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Tuesday, July 12, 2022

Être au pluriel

 

Retomber en enfance, réclamer toute mon innocence. Aimer avec l’intensité absolue de l’adolescence. Être cette femme, que je suis. Au-delà des regards et des attentes. Être l’une et multiple. Enfin libérée. Libre. L’ironie d’avoir été si longtemps une ‘’shape shifter’’ sans m’être permise d’être toutes celles que j’étais, moi. Son regard coule d’entre mes cuisses à mon âme. Je suis mûre, prête à m’offrir, au seul homme que je n’attendais plus. Car il est l’unique qui m’ait toutes vues. M’aimant totalement et inconditionnellement. Pour toute celles que je suis. Le bonheur délicieux de m’aimer entièrement, se répand partout en moi. Il était temps.

Je me permets d’être celle que je suis, celle que j’ai envie, parmi toute ma panoplie. La petite fille en moi, est guérie de beaucoup de traumas et autres blessures et elle s’exprime beaucoup. Elle apparaît très souvent. Elle n’a jamais été bien bien loin. De là cette capacité à m’émerveiller dont on me parle souvent. Je crois que c’en est elle la détentrice, la source. Malheureusement, elle avait tendance à demeurer loin, à l’abri auparavant. Dans ma présente relation, non seulement je me sens en sécurité et elle aussi, mais de plus, elle trouve un grand complice dans le petit garçon qui loge dans le cœur de mon mari.

Idem pour l’adolescente que je n’ai guère été! Je n’ai pas vécu une adolescence typique. Je crois que du fait de ma nature je n’avais pas ce qu’il fallait pour vivre une adolescence mouvementée. Ma vie était assez mouvementée. Je n’éprouvais pas le besoin d’en rajouter. Bien au contraire! Et je ne voudrais pas retourner en arrière. Cependant, j’avais cette fougue que j’étouffais au profit d’une froideur qui me permettait de gérer les situations difficiles et de traverser les moments ardus. Je possède toujours cette fougue, et elle s’est embrasée au contact de mon Mari. Certains rêves demeurés morts et enterrés revivent avec Lui. Il n’est jamais trop tard.

J’ai toujours su que j’étais plusieurs facettes, plusieurs femmes et qu’elles étaient une en moi. J’en ai simplement laissé volontairement certaines dans l’ombre. Jusqu’à les oublier. Les négliger. Les étouffer. Les enterrer vivantes. Cruauté que je m’infligeais sans même sourciller, mais dont le poids se faisait sentir, plus le temps passant.

Épanouie, en sécurité et guérie. Elles ont toutes fleuries mon âme, dans un seul souffle. Lui, les a vues ou devinées, pour certaines. Il me savait, comme je le savais. C’est très particulier cette manière que nous avons de nous voir depuis le premier regard. Toutes nos facettes sont complémentaires, et trouvent leurs partenaires chez l’autre. C’est une danse complète, perpétuelle et absolue aussi troublante que magique et magnifique.

Être au pluriel, c’est une chose magnifique. Une forme de liberté qui s’exprime dans toute la singularité de ma personne épanouie. Dans une relation ou les tabous n’ont pas leur place. Assez drôlement, des tabous, nous n’en avons aucun. Ce qui nous permet aussi de délimiter, ensemble, les frontières de notre territoire. Un territoire que nous défendons férocement, tout les deux, avec la même intensité. Cette ouverture d’esprit et cette confiance infinie entre nous, nous rend plus exclusifs encore. Nous avons soif et faim l’un de l’autre, et il n’y a de la place pour personne d’autre. Et à nous deux, nous sommes suffisamment de facettes. 😊


Tuesday, February 8, 2022

Couper les fils

Dans les derniers jours, tu as entrepris une démarche profonde. Nécessaire et noble. Pas nécessairement facile, ni simple. Tu as décidé de revisiter ton passé amoureux, de couper les liens, de fermer les portes. J’étais aux premières loges, à tes côtés. Ce que tu as vécu, avant nous, a défilé devant mes yeux, dans les moindres détails. C’était un pèlerinage très douloureux, parfois insoutenable. En revanche tu en ressors grandi, fier, entier et surtout, libre. Moi, je te comprends encore mieux, plus profondément. Ton histoire et l’interprétation que tu en as, font du sens. Jusqu’à des niveaux d’une profondeur inouïe. Ta douleur est ma douleur, je prends tout sans hésiter. Tu m’aimes de la même manière.

Je trouve ta démarche très saine et courageuse. Surtout étant donné que tu l’as fait avec une grande franchise et une grande lucidité. Prenant les torts qui te reviennent, mais faisant face aux torts qui t’ont été fait, dont certains que tu t’es infligé toi-même. Après être passé au travers de ta tout cela à tes côtés, tellement de choses s’assemblent et prennent tout leur sens.

Les détails t’appartiennent évidemment. Ce que moi je constate, c’est à quel point je t’ai vu juste. Très juste. Encore plus juste que nous le pensions tout les deux. Je reviens souvent sur le fait que je trouve très surprenant et cocasse que la très grande majorité de filles et femmes qui ont traversé ta vie et ton lit, n’ait vu que le beau gars au sourire candide. Il faut dire que, tu n’offrais souvent que cette parcelle de ton âme. Croyant ne pas avoir de cœur car tu ne ressentais jamais autre chose qu’un pincement lorsque tu disais ''je t’aime''. Tu essayais, tu offrais ce qui était demandé, tu incarnais un idéal. Ce n’étais pas si difficile car c’est une partie de toi. Mais une partie seulement. Tu as cherché LA tienne de manière frénétique, en te posant de plus en plus de question sur toi. Sur ton cœur en particulier. Tu as fini par croire que tu n’avais pas de cœur, tu as essayé d’autres types de relations, tu as cherché des femmes différentes et de plus en plus torturée. Tu es devenu cynique, engourdi et blasé. Tu t’es divisé, tu t’es éloigné de toi, tu t’es perdu. C’est une manière très sommaire de condenser et expliquer cette partie de ton vécu. Tu t’es brûlé, tu t’es blessé, tu t’es prêté à plusieurs jeux, à reculons. En espérant ressentir quelque chose, en espérant trouver TA personne. En dernier, tu étais à vif, dégoûté, blasé. Tu étais presque anesthésié, avec cette impression (pas tout à fait fausse) d’avoir fait le tour de tout ce qui était possible d’essayer et de connaître. Tu étais terriblement blessé, mais tu t’ignorais et tu continuais d’avancer comme un automate. Parfois, dans une période plus creuse et plus noire ou la solitude et la vérité de ta situation venait te pincer le cœur, te projetant dans les noirceurs de tes blessures, tu avais besoin de rushs, de ressentir quelque chose, de te sentir vivant, de ne pas te sentir comme un monstre, ou seul. Tu reculais, tu retournais vers des liens toxiques mais parfois faciles, te shooter. Les effets ne duraient jamais longtemps. Tu as traversé une jungle particulièrement meurtrière juste avant que nos routes se croisent enfin. Malheureusement, je me suis affichée solidement mariée et indisponible et cela nous aura pris des années à enfin cesser de prétendre que nous, ce n’était qu’une amitié particulière. Tu as choisi d’essayer de te caser, tu as mis ton énergie dans une relation, ta plus stable et plus longue. Celle qui a débutée sous mes yeux ahuris et mon cœur déjà gros... alors que nous nous connaissions à peine et que cela ne faisait aucun sens. Maintenant cela prend tout son sens. Ça, et tout le reste.

Cette relation a été toxique et douloureuse. Désillusion et un essai et un échec que tu refusais, sous peine d’affronter encore une vie que tu ne connaissais que trop bien. Tu as donc préféré redoubler d’effort pour faire fonctionner quelque chose qui n’existait que d’un côté. Celui de ta copine du temps. Tu as de nouveau lentement sombré dans tes vieilles habitudes, dans cette relation ouverte, toxique et douloureuse à plus d’un niveau. C’était vivre les deux contextes les plus toxiques pour toi, en même temps. Simuler une vie de couple, un couple au sein duquel tu dépérissais, tout en ayant la permission de retourner à tes veilles habitudes, tes vieux liens.

Lorsque je t’ai rencontré... j’ai vu clair en toi, comme tu as vu clair en moi. Cela ne veut pas dire que chaque morceau de ta vie faisait du sens. J’en avais encore beaucoup à apprendre sur toi. Cependant, avec le recul, ce que je voyais de toi, sans avoir les détails, ça fait tellement de sens. Je ne voyais pas un type séduisant comme un rayon de soleil, charmant et candide. Je voyais un homme torturé, tourmenté, avec beaucoup de noirceur. Des yeux pleins de douleur et de questions. Un homme seul, blessé et aux nombreuses zones d’ombres. Tu n’as jamais joué de grand jeu avec moi, tu n’as jamais porté de masque avec moi. J’ai même eu peur. Pas de toi. De moi. Moi et mes sentiments grandissants pour toi, moi et ma propension naturelle à vouloir guérir et sauver. Tu étais un cocktail enivrant pour moi. Tu étais ma personne, et toutes ses blessures ne pouvaient m’empêcher de le sentir dans mes tripes, même si je voulais repousser cette fatalité. À l’époque pour moi, c’était une fatalité.

Bref. Ta douleur, ta tristesse et je dirais même ta détresse, m’interpellaient beaucoup. D’instinct, mais aussi pour ce que l’on sait aujourd’hui, que nous sommes l’un pour l’autre. Pas de beau bonhomme séduisant et irrésistible pour moi. Une âme vers laquelle la mienne aura gravitée dès le premier regard, d’une manière affolante. Idem pour toi. Tu ne m’as pas réservé le même sort que toutes les femmes ayant croiser ta route non plus. Rien n’était pareil ni prévisible entre nous.

Je réalise avec le recul, que je sentais ta douleur lancinante, et ce fait était décuplé par notre connexion immédiate. Je comprends tellement mieux maintenant que je sais totalement d’où tu viens. Ta démarche récente à défait beaucoup de nœuds. Tu as été franc avec toi et avec les autres. Tu as remis ta vie à l’heure comme tu le dis si bien. Tu te comprends, tu te pardonnes (même si je hais la notion tachée de pensée judéo-chrétienne) et tu t’intègres et t’assemble. Tu es une belle grande âme hypersensible qui s’est perdue, pour mieux se retrouver. Tu es toujours aussi sombre, mais tellement moins torturé. Ta lumière et tes ombres dansent désormais ensemble plutôt que de s’affronter ou s’ignorer. Car, oui, tu es un être terriblement rayonnant, candide et plein de bonté. Tu es beaucoup plus que cela, tu as une profondeur et beaucoup de reliefs. Tu n’es pas lisse et plate. Tu n’es pas une page blanche et fade sur laquelle projeter mes fantasmes. Tu es un homme merveilleux, d’une profondeur abyssale (qui épouse la mienne) et d’une riche complexité.

Je suis honorée de ta confiance et d’avoir pu t’assister dans ton difficile voyage. Couper les fils, ce fut une entreprise peu banale et douloureuse, mais ô comme cela valait la peine. 

Wednesday, January 26, 2022

Elles




L’homme que j’aime est près de dix ans plus jeune que moi, et il est beau comme un cœur, comme un dieu. C’est selon. Bottom line; il est beau. Il a du succès auprès des femmes. Il est aussi, rêveur, hypersensible et d’une grande bonté. Il est très candide et pourvu d’une certaine naïveté. Il a aussi été blessé dès son plus jeune âge, dès son entrée à l’école. Il a vécu beaucoup de choses qui l’ont poussé à se retrancher en lui-même et ultimement, à développer un mauvais lien avec lui-même.

Beau et gentil en ce monde, ça attire les filles et femmes de tout acabit. Beau, gentil, tourmenté et brisé sous des apparences lisses, cela a attiré un type de filles et femmes, as day one. Il agissait telle une lumière pour des âmes en détresse, pour personnalité de divers degrés de toxicité. Pour ses propres raisons, il gravitait vers ce type de filles et femmes. Un pattern maintenant très clair, précis et défini.

C’était un être vulnérable, avide de se blesser, croyant profondément le mériter. C’était aussi, tout au fond, un gamin à la recherche de sa princesse charmante, son âme sœur. Je mentirais si je disais que son passé amoureux ne m’avait pas intimidée. Je mentirais si je disais que je n’étais pas tombée dans le panneau de ‘’il est beau, grand et il a un passé de Casanova ça fait du sens, il doit avoir tout vécu et eu ben, ben du plaisir’’. Ben non. Il s’est avéré que sa vie amoureuse et sexuelle fut un calvaire.

Mais moi, ce que je voyais, c’était un homme magnifique sous tous rapports, qui avait derrière lui une longue liste de conquêtes et de relations à plus long terme. Pour moi, toutes ces histoires font partie de lui et je savais à qui j’avais affaire. J’ai bénéficié de plusieurs années d’amitié pour l’observer, et non pas être repoussée, mais tomber plus sous son charme, chaque jour passant. Ignorant totalement cependant, qu’il vivait la même chose me concernant, de son côté.

Étrangement, je ne l’ai jamais vu comme un coureur de jupons, un tombeur de ces dames ou un womanizer. Jamais. Ça ne cadrait pas. Ne ‘’fittait’’ pas. Même lorsque ses comportements auraient pu laisser croire le contraire, je ne succombais pas à ces apparences. J’ai toujours vu plus loin, je l’ai toujours vu pour lui, même sans tout comprendre. Je savais qu’il était malheureux pour sur, même si je ne savais pas pourquoi, ni l’étendue de ses blessures.

Il était plus qu’un bel homme, plus que ces comportements, que sa vie affective semblant bien remplie. D’ailleurs, moi, dans les premières semaines ou nous nous sommes connus, je ne voyais pas sa taille, ni sa beauté, ni sa bonté, ni sa sensibilité. Outre cette connexion brute et cette (al)chimie percutante entre nous, je ne voyais qu’un homme intriguant. C’est sa brillance et sa profondeur qui me touchaient. Nos conversations profondes et sincères. Je distinguais sa souffrance, ses tourments et une certaine noirceur. Je sentais une tristesse, un cynisme et une lourdeur. Je le trouvais mystérieux, brillant et fascinant. Mais ni beau, ni grand, ni souriant et candide. Cela viendrait plus tard.

Alors que dans les schémas répétitifs de ses relations avec les femmes, elles étaient attirées par ce qu’elles cherchaient et voulaient bien voir chez lui. Un bel homme avec un cœur pas comme les autres. Il y avait du vrai; dans ses rapports aux femmes, il voulait à la fois les sauver mais aussi se blesser. Attirer par les femmes avec un bagage, apparent ou non. Avec une disposition pour ce qui sortait de l’ordinaire, qui l’ennuyait au plus au point. Les écorchées sont tellement plus intéressantes que la bonne fille d’à côté, n’est-ce pas?

Bref, sous sa longue liste de conquêtes et de copines, j’ai découvert beaucoup plus. À quel point il avait souffert, à quel point il avait essayé de correspondre à ce que la société attendait d’un beau gars, et à ce que les filles et femmes désiraient. Ce n’était pas le palmarès heureux et assumé, et le passé d’expériences et de luxure que je m’étais imaginé. C’était un cimetière de relations éphémères ou plus longues, ou il avait laissé des parties de son âme. Pas de son cœur, qui n’avait jamais battu. Mais il avait souffert beaucoup. J’avoue avoir mis du temps à comprendre. Et il ne se pose pas en victime de ces dames. Il est bien trop intègre et lucide pour cela. Prenant sa part de torts et d’erreurs. Reste que… son pattern est clairement établi. Il avait une prédisposition vers les femmes dominantes, écrasantes, avec un bagage quelconque, souvent. Moult manipulatrices dans son historique romantique. C’est un peu effrayant à quel point le pattern est clair et établi. Distinctif.

Parmi ses torts, il y a cette fâcheuse tendance, dont il s’est heureusement affranchi, de ne pas vouloir blesser ces dames. Du fait de sa nature sensible, mais aussi, car il nourrissait une grande culpabilité de ne pas les aimer. Car au fond il le savait toujours. N’aimant pas faire mal, il n’a pas su couper certains ponts et fermer certaines portes. Ce qui fait que, même maintenant, certaines femmes semblant ne pas pouvoir l’oublier se manifestent. Il a laissé des portes ouvertes, des messages en suspend, et parfois, maintenues de amitiés avec des ex-copines et des ex-amantes.  Jusqu’à nous. Depuis nous, ces liens morts, il en a fait un gros ménage. Il reste que, certaines entretiennent l’espoir dans les messages en suspends, dans l’absence de nouvelles, dans l’absence d’un chapitre clos. Pire, certaines ne comprennent pas pourquoi il ne nourrit plus tout à coup, sans explications, ses amitiés qui traînaient. Dans lesquelles il y avait un reste ou un semblant de ce qu’avait été la relation. Une source d’espoir, de réconfort et d’illusions dont elles se retrouvent tout à coup priver. Comme il ne leur a pas donnée l’heure juste, entretenant des échanges, des conversations, des liens, elles ne comprennent pas. N’ont pas vu venir. Je pense à sa précédente relation qui n’avait aucune idée, des mois durant de ce qu’il vivait et développait. Alors qu’elle ne parvenait pas à l’oublier et croyait qu’il en était au même stade qu’elle, il protégeait, découvrait et développait sa relation avec… moi. Des mois plus tard elle a réclamé une rencontre avec lui, lui déclarant qu’elle ne parvenait pas à passer à autre chose. Soupçonnant à un certain moment qu’ils n’avaient pas vécue la même version de leur histoire, et qu’il était ailleurs, bien loin, elle est entrée dans une colère. Jusqu’à moi, il avait toujours procédé ainsi, gardant des liens avec ses exs : amantes ou blondes. Je ne suis pas une fille, je suis une femme. Je n’avais aucune envie de composer avec des drames dignes de Degrassi ou Chambres en ville (pour ceux et celles qui pourraient passer ici et connaître). Pour moi, son attitude un brin nonchalante, voir négligente, par habitude, par peur de blesser, par désintérêt, par… peu importe les raisons. C’était un nid pour différents problèmes. Femme de feu, femme franche, je me mettais dans ses souliers, mais aussi ceux très désagréables à chausser, des femmes qui étaient passées dans sa vie. Et je comprenais tous les partis.

Il devait prendre son courage et confronter, faire ce qu’il avait à faire. Et il l’a fait. Malheureusement il survient encore de temps en temps une femme qui espérait encore. Il ferme le chapitre et règle générale ça ne plaît guère à ces dames. Cependant lui, il trouve une paix. Il n’évite plus, il confronte, ferme les portes, coupe les ponts, fait face franchement et remet les pendules à l’heure quand une se manifeste. Je le vois se libérer, croître, s’affranchir et devenir solide et entier dans le processus.

Il ne voulait pas être un écœurant de plus… il comprend désormais que laisser aller certaines situations… ce n’est pas mieux parfois. Il ne rendait service à personne. Et il fait un peu plus la paix avec son vécu, se comprend, il s’apprend et réalise beaucoup de choses. Et moi aussi. C’est un homme complexe et pas ordinaire. Un modèle assez unique oserais-je dire. Il me fait réfléchir et grandir. Beaucoup.

Friday, January 21, 2022

Évasion

 

Dans les premiers mois de notre amitié, il aura cette année bientôt six ans de cela, j’apprenais à te connaître. Le sujet de notre premier échange? La spiritualité, l’astrologie et la magie. Le tout, entecoupé d’informations glanées au sujet l’un de l’autre, ici et là. Au départ, tu étais ce gars hyper brillant, passionné par sa discipline professionnelle (la naturothérapie) et les arts occultes. Nous avions des échanges profonds et intéressants. Avec le temps j’ai découvert que l’un de tes intérêts était, les jeux vidéo. J’aime beaucoup les jeux vidéo également, mais nous n’en parlions pas beaucoup. C’est seulement lorsque nous avons commencé à former un couple (j’allais dire à nous fréquenter, puis ton visage mécontent m’est apparu… tu tiens au fait qu’il n’y a pas eu de fréquentations entre toi et moi… un baiser et nous formions un couple…) que j’ai vraiment découvert cette part de ton univers.

Lorsque ma vie a éclaté en milles morceaux et que tu m’as aussitôt accueillie chez toi, sans hésitation. Le jeu est l’une de tes nombreuses passions, que tu te découvres encore. Désormais une parmi tant d’autres. À cette époque tu jouais avant le boulot, tu jouais le soir et, en fait, tu avais un peu beaucoup besoin de ta dose. Sans pour autant ne m’avoir jamis donnée cette impression d’un joueur compulsif. Jamais tu ne me faisais passer après; tu as toujours fait de moi ta priorité as day one.

 

Au fil du temps, tu t’es découvert toi aussi, au sein de cette relation qui est la nôtre. Tu es un homme allumé, lucide et capable de t’observer toi-même avec une grande honnêteté. Tu n’évites pas (ou plus, selon certaines sphères de ta vie, mais c’est un autre sujet) ce qui ne fonctionne pas, tu confrontes. Tu examines et tu agis.

Dans nospremiers mois, j’ai vu un homme ancré, aggripé et scotché à son écran. Je n’ai pas mis longtemps à voir au-delà, et apercevoir en fait, un gamin qui se cramponnait à ses jeux. Je n’ai rien dit, comme je le fais toujours, par respect pour ton processus. Par amour et car j’ai en toi une confiance infinie. Dans les mois qui se sont écoulés par la suite, je t’ai vu te déployer de plus d’une manière. Notre Amour nous a fait ce très bel effet à tout les deux. Et cela se poursuit… quelle belle aventure, quel beau voyage… bref.

J’ai vu évolué et changé ton rapport au jeu, en passant par toutes sortes d’émotions et de phases. Jusqu’à ce que tu te sois trouvé et déposer. Je venais avec une vie; des fils, de la famille et des amis. Je viens avec des passions et des intérêts divers; musées, balade en forêt régulières et jeux de société. Ça prend de la place, et ça empiète sur le temps que tu consacrais avant à tes jeux.

Avec le temps, tout s’est équilibré. Tout a trouvé sa place, incluant toi. J’ai trouvé très émouvant et très intéressant de t’accompagner dans tout ce chemin que tu as effectué. Je t’aime tel quel, et ça ne me dérangeait pas du tout le temps que tes jeux occupaient dans ta vie, avant moi. Simplement… j’avais cette intuition que tu étais plus que ça. En effet, tu l’es. Ta vie avant moi, les jeux avaient toujours occupé une place prédominante. Cela t’avait causé quelques soucis dans de précédentes relations. Tes relations te rendaient tellement malheureux, que tu avais toujours très hâte de te réfugier dans tes jeux. Voilà. Le mot sur lequel j’ai accroché lors de tes nombreuses confidences sur le sujet. Et sur lequel tu t’es arrêté à ton tour éventuellement.

Tu t’es mis toi-même à questionner ton lien au jeu, et non pas le jeu lui-même. Ni la place comme telle qu’il occupait dans ta vie, mais pourquoi. Un refuge. Ça en dit long en un seule mot. Tu es remonté jusqu’à aussi loin que l’entrée des jeux dans ta vie. Jusqu’à l’enfance, sur la pré-adolescence et l’adolescence. En passant par toutes tes relations, surtout les plus sérieuses, et les périodes de ta vie. En t’arrêtant sur ta relation juste avant moi. Pour toi, ç’aurait pu être la relation idéale; elle ‘’gamait’’ autant que toi. Tu aurais dû en faire une amie, jamais une blonde, selon tes propres propos. Vous n’êtiez pas si souvent, et lors de vos week-ends ensemble, vous passiez la majeure partie de votre temps à jouer à des jeux; toi sur ton ordi et elle, sur ta télé. Tu t’emmerdais, tu préférais ceci à t’engagner davantage. Ça se résumait beaucoup à ça pour toi.

Tu compares beaucoup au monde qui s’est ouvert à nous, depuis que nous formons un couple. Avant la pandémie, les soupers avec nos amis, la famille, les garçons. Les jeux de société, cuisiner ensemble, les nombreuses balades, les films, les musées, lire l’un à côté de l’autre. Nos parties de Scrabble, et autres jeux de société. Nous passons tout notre temps ensemble et, tout les deux nous n’étions pas enclins à ça dans nos vies sentimentales auparavant. Ton temps de jeu est minime. Tu peux passer des jours sans jouer et, c’est la vie.

Tu es remonté, tu as découvert à quel point le jeu était au fil du temps, devenu pour toi, une échappatoire. Une manière de t’évader de l’intimidation subie dans ton enfance, des disputes à la maison. C’est devenu ton refuge et l’endroit de prédilection pour toi. Tu n’étais pas accro. C’était un réconfort, un refuge, une fuite. Une fois ta relation au jeu mis à jour, tu as changée tes habitudes avec sérénité. Pour toi, et non pour moi ou quiconque d’autre.

J’ai trouvé ton voyage intéressant et touchant. Un joueur peut tellement passer pour un accro unidimensionnel un brin égoïste. Et j’en ai connu de ce type (aussi grave qu’incapable de prendre un repas avec sa famille, de s’occuper de ses enfants) autour de moi. Plus d’un. Moi, je t’aime peu importe. Cependant je suis heureuse de te voir épanoui et pas esclave de rien du tout. Dans l’exploration et la compréhension de ton lien aux jeux vidéo, tu as aussi fait face à ta personne. Tu as récupéré des morceaux perdus, tu es plus entier et heureux. Tu as amélioré ta relation avec toi-même en fait, au fil des prises de conscience.

Enfant, nous trouvons tous nos refuges, lorsque nous vivons des moments difficiles. Je suis simplement heureuse et fière de toi. Heureuse que jouer soit désormais pour toi un choix, et non pas un besoin et une réaction de fuite. Ce trop long billet ne rend pas justice à ton cheminement. C’est un bonheur et un honneur de te voir évoluer et croître de si près. 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...