur le bord de l’eau. Nous laissant seuls. Ensemble. J’étais tellement, tellement ivre! Mais j’étais avec cet homme que j’aimais, et je savais que j’étais en sécurité. J’avais plus qu’engourdi mon mal. J’avais carrément noyer ma peine de ce premier anniversaire dans une quantité ridicule d’alcool. Tout ce que j’ai trouvé à faire, c’est taquiner cet homme que j’aimais. Au sujet d’une représentante qui en pinçait pour lui. J’étais jalouse! Et comme une gamine jalouse je le taquinais sans répit. Il a été d’une tendresse et d’une patience. Il a veillé sur moi, et je ne le savais pas encore, mais il me couvrait d’un regard amoureux. Il me trouvait belle, et était attendri, alors que moi, comme une enfant devant son intérêt romantique, je le piquais et le taquinais. Inutile de dire que lorsque j’ai retrouvé mes esprits le lendemain matin, j’étais embarrassée. La situation était en soi étrange et en plus j’avais montré à mon ami une facette de moi ou deux, don’t je n’étais pas particulièrement fière. Il n’en a pas fait de cas, avec sa bonté, sa tendresse et son empathie habituelles.

Cette longue anecdote simplement pour dire, qu’il était à mes côtés assez drôlement, lors du cap du premier anniversaire de ta mort. Mon ex fuyait à la moindre occasion, mais mon futur mari était à mes côtés. Tu l’aimerais c’est certain. Il y est pour beaucoup dans ma joie de vivre retrouvée, et, la progression positive de mon deuil. Et toi, ta mort est une des portes qui m’a permis de franchir les murs que je m’imposais face à mes sentiments pour lui. À ta mort j’ai su que mon union avec le père de mes fils qui était expriée depuis longtemps, devait et allait prendre fin. Je n’y étais pas heureuse. Je ne savais pas ni quand ni comment, mais ce départ au sujet duquel je tergiversais intérieurement depuis des années, allait se produire. Après ta mort, je me suis juré de vivre. Et non pas seulement de survivre et exister. Les événements ont déferlé entre lui et moi. Lui, étant mon présent mari. Dans sa vie et dans la mienne. Nous étions deux aimants depuis le premier regard. Je comprends que c’était une question de temps. Nous, c’était inévitable. Je suis heureuse désormais, Réal. Me reste juste à retrouver mon père. Ce qui te fera sans doute plaisir.

Ça fera quatre ans cette année et ça me choque. Autant d’année sans toi. Je peux plus raconter d’histoire lorsque je vais moins bien. Tu ne passerais jamais quatre ans sans me voir, sans voir les enfants. Et moi non plus je ne passerais pas autant de temps sans contact avec toi. J’ai toujours une appréhension qui commence en février et qui connaît son apothéose vers le treize avril. Je ne sais jamais comment je vais me sentir. Comment je vais vivre et revivre ces jours, ces semaines, puis ce jour et puis de nouveau ces jours. Tu laisses un cratère abyssal de vide dans ma vie. Tu me manques. Même si mon Amoureux a apaisé mon chagrin. Et le temps aussi. Ton absence elle, ses effets sur mon cœur son variables. Certains jours je ris et je souris en pensant à toi. Il y en a beaucoup plus de ceux-là. C’est sans doute ce que tu voudrais. Ce que tu veux. Lorsque les garçons t’évoquent, mon cœur se serre tout en éprouvant une douce chaleur. Lorsque certaines dates, certains souvenirs remontent, mes larmes piquent mes yeux et remontent. Il y a aussi ces nombreux moments ou ton absence réveille des cris et le manque absurde de ta personne. Parfois des joies que j’aurais voulu partager avec toi. Sais-tu que je me suis surprise à te chercher sur mes photos de mariage? Je me suis dit que c’est parce que, comme lors de chaque événement, c’est toi qui prends les photos. À quel point je suis pétée et brisée de manière ridicule parfois! J’aurais tellement voulu que tu sois présent. J’aurais tellement voulu que tu sois témoin des retrouvailles de maman et de mes fils. J’entends des gens bien intentionnés me dire que tu étais là, sous une forme ou une autre. Et ils ont raison, je le sais bien. Mais moi, c’est toi au complet de qui je réclame la présence. Je dois me contenter comme tout mortel, de croire que tu étais parmi nous, n’est-ce pas? Parfois ça fonctionne, parfois je te sens. Parfois ce n’est simplement pas assez. Je dois être bien ingrate. Que veux-tu! À mon âge on ne se refait pas, hein?

Bref... tu me manques. C’est ça qui est ça. Ta force tranquille. Ta présence indéfectible dans les pires et les meilleurs moments, et lors de tous les moments entre le meilleur et le pire. Une part de moi cherche encore comment vivre sans ta présence rassurante, aimante et si importante.


 

Monday, January 24, 2022

Peau, humidité et intimité



À quarante ans, la femme en moi a totalement émerger. Il n’est jamais trop tard. Jamais. Pour sentir Niagara quand notre proximité devenait insoutenable. Pour comprendre ce corps que j’avais utilisé pour exister, pour traverser l’existence, jusqu’à toi. Pour porter la vie. Moments bénis qui m’ont enseigné tellement de choses. Ce corps, tu sais mieux que quiconque à quel point je l’ai négligé, maltraité et pas écouté. Pour mois, c’était un véhicule. Oui une grosse libido, mais tellement de choses que je ne savais pas, que je ne comprenais pas, jusqu’à toi. Un ami un soir, cet été 2019, m’a dit que j’étais un peu comme une vierge. Je n’ai pas trop apprécié son commentaire sur le coup, pas plus que sa ligne de pensée.

Avec le recul, il avait tout de même compris quelque chose que moi je n’avais pas encore compris. La sexualité pour moi est très importante, sacrée et magique. Pour les autres je suis extrêmement ouverte. Pour moi j’avais une bonne idée de mes limites, mais je ne savais pas lesquelles, dans un contexte de confiance et d’épanouissement. Très tôt j’ai eu une très bonne idée de ce qui se passait entre un homme et une femme; par le cœur et par le cul. Résultat? J’ai voulu fermer mon cœur à double tour et, mon cul, j’étais déterminée à l’offrir à un seul homme. Pour faire des enfants. Pas très romantique, je sais. Mais je proviens d'un milieu dans lequel j'ai été trop exposée à des vies d’adultes holé holé. Je viens d’un univers étrange qui m’a fait voir et vivre des choses par autrui, beaucoup trop et trop tôt. J’ai aussi été violée très brutalement à onze ans. Je me suis enfermée dans un mariage de tête et pas du tout de cœur, au sein duquel la sexualité elle aussi aura été teintée d’abus, d’excès et même, de maladie et de perversion (émanant de mon ex-mari). Rien pour m’épanouir ou m’ouvrir; ni le cœur, ni les cuisses.

J’ai développé une relation particulière avec un vibrateur et mes mains. Pour le reste, beaucoup de vécu, mais pas autant d’expérience, si cela peut faire du sens. Pour moi, cela fait beaucoup de sens. Il y avait tellement de nouvelles sensations, physiques et de nouvelles émotions. Ce fut une période bouleversante, que ces premiers moi d’intimité avec celui qui deviendrait mon second mari.

Explorer, se donner, vibrer. Ma peau en feu, la flotte dans mes petites culottes et un appétit dévorant. Je lui avais déclarer le plus honnêtement du monde, lorsqu’il m’avait offert son cœur, que moi, le sexe, je ne savais pas quelle place cela prendrait advenant que j’entre dans une nouvelle relation. Chose que je n’avais même pas envisagée! Je savais que je quitterais mon premier mari, mais je ne savais pas encore ni quand et comment, et très certainement pas au profit d’une autre relation. Ce n’était pas dans mes plans. Je ne comptais pas m’offrir, à personne. Avec mon vécu, je ne savais pas trop bien comment être autrement, que seule. Je croyais faire peur, je croyais mes propres mots. J’ai aussi osé mettre ses propres expériences et plus récentes pratiques sexuelles en jeu, lui disant que moi... couple ouvert no way et, certains trucs, fuck non. Sa réponse a été immédiate, et déstabilisante. ''Je suis monogame et vanille.'' Qu’il m’a dit, donnant de la chair et de la contenance à ses propos en s’ouvrant sur à quel point il avait pris conscience et fait le tour en se blessant dans sa dernière relation. Laboratoire de toutes les expériences, avec une partenaire toxique et aux besoins à des années lumières des siens. Cynique, il a tout essayé, curiosité d’un homme ennuyé, et qui a besoin d’éprouvé... quelque chose. Pour se rendre compte que ce n’est pas du tout pour lui. Il a fait le tour, il sait ce qu’il veut et ne veut plus, qu’il me dit. Il me dit aussi, qu’il a réfléchi a tout ça et plus encore, avant même de me balancer son cœur. Il dit qu’il attendra, tant qu’il peut m’embrasser, le reste est secondaire, pas essentiel. Comprendre; je suis the shit, the real deal et je vaux l’absence de sexe ou une première relation sexuelle avec zéro date existante. Pour lui, ce n’était pas ça l’important. Il était criant de sincérité et une partie de moi aurait aimé qu’il soit comme les hommes en général. Qu’il ne soit pas si honnête, vrai. Je me suis donc drapée de cette attitude farouchement durant des semaines après l’aveux de nos sentiments. Et j’étais sérieuse et sincère.

J’ignorais tellement de choses à propos de moi, à propos de nous, de ce magnétisme à la fois physique et cérébral, et émotionnel. Dès le premier baiser, que j’ai initié, j’ai été perdue. Ou m’étais-je enfin trouvée? Ce fut du feu et de l’électricité pour nous deux. Un peu comme ce soir d’orage quelques semaines auparavant aux Trois Brasseurs. Lorsque nos mains s’étaient trouvées sur la table, et que nous avions ressenti un choque au contact l’un de l’autre. Puissant, déconcertant et enivrant. J’aurais dû comprendre à ce moment, mais je ne savais pas. Et dire que ce jour-là, je lui avais dit que c’était fini de se tourner autour. Je voulais cesser de souffrir et surtout, cesser de le faire souffrir de cette danse qui n’aboutissait à rien, malgré nos cœurs réunis. Il m’a convaincue de souper ensemble, le soir même. Et évidemment, toutes mes résistances ont fondues... bref. Dès que nos lèvres se sont unies, tellement de choses se sont produites. Je parle souvent des sentiments qui nous ont envahis. Je parle rarement de l’émoi physique que j’ai ressenti. Je n’avais jamais ressenti cela et c’était aussi enivrant que déchirant, car entraînant tellement de confusion.

Quatre jours plus tard, je m’endormais nue dans son lit après notre première d’une série de moments amoureux et passionnés. C’était un appel de tout mon corps. Un élan, une confiance jamais ressentie. C’est moi, qui ai proposé de dormir chez lui ce soir-là. Non pas qu’il n’y ait pas pensé, mais avec mes paroles en tête et l’intention de les respecter scrupuleusement... c’est moi qui aie ouvert cette porte. À notre grande surprise à tout les deux. Le feu entre mes cuisses, le brasier dans mon ventre, tout mon corps le réclamait; je lui appartenais. J’étais en sécurité. J’étais là à ma place. C’était une fièvre que lui seul pouvait provoquer, et que lui seul pouvait soulager. Un appétit que lui seul pouvait déclencher et , assouvir. C’était réciproque.

Au diable mes paroles, tout ce que je croyais savoir sur moi-même. Et ce ne serait pas la seule occasion du genre...

Sunday, January 23, 2022

Beaucoup



Je suis beaucoup. Je le sais. Curieusement, j’ai passé ma vie à essayer d’être invisible. Ne faire que passer, sans faire de vagues. J’aspirais à être seule, à ne pas déranger et ne pas m’attacher. Je suis humaine, cela n’a pas toujours très bien fonctionner. La fuite cependant, je connais. J’étais ce type de personne qui donnait son 200% lorsqu’une personne était dans le besoin... et qui disparaissait lorsque les choses allaient mieux pour cette personne. Devenant injoignable, n’ayant jamais de temps, étant toujours trop occupée. Et le temps passe... et les liens s’estompent. Puis, la vie continue.

Je suis une montagne de traumas parfois même trop grande pour moi. J’ai poussé toute seule, aussi droit que je l’ai pu. Mon père vous le confirmerait, ajoutant qu’il est bien fier de comment je me suis élevée toute seule. Seule. C’était le secret depuis ma tendre enfance pour survivre, ne pas être trop blessée. La solitude est devenue mon amie et mon refuge ultime. Jusqu’à tout récemment, dans les deux dernières années, je n’avais jamais compris... que l’un de mes plus grands... problèmes, c’est mon incapacité à faire confiance. Je n’avais jamais mis le doigt dessus ainsi, jamais compris l’ampleur. Et toutes les ramifications que cela a dans mon être.

Je suis allergique au mensonge... je n’aime pas que l’on me mente. Je suis une sprinteuse professionnelle dans mes relations... je sprinte dès que j’accomli ma mission, mon devoir... ou lorsque je sens quelque chose qui cloche. Je prends mes jambes à mon cou et ciao bye.

J’ai frappé un grand grand mur de béton. Il y a deux ans et demi. En fait cela fera six ans cette année. Mais je ne pouvais plus fuir lorsqu’il a déposé son cœur entre mes mains. Nous comencions à êtres conscients de bien plus que notre chimie; nos sentiments. Je crois que j’aurais été confortable avec cette danse constituée de petites approches réciproques sans véritables conséquences. Pas lui. Je ne voulais pas le fuir, ça je le savais malheureusement trop bien. Me commettre? Pour milles bonnes raisons (mariage et famille, relation boss-employé) mais aussi pour des raisons plus obscures et personnelles... je nous ai fait patienter. Je ne voulais pas aller plus loin. Je le sais et je le comprends maintenant. J’étais confortable et en sécurité dans cette danse, alors que nous nous tournions autour de manière de plus en plus ouverte, mais sans se commettre. Ça me convenait fort bien à moi. Surtout car je savais trop bien, que nous étions la rencontre d’une vie. De plusieurs mêmes. C’était encore plus effrayant.

Je préférais demeurer dans cette zone étrange et parfois inconfortable de l’amie... plus qu’une amie, mais pas disponible. Encore protégée par ce mariage malheureux aux apparences idéales. Quitte à le voir rompre, être libre comme l’air... puis le voir chercher de la compagnie féminie à défaut de l’Amour auquel il aspirait si fort depuis... l’enfance. Quitte à avoir peur de le voir s’engager de nouveau, car je ne ferais rien s’il formait de nouveau un couple. J’en suis incapable. Quoi que, à ce stade de sa vie, après avoir donné à une relation toxique en essayant si fort... mais l’amour n’y était encore une fois, simplement pas... il était cynique et résolu à ne pas former de couple à moins que ce soit LA bonne. LA sienne. L’Amour. Pas de couple, mais ce sursaut de vie, cette pulsion de trouver, qui l’emmenait à rencontrer. Et je préférais l’écouter me parler de ses recherches, de ses rencontres, même si cela m’éraflait le cœur. Plutôt que de me commettre, de m’ouvrir.

À un certain moment donné donc, il m’a offert son cœur. Une première pour lui... et pour moi. Il a trouvé ce courage que moi je n’avais pas. À ce moment, le plus que je pouvais lui offrir était de lui dire que je réciproquais ses sentiments mais... cela prendrait des semaines avant que je franchisse à mon tour un grand pas dans sa direction. Dont quoi qu’il advienne, la vie ne serait plus jamais pareille. Des semaines. Et sur le champ, juste après lui avoir avoué à mon tour mes sentiments, je lui ai martelé que j’étais... beaucoup. Pour lui faire peur, en espérant le décourager... mais j’étais aussi très sincère. Je suis un peu singulière en plusieurs points, et je suis bourrée de traumas avec des conséquences et des marques. Sur mon âme, dans certains comportements et certaines réactions. Une parmi tant d’autres que j’ai brandie sous son nez? J’avais 40 ans, je n’avais eu qu’un seul partenaire sexuel, et un viol atroce d’une violence inouïe à 11 ans. Je pensais quitter le père de mes enfants... mais jamais n’avais-je envisager que je serais de nouveau avec quelqu’un. Je ne savais donc pas comment je pourrais être en couple avec quelqu’un d’autre. Jusqu’à lui, je n’y avais même pas pensé, même pas envisagé. Le concept d’intimité m’intimidait beaucoup, surtout que contrairement à mon union avec le père de mes enfants, mon cœur était en jeu. Pour la toute première fois de ma vie. Les notions d’intimité et d’intimité sexuelle, m’intimidaient au plus au point. Ma seule union avait renforcer certaines blessures et en avaient rajouté et creuser de nombreuses autres. Je ne me savais pas capable de me donner et encore moins de m’abandonner. Et à mes yeux, il méritait mieux. Que moi. Ainsi, je me suis retrouvée à lui dire, que j’étais beaucoup.

Pétrie de blessures, de traumas, de drôles de réactions possibles. Je suis aussi une créature étrange qui a appris à se fondre en société et à se conformer. Je mimique à merveille, et je sais très bien lire ce que les gens désirent et attendent de moi. Ainsi depuis l’enfance, je passe inaperçu ou presque. Passant entre les mailles de nombreux filets et, indétectable sous les radars humains. Je serpentais ma vie presque avec insouciance, certainement avec un peu trop d’aisance, jusqu’à lui. Au fond sous mes airs solide, ardente et déterminée, se cache une femme très seule qui a ses doutes, ses peurs et bien des blessures. Une personne maladroite, parfois un peu naïve et au cœur trop tendre. Une personne sauvage et un peu perdue, quoi qu’elle ait pu essayer pour corriger ou entrer dans les normes. Au mieux, je savais mimiquer, j’improvise trop bien et j’ai une aptitude hallucinante pour déceler les désirs et les attentes d’autrui. C’est comme ça que je naviguais les eaux de ma vie jusqu’à lui.

J’ai essayé de lui faire peur, de le décourager, de le repousser. Un immense pincement au cœur, remplacé par un curieux mélange de soulagement et de panique devant son refus catégorique de renoncer ou de battre en retraite. Il se posait là et s’imposait. Respectueuse mais inébranlable force tranquille. Je lui ai donc dit de facto que j’étais beaucoup. Je sais que je suis particulière, aimable à mes heures, et que j’ai l’air fascinante. La réalité c’est autre chose, et j’ai été brutalement franche avec lui. Pas de cachette, il allait savoir à qui il avait affaire. Je lui ai offert une porte de sortie, il ne l’a même pas regardée.

Des semaines se sont écoulées, j’ai essayé de le repousser, de résister... puis, j’ai cédé. Je me rends. Un matin, j’ai su. Je le savais un peu beaucoup depuis le premier regard; notre rencontre n’avait rien d’ordinaire. Un cadeau que je refusais obstinément, de peur de ne pas le mériter, de le gâcher, de le perdre, comme tout le reste. Je savais aussi, que malgré nos sentiments puissants et cette ''fatale attraction'' si profonde... je pouvais gâcher cet état de grâce et le blesser. Ce que je ne désirais nullement. Ce matin là, je l’attendais, je savais que nos vies allaient prendre un tournant décisif. Il était venu la veille, et l’ombre d’un baiser avait très peu subtilement planer entre nous. Je m’étais sauvée comme une pleutre, paniquée. Ça se comprend sans doute et pourtant, je sentais que c’était... une erreur? Presque contre nature. Difficile à expliquer si on a pas vécue une telle alchimie, une telle connexion, de telles retrouvailles cosmiques. Et oui je sais à quel point ça sonne à la fois quétaine et ésomantante. Moi-même avant de vivre ceci, je n’y croyais pas, je roulais des yeux et je méprisais un peu secrètement ce type de concept, croisement entre Harlequin et Disney.

Ce jour-là, je l’ai embrassé, alors qu’il croyait m’avoir perdue et devoir faire une croix sur nous, sur moi. Tout en sachant qu’il ne pourrait pas. Il m’avait offert son cœur, je lui ai retourné la pareille de toute mon âme ce jour-là. Dès ce moment, nous avons formé un couple. Et il est adorablement intraitable à ce sujet... et je suis tout à fait du même avis. De mon côté j’ai su que j’étais enfin rentrée à la maison. Un sentiment incroyable et une réalisation surréelle. Idem pour lui, sa quête était terminée, il ne cherchait plus. Il m’avait trouvée et, me tenait contre lui. Avec l’intention de ne pas me laisser partir et, sachant déjà qu’il voulait m’épouser. Ça je ne le savais pas, et c’est tant mieux car j’avais déjà peur et je ne comptais pas me remarier à ce moment-là. J’étais d’ailleurs toujours mariée au père de mes merveilleux fils.

Depuis, je lui ai montré à quel point je suis beaucoup. Nous évoluons ensemble dans une relation très fusionnelle et authentique. Il n’a jamais même pensé prendre la poudre d’escampette. Il a parfois omis, voulu me protéger pour certaines périodes. Il est toujours là, plus solide et amoureux que jamais. Il a aiguisé son courage au contact de mes blessures, de mes carences et de mes traumas et leurs ramifications dans mon être. Du courage, il n’en manque pas. Il a parfois trébuché, mais n’a jamais perdu pied. Il n’avait jamais daigné utiliser son courage et mettre son cœur en jeu ainsi auparavant. Il ressentait toujours un certain détachement, une certaine indifférence pour laquelle il devait toujours compenser. Un peu comme moi, passé maître dans l’art de donner forme aux attentes et désirs des autres. Méthode qui ne se révélait pas toujours sans faille, certaines détectant son détachement à des degrés divers. Une fois pris avec le real deal aka moi, c’était une autre histoire. Nous avons fait battre nos cœurs en symbiose au premier regard, nous avons fait jaillir des sentiments que nous ne savions pas pouvoir éprouver, qui se sont révélés, réveillés et imposés à nous au fil du temps. À se côtoyer, se découvrir et se tourner autour, au quotidien au boulot. Et dans cette amitié dans laquelle nous avions tout les deux ranger nos véritables sentiments pour d’honnêtes raisons variées.

Il y a de mes blessures très grandes, qui font très peur. La peur principale? Me perdre. Parfois on peut perdre du vue la force des liens, surtout car nous y sommes tellement vulnérables. Parfois une réponse à une question précise a attendu avant de se révéler. Parfois. Sans conséquence, sans importance, mais, cela réveille mes blessures. Aujourd’hui, le courage est pleinement déployé. Mais l’époque au cours de laquelle nous découvrions encore l’étendue de nos sentiments, de notre amour et toute son étendue et sa profondeur. Époque aux nombreux bouleversements. Nous étions vulnérables, nous avions peur de beaucoup de choses, nous avancions ensemble dans l’inconnu d’un nous alors plus grand que nous deux. Désormais nous l’incarnons, nous le savons, et nous sommes. La communication est limpide, le lien transparent et le courage, décuplé. Devenu une évidence. En fait peut-on parler de courage? Dans l’optique ou je lui avais claironné qu’il fallait être fait fort pour composer avec moi... oui. Nous avons beaucoup grandi au contact l’un de l’autre. Le courage dont je le voyais pourvu, brille désormais dans toute sa personne. Se déployant dans toutes ses actions, ses choix et ses décisions. Il est plus mûr et éclairé, et sûr de lui. Évoluer et croître ensemble est un tel bonheur, un réel privilège.

Je suis encore convaincue que je suis beaucoup, certains jours. Je sais cependant que pour lui, je ne suis jamais trop, ni beaucoup. Juste assez. Faite pour lui. Jumeaux cosmiques, âmes sœurs majeures, anam cara, flammes jumelles... appelez cela comme bon vous semble. J’ai trouvé celui qui sait m’aimer entière, sans masques, murs, ni zones interdites. Il connaît chaque recoin, et il les embrasse sans hésiter, avec un amour absolu. Que je lui retourne parfaitement et totalement.

 


Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...