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Tuesday, July 19, 2022

Dénouer

Depuis notre première rencontre, notre première nuit, et toute notre vie à deux depuis, mon nez de chien pisteur était aux aguets. J’ai une intuition très forte. Surtout en certains domaines sensibles. L’expérience dans ma chair, des années de recherches, de formation et d’écoute, au travers plusieurs activités bénévoles. J’ai un radar pour certaines blessures en particulier. Au fil de notre vie à deux, j’ai eu des indices confirmant mes soupçons, mais, toi, tu n’en étais pas conscient. Il fallait que toi, tu fasses le chemin. Tout à coup, je me souviens d’un soir au Rockaberry dans les tous premiers mois de notre vie de couple. Tu m’as fait des confidences ahurissantes. Avec retenue et doute, par peur de te faire juger. Tu m’as confié un lourd secret, et tu attendais un peu que je me sauve, que je sois choquée. Comme si tu déposais ton cœur une seconde fois entre mes mains, accompagné d’une bombe. Mon cœur a explosé, mais j’ai gardé mon calme. J’ai eu mal, en t’écoutant. Je voulais être là pour toi, c’est ce que j’ai fait. Malgré toutes les alarmes déclenchées dans ma tête. J’ai su à ce moment-là, de quoi il s’agissait. C’était clair. Pour moi. Pas pour toi. Pas encore. Tu étais si jeune, et avec ton vécu…

La vie a suivi son cours, et nous voilà. Tu as défait des nœuds, trancher des liens, dernièrement. Sur ce chemin, qui a pris des allures d’examen de conscience par bout, tu as revisité plusieurs moments et souvenirs. Pour moi, ta vie s’explique, mais il y avait ce bout qui manquait, ce quelque chose qui clochait. Tu sais à quel point je suis une tête chercheuse. J’ai du mal à lâcher le morceau, surtout lorsque j’aime et que je sais. Tu avais réalisé déjà beaucoup de choses, mais voilà que ces souvenirs sont remontés. Prenant un nouveau sens, prenant tout leur sens, révélant leurs vraies couleurs. Tout est remonté, tout se révèle et ça fait du bien et ça fait mal en même temps.

Tu as trouvé l’origine de ton mal. Oui tu me cherchais, c’est indéniable, mais tu fuyais aussi une blessure trop grande et incomprise. Tu t’es construit sur un trauma et pas un petit. Cela explique tellement de choses. Tout en fait. Ça fait mal et ça fait du bien en même temps. De ne plus être dans le noir, de ne plus mener sa vie à l’aveuglette. Tu as survécu, maintenant, c’est le temps de guérir et de vivre. Doucement, un pas à la fois, et je serai toujours là, à tes côtés.

La nature de ton traumatisme et les circonstances qui l’ont étouffé et qui ont ajouté une couche de honte supplémentaire, laissent des traces profondes. Des cicatrices. L’âge tendre auquel cela s’est produit, ajoute encore au traumatisme. Tellememt de honte, de silence, de solitude et de questions et de douleur. Un secret lourd. Beaucoup d’incompréhension, beaucoup d’interrogations en suspend. Tu étais déjà vulnérable qui plus est. Tu t’es construit et tu as vécu et chercher tes réponses toi-même au fil du temps. Entre ta nature sensible et, cet autre part d’ombre née de blessures et traumas, qui grandissait au même rythme que toi. Tu n’avais pas conscience que cela faisait partie de toi, que cela n’était pas un monstre. Que TU n’étais pas un monstre. Tu t’es infligé bien des blessures, tu t’es fait mal en cherchant. Tu me cherchais, tu cherchais aussi des réponses. C’est très simplifié, mais ça dit beaucoup. Tu étais très divisé, tu vivais beaucoup de dissociation.

Maintenant, c’est le temps de réconcilier, panser, soigner, guérir. Ton autre voyage peut commencer. Je ressens un profond soulagement. Cela explique toutes ces choses que je sentais, que je voyais mais auxuquelles il manquait des aspects, des fils coupés. Un manque de concordances alors que je te voyais si clairement. Hallucinant à quel point tout s’éclaire. À partir de maintenant, ça ira encore beaucoup mieux. Des défis, des pleurs, des hauts et des bas. Tu es mon guerrier, mon cœur sur deux pattes, et tu as tout à gagner à plonger dans cette plaie et en ressortir, plus fort et plus grand. Et dans ton cas, ce n’est pas peu dire. 


 

Tuesday, March 29, 2022

Sans laisser de traces

Tout à coup, lorsque nous nous sommes embrassés, pour toi, il y a eu un trait tiré sur ta vie avant. Avant moi. Avant nous. Sur ta vie, que tu continuais de mener en automate, jusqu’à la quasi dernière minute, ne croyant pas que je quitterais le père de mes enfants. Que je ferais éclater mon mariage que tu croyais encore heureux (oui, j’étais persuasive à ce point) et cette famille qui elle, était toute ma vie. En contemplant les choses sous cet angle, no wonder que tu aies continuer, même si le cœur n’y était pas (nous nous parlions ouvertement) avec ta fréquentation de l’époque. Tu n’étais pas en couple, tu avais une amie avec bénéfices si on peut dire. Tu entretenais aussi un tas de liens pas très sains, des portes mal fermées. Lorsque tu traversais des creux, tu avais tendance à retourner en arrière pour rechercher des rushs, pour te sentir vivant ou te blesser. Les portes mal fermées avec des exs, des aventures et des expériences, il y en avait beaucoup. Ton ex parmi celles-là.

Tout à coup, toute cette foule de demoiselles et dames éprises à divers degrés, se sont retrouvées sans prise sur toi. Parfois tu as laissé du temps passer, rarement as-tu fermer les nombreuses portes. Heureusement, tu l’as fait dernièrement et c’est une bonne chose. Toujours une bonne chose de boucler les boucles et fermer les portes. Mais à l’époque, tu n’avais plus aucun désir d’entendre parler de ta vie avant nous. Tu prendrais des mois à te dégager de certaines communications, soucieux dans quelques cas, de ne pas blesser. Par habitude un peu aussi. Tu avais l’habitude de son bassin de vestiges de relations toxiques diverses. Tu le savais, mais tu fermais les yeux? Pas aussi simple. Tu marchais ta vie comme un automate, le cœur gelé mais malheureux en même temps. À défaut de ressentir l’amour tant recherché, tu te shootait avec des expériences diverses, des femmes de plus en plus tordues. Tu avais un réel réseau de possibilités pour revenir en arrière, les jours de disette émotionnelle. Lorsque tu n’en pouvais plus de la présence de ton cœur que tu croyais froid, que cela pesait sur toi et que tu voulais tromper ta solitude si grande en allant vers des situations faciles, une danse que tu connaissais et des portes que consciemment ou non, tu savais encore ouvertes.

C’est tout un cimetière impressionnant et très varié d’âme en peine que tu as créée lorsque nous nous sommes embrassés. Instantanément, toutes ces personnes se sont retrouvées aux oubliettes. Tu ne l’as pas signifié à toutes ces personnes, mais toi, tu étais ailleurs. D’une loyauté et d’une fidélité indéfectible. Tu as aussi été avalé par les circonstances et événements entraînés par ma séparation explosive avec mon ex. Ce ne furent pas des mois faciles, ni pour lui, ni pour nous. Nous avons été happés par des situations personnelles et professionnelles. Notre Amour grandissait à vue d’œil et nous consumait positivement, nous faisant renaître tout les deux. Entre notre Amour, les circonstances au boulot (nous travaillions ensemble) et dans ma vie privée, dont tu étais partie intégrante désormais, tu n’avais plus le temps pour ces histoires du passé. Ne serait-ce que pour les régler. C’est passé au second plan.

Pas étonnant le décalage, les portes mal fermée, le cimetière aux nombreuses âmes en peine que tu as enterrées vivantes, sans un regard en arrière. Pas étonnant, tu as quitté toutes ces personnes, sans un mot, sans laisser de traces. Tout à coup, tu n’étais plus disponible pour un flirt, un café menant à une nuit, ou quelques conversations coquines faisant revivre un passé. Tu ignorais les messages pour la plupart. Tu as été transparent, je savais très bien à quoi m’en tenir et, je t’avais donné mon opinion au sujet des portes mal fermées. Des situations laissées en suspend. Des attentes créées alors que toi tu avais tourné le dos définitivement à tout cela, d’un coup.

Tu étais disponible, beau et gentil. Nombreuses sont les personnes qui continuaient d’espérer, de rôder. Je n’étais pas surprise, je t’en avais parler bien franchement. Tu étais embarrassé et écoeuré. Partir sans laisser de traces, après avoir volontairement ou non, nourri des liens… toi, tu as continué ta route. Sans te retourner, mais ces personnes sont demeurées accrocher à des degrés divers. Habituées à une dynamique, un des cycles. Tu es parti sans laisser de traces, mener ta vie. Pour toi, c’était l’équivalent de couper les ponts. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Tu n'as pas laissé de traces, au sens ou, tu t’es évanoui dans la nature. Tu as laissé derrière toi, celui que tu étais avant nous. Un être malheureux et tourmenté, qui cherchait l’ivresse et à se sentir vivant, dans un amas de corps et d’êtres. Prenant, et surtout, donnant. Donnant plus, pour compenser pour ce que ton cœur ne pouvait ressentir, retourner, ni offrir. Pour toi, l’avant et l’après étaient très clairs. Les âmes en peine, laissées dans l’ombre. Tu n’as pas laissé de traces, personne ne savait cette cassure entre ton avant et ton après depuis nous. Personne ne savait ce que tu étais devenu, ou tu étais rendu. Tu n’avais aucun désir de laisser de traces non plus.

Ce qui n’est pas réglé remonte toujours à la surface et tu as dû couper des liens, brûler des ponts et remettre des pendules à l’heure. Tu en as profité pour faire le tour du cimetière des cœurs brisés, et t’assurer que cette fois, toutes les portes étaient bel et bien fermées. Partir sans laisser de traces, c’est tentant. Surtout lorsque tu veux mettre tout derrière toi, sans rappel. Malheureusement c’est rarement une bonne idée. Nous sommes à toute épreuve bien sincèrement, mais c’est une bonne chose d’avoir fait le grand ménage de manière investie, franche, sincère et courageuse.

Les histoires mortes peuvent trouver repos désormais dans leur cimetière commun. Nous, nous continuons notre route, heureux, unis et en laissant une trace claire. Il y a un avant et un après, c’est désormais clair. Plus clair qu’une photo de mariage comme photo de profile FB. Plus clair pour toutes celles qui me suivaient sur IG et les autres. Personnellement, je suis heureuse pour toi.

Partir sans laisser de traces, c’est fuir. Tu n’es pas un fuyard. Tu as remis les choses en ordre, surtout pour toi. Moi, je le vois comme ça et je suis heureuse. Je sais à quel point, tu es libéré, léger et heureux. Dégagé. Tu as finalement laissé des traces assumées, et tu as fermer les livre et les portes. Le reste leur appartient, toi, tu peux regarder devant, marcher la tête haute et le cœur en paix. 


 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...