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Tuesday, March 29, 2022

Sans laisser de traces

Tout à coup, lorsque nous nous sommes embrassés, pour toi, il y a eu un trait tiré sur ta vie avant. Avant moi. Avant nous. Sur ta vie, que tu continuais de mener en automate, jusqu’à la quasi dernière minute, ne croyant pas que je quitterais le père de mes enfants. Que je ferais éclater mon mariage que tu croyais encore heureux (oui, j’étais persuasive à ce point) et cette famille qui elle, était toute ma vie. En contemplant les choses sous cet angle, no wonder que tu aies continuer, même si le cœur n’y était pas (nous nous parlions ouvertement) avec ta fréquentation de l’époque. Tu n’étais pas en couple, tu avais une amie avec bénéfices si on peut dire. Tu entretenais aussi un tas de liens pas très sains, des portes mal fermées. Lorsque tu traversais des creux, tu avais tendance à retourner en arrière pour rechercher des rushs, pour te sentir vivant ou te blesser. Les portes mal fermées avec des exs, des aventures et des expériences, il y en avait beaucoup. Ton ex parmi celles-là.

Tout à coup, toute cette foule de demoiselles et dames éprises à divers degrés, se sont retrouvées sans prise sur toi. Parfois tu as laissé du temps passer, rarement as-tu fermer les nombreuses portes. Heureusement, tu l’as fait dernièrement et c’est une bonne chose. Toujours une bonne chose de boucler les boucles et fermer les portes. Mais à l’époque, tu n’avais plus aucun désir d’entendre parler de ta vie avant nous. Tu prendrais des mois à te dégager de certaines communications, soucieux dans quelques cas, de ne pas blesser. Par habitude un peu aussi. Tu avais l’habitude de son bassin de vestiges de relations toxiques diverses. Tu le savais, mais tu fermais les yeux? Pas aussi simple. Tu marchais ta vie comme un automate, le cœur gelé mais malheureux en même temps. À défaut de ressentir l’amour tant recherché, tu te shootait avec des expériences diverses, des femmes de plus en plus tordues. Tu avais un réel réseau de possibilités pour revenir en arrière, les jours de disette émotionnelle. Lorsque tu n’en pouvais plus de la présence de ton cœur que tu croyais froid, que cela pesait sur toi et que tu voulais tromper ta solitude si grande en allant vers des situations faciles, une danse que tu connaissais et des portes que consciemment ou non, tu savais encore ouvertes.

C’est tout un cimetière impressionnant et très varié d’âme en peine que tu as créée lorsque nous nous sommes embrassés. Instantanément, toutes ces personnes se sont retrouvées aux oubliettes. Tu ne l’as pas signifié à toutes ces personnes, mais toi, tu étais ailleurs. D’une loyauté et d’une fidélité indéfectible. Tu as aussi été avalé par les circonstances et événements entraînés par ma séparation explosive avec mon ex. Ce ne furent pas des mois faciles, ni pour lui, ni pour nous. Nous avons été happés par des situations personnelles et professionnelles. Notre Amour grandissait à vue d’œil et nous consumait positivement, nous faisant renaître tout les deux. Entre notre Amour, les circonstances au boulot (nous travaillions ensemble) et dans ma vie privée, dont tu étais partie intégrante désormais, tu n’avais plus le temps pour ces histoires du passé. Ne serait-ce que pour les régler. C’est passé au second plan.

Pas étonnant le décalage, les portes mal fermée, le cimetière aux nombreuses âmes en peine que tu as enterrées vivantes, sans un regard en arrière. Pas étonnant, tu as quitté toutes ces personnes, sans un mot, sans laisser de traces. Tout à coup, tu n’étais plus disponible pour un flirt, un café menant à une nuit, ou quelques conversations coquines faisant revivre un passé. Tu ignorais les messages pour la plupart. Tu as été transparent, je savais très bien à quoi m’en tenir et, je t’avais donné mon opinion au sujet des portes mal fermées. Des situations laissées en suspend. Des attentes créées alors que toi tu avais tourné le dos définitivement à tout cela, d’un coup.

Tu étais disponible, beau et gentil. Nombreuses sont les personnes qui continuaient d’espérer, de rôder. Je n’étais pas surprise, je t’en avais parler bien franchement. Tu étais embarrassé et écoeuré. Partir sans laisser de traces, après avoir volontairement ou non, nourri des liens… toi, tu as continué ta route. Sans te retourner, mais ces personnes sont demeurées accrocher à des degrés divers. Habituées à une dynamique, un des cycles. Tu es parti sans laisser de traces, mener ta vie. Pour toi, c’était l’équivalent de couper les ponts. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Tu n'as pas laissé de traces, au sens ou, tu t’es évanoui dans la nature. Tu as laissé derrière toi, celui que tu étais avant nous. Un être malheureux et tourmenté, qui cherchait l’ivresse et à se sentir vivant, dans un amas de corps et d’êtres. Prenant, et surtout, donnant. Donnant plus, pour compenser pour ce que ton cœur ne pouvait ressentir, retourner, ni offrir. Pour toi, l’avant et l’après étaient très clairs. Les âmes en peine, laissées dans l’ombre. Tu n’as pas laissé de traces, personne ne savait cette cassure entre ton avant et ton après depuis nous. Personne ne savait ce que tu étais devenu, ou tu étais rendu. Tu n’avais aucun désir de laisser de traces non plus.

Ce qui n’est pas réglé remonte toujours à la surface et tu as dû couper des liens, brûler des ponts et remettre des pendules à l’heure. Tu en as profité pour faire le tour du cimetière des cœurs brisés, et t’assurer que cette fois, toutes les portes étaient bel et bien fermées. Partir sans laisser de traces, c’est tentant. Surtout lorsque tu veux mettre tout derrière toi, sans rappel. Malheureusement c’est rarement une bonne idée. Nous sommes à toute épreuve bien sincèrement, mais c’est une bonne chose d’avoir fait le grand ménage de manière investie, franche, sincère et courageuse.

Les histoires mortes peuvent trouver repos désormais dans leur cimetière commun. Nous, nous continuons notre route, heureux, unis et en laissant une trace claire. Il y a un avant et un après, c’est désormais clair. Plus clair qu’une photo de mariage comme photo de profile FB. Plus clair pour toutes celles qui me suivaient sur IG et les autres. Personnellement, je suis heureuse pour toi.

Partir sans laisser de traces, c’est fuir. Tu n’es pas un fuyard. Tu as remis les choses en ordre, surtout pour toi. Moi, je le vois comme ça et je suis heureuse. Je sais à quel point, tu es libéré, léger et heureux. Dégagé. Tu as finalement laissé des traces assumées, et tu as fermer les livre et les portes. Le reste leur appartient, toi, tu peux regarder devant, marcher la tête haute et le cœur en paix. 


 

Monday, March 7, 2022

Toxicité qui se dansait à deux

 



Guérir d’une union toxique... Une séparation, un divorce, c’est une cassure nette, douloureuse. Une cassure, une plaie ouverte avec danger d’infection et nombreuses complications. Ce n’est pas qu’un break, qu’une foulure. C’est violent, pour celui qui n’a rien vu venir, ni rien demandé. C’est aussi violent pour celle qui a causé la cassure. La fracture. L’affaire c’est que contrairement à une blessure… les os et les chairs ne se ressouderont pas. Il y a une amputation irrévocable. Cela demande un processus de guérison, différent pour chacun des deux parties. Étrangement, malgré toutes les choses qui se sont passées et qui se passent aussi en silence, en latence, je crois que nous avons fait de notre mieux. Pour nous, mais surtout pour nos fils. Ils ont toujours été ma priorité. Durant un temps, dans cette optique, j’ai essayé d’être là pour le père de mes fils après la séparation. Pour mes fils, mais pas seulement. Pour mon ex aussi. Par égard pour des vingt-quatre ans que nous avons passés ensemble. Malheureusement, je n’étais pas du tout la personne qui était la mieux placée pour l’aider. Malheureusement, je n’avais pas encore le langage pour répondre à certaines de ses questions (légitimes) et sur mes choix; passés et présents. J’ai véritablement fait de mon mieux. Je sais que notre relation était toxique, je sais qu’il y a eu beaucoup de douleur, mais c’est le père de mes enfants. Je sais aussi très bien d’où il vient, je le connais vraiment très très bien et profondément. Qui il est devenu depuis? Je ne sais pas, et c’est très bien ainsi. J’ai des échos de sa vie par nos fils, mais sa vie lui appartient. J’en suis heureuse. J’aurai toujours un avantage sur lui; je le connais très bien. Aussi colérique, pétri de traumas et de tares qu’il le fut… il a été ouvert avec moi. Oh! Il y a eu des mensonges, mais il fut ce qu’il fut. Moi, j’ai été sincère et j’ai vraiment, vraiment donné tout ce que je pouvais et plus. C’est vrai. Malheureusement, trop habituée à être seule, et recevant le signal que je devais me protéger au sein même de cette union, comme partout dans ma vie, je suis demeurée seule. Lorsqu’il est confus, lorsqu’il l’a été par le passé… il a eu raison. C’est faux et vrai à la fois. Je lui ai fournies tellement d’occasions de me voir, de me toucher, mais il y a une partie de moi qui est demeurée inaccessible from the start. Les êtres humains sont des créatures complexes et multifacettés. Nous sommes des êtres avec des vécus particuliers, pas ordinaires, lui et moi.

Nos routes se sont séparées pour de bon. Pour ne plus jamais s’enlacer, ne serait-ce que superficiellement, au bout d’une quinzaine d’années je dirais. Et certains événements ont mis la hache dans ce qui me restait de force et de volonté. J’ai continué quand même. Je ne pouvais pas l’abandonner, et je ne pouvais pas fracasser ma famille. Je ne voulais pas faire subir cela à mes enfants. À quelque part, je crois sincèrement que nous avons fait de notre mieux. Chacun à notre manière, tordus chacun à notre manière.

Il m’a donné son poison, ses tares, ses traumas, ses colères et ses dépendances. Il m’a offert son cœur meurtri et essayé de me donner le meilleur de lui au travers du filtre de ses nombreux maux. Je le sais. Et moi, j’ai offert ce que je pouvais, mais il y a tout un monde en moi, que je ne lui ai jamais montré. Je lui ai offert ma loyauté, ma fidélité, mon respect, mon soutient, mon amitié, et nos deux fils. Je lui ai offert ce que je pouvais de mon cœur. Je lui ai quand même donné des moyens, je communiquais beaucoup, beaucoup. Reste que, si je suis tout à fait honnête, j’ai vécu avec lui, en conservant ma solitude on the side. Ma porte de sortie au cœur de notre couple. Comment ça pouvait fonctionner entre toutes ces choses sombres qu’il portait en lui, et toutes ces choses que je gardais en moi?

De cette union, je ne suis pas la seule à devoir guérir. Je pense même que pour lui, ce fut plus ardu. J’ai beaucoup d’empathie pour le père de mes fils. Je lui ai imposé une immense fracture. Je le sais. Et comme je ne suis pas sans cœur, loin de là, j’y pense encore. Je ne vis pas dans le passé, ni même dans le fragment de cette réflexion, mais plus j’avance sur mon propre chemin, plus cela frôle ma pensée. Je bénéficiais de toute mes réflexions intérieures, dans ce jardin de solitude que je cultivais depuis l’enfance. Là ou je n’avais jamais laissé entrer personne sauf mes fils, avant mon présent Mari. À vrai dire, il en a trouvé le chemin, à mon grand désarroi. D’une manière inexplicable, et lui-même l’ignorais, alors qu’il s’y promenait, m’y voyant telle que je suis. Pas étonnant que j’aie paniqué, que j’aie brandis mon faux mariage idéal, entre nous as day one! Bref… j’ai laissé le père de mes fils en dehors de mon jardin secret, mon jardin de silence et de solitude. Avec raison je crois. Cela ayant comme conséquence, un ravin entre nous. Mais c’était comme ça avec tout le monde! Il ne faisait pas exception. Tristement, je ne savais pas vraiment comment le faire entrer, et je ne voulais pas y faire entrer personne en fait. C’était mon dernier retranchement, mon unique sécurité. Je lui ai donné accès à beaucoup, mais pas à mes profondeurs protégées. À ma manière, je l’ai aimé. Comme un ami, un parent, un partenaire. Le père de mes fils. Je l’ai connu si tôt, et il a fait partie de ma vie si longtemps, qu’il s’est forgé dans ma vie (à défaut de mon cœur) une place particulière.

Malheureusement, moi j’étais mûre pour passer à autre chose, mais pas lui. Ce fut un choque très violent. Guérir d’une séparation et d’un divorce ce n’est pas rien. Pour lui, comme pour moi. Je me suis sentie très très coupable. Incroyablement coupable. De lui faire ça. Je me trouvais égoïste et ingrate. Je diégrais très mal ce qui m’apparaissait comme un échec monumental. Je composais très mal avec le fait de le voir souffrir autant. Je savais pourtant, que pour la première fois de ma vie, je faisais quelque chose pour moi. Véritablement pour moi. Et si je ne le faisais pas maintenant, je passerais à côté de mon cœur et de ma vie. Complètement. Mon histoire d’amour était digne d’un film, d’un rêve, d’un roman, d’une chanson à succès. Simultanément, je brisais le cœur du père de mes fils, je faisais éclater ma famille. Avec le cœur lourd et léger à la fois.

Nous avons dûs guérir de ce mariage et de sa fin abrupte, chacun pour nos raisons et chacun à notre façon. Je ne suis pas la seule à porter des cicatrices de cette union et de cette séparation-divorce. Cette union était toxique dès le départ. Peut-être y était-il plus confortable que moi. Sans doute même. Je n’y ai jamais déposé mon cœur, sauf au travers de mes fils. Car je craignais trop de souffrir encore plus. Je me gardais mon jardin bien à moi. Je ne jouais pas sur deux tableaux en même temps, pour moi il s’agissait d’un mode survie, une seconde peau, acquise très tôt dans ma tendre enfance. Ce n’est que depuis peu que je comprends, et me comprends beaucoup mieux. Les choses font doucement plus de sens, je comprends, j’éprouve plus d’auto-compassion. Car personne n’a idée à quel point je peux être dure avec moi-même. Combien je me blâme, à quel point ma croix est lourde et encombrante. Heureusement, de moins en moins.

Nous avions tous les deux avantages à ce que cette union se termine. La séquence d’événemenst menant à cette séparation ont fait en sorte que cela ne se passe pas en douceur. Pour moi, la mort côtoyait la naissance et c’était fulgurant. Pour lui ce fut brusque, violent et soudain. Si je regarde les choses avec beaucoup plus de recul, le décompte était commencé depuis un bon bout de temps. La seule chose que je n’avais pas prévue, est que l’homme de qui j’étais amoureuse, réciproquerais mes sentiments. Ça, je ne l’avais pas vu venir du tout, du tout. Le plus sincèrement du monde. Ça, ça a tout bousculé, même les plans de partir que j’entretenais dans mon jardin intérieur depuis… des années et qui arrivait à échéance.

J’ai eu très mal dans mon union avec le père de mes fils, j’ai eu mal lors de la séparation et du divorce. Lui aussi. Une chose dont je me sens encore coupable, est qu’avec cette intuition très claire dont lui seule possède le secret… il avait prédit bien des choses. Il devait capter certaines choses, que même moi je n’étais pas prête à voir aussi clairement. Il me disait souvent que je le quitterais. Dès que je serais plus libre, financièrement. Dès que je trouverais un boulot et que ma vie cesserait de tourner autour de notre famille. Et que je m’ouvrirais un peu plus au monde. Il m’a exprimé sa crainte de me laisser avancer sur ma propre route, à plusieurs reprises. Souvent en blaguant à moitié. Il disait que je le quitterais, que je rencontrerais quelqu’un d’autre. Et moi, je lui disais non. Je lui ai fait croire au contraire, lui réaffirmant que je ne le quitterais jamais. Alors que dans mon cœur, je savais une autre vérité, qui prenait de plus en plus de place. Cependant, j’ignorais que je rencontrerais quelqu’un. Dans ma tête à moi, soit je finissais mes jours tristement dans une union ou je n’étais pas heureuse, soit je quittais pour moi. Je voulais vivre pour moi, selon mes termes, qui n’incluaient que mes fils et certainement pas un autre homme. Je ne me croyais pas capable de tomber amoureuse, et je n’avais aucune envie d’hisoire de cul et de corps. Non merci. Mes doigts et mon vibrateur me suffisaient amplement. Non, je n’avais pas planifié quitter avec un autre homme. Pas du tout.

La conjoncture des choses à voulue que ce soit ce qui se passe. Je lui ai fait croire que je ne partirais pas, que ses craintes, ses intuitions n’étaient pas avérées. Il a aussi détesté de manière viscérale et pas du tout raisonnable celui qui finalement, trouverait le chemin de mon cœur. Sans même le connaître ou connaître son nom. Pour finalement se lier sincèrement d’amitié avec lui. Une chose qui n’est pas facile et simple pour lui. Il a accusé plusieurs coups et blessures. En revanche, dans les dernières semaines avant que tout éclate, j’ai verbalisé souvent mon malêtre au sein de notre couple. C’est un peu passé sous le radar alors que je lançais des messages sincères. Toujours en ne sachant pas du tout que ma vie prendrait tout un tournant. Je ne le savais pas du tout.

Rien n’est noir ou blanc, il y a beaucoup de zones de gris. Le fait est, que nous avons tous les deux pâtis de cette union et de sa fin précipitée en apparences et en partie dans les faits. En apparences car si on y regarde de plus près, on peut constater une degradation, même sans parler de mon jardin secret. Il reste que, les choses ont été soudainement précipitées lorsque ce grand amour qui couvait depuis des années, s’est finalement révélé. Je ne pouvais pas passer à côté. Je persiste à dire, que pour nous deux (l’ex et moi) c’était la meilleure chose qui pouvait nous arriver. J’espère vraiment qu’il est heureux. Quelle que soit sa version du bonheur désormais. Il y a encore des traces, des restes, mais j’ose croire aussi, que nous avons tous les deux faits énormément de chemin face à notre ancienne union et sa fin.

 

 

Tuesday, February 8, 2022

Couper les fils

Dans les derniers jours, tu as entrepris une démarche profonde. Nécessaire et noble. Pas nécessairement facile, ni simple. Tu as décidé de revisiter ton passé amoureux, de couper les liens, de fermer les portes. J’étais aux premières loges, à tes côtés. Ce que tu as vécu, avant nous, a défilé devant mes yeux, dans les moindres détails. C’était un pèlerinage très douloureux, parfois insoutenable. En revanche tu en ressors grandi, fier, entier et surtout, libre. Moi, je te comprends encore mieux, plus profondément. Ton histoire et l’interprétation que tu en as, font du sens. Jusqu’à des niveaux d’une profondeur inouïe. Ta douleur est ma douleur, je prends tout sans hésiter. Tu m’aimes de la même manière.

Je trouve ta démarche très saine et courageuse. Surtout étant donné que tu l’as fait avec une grande franchise et une grande lucidité. Prenant les torts qui te reviennent, mais faisant face aux torts qui t’ont été fait, dont certains que tu t’es infligé toi-même. Après être passé au travers de ta tout cela à tes côtés, tellement de choses s’assemblent et prennent tout leur sens.

Les détails t’appartiennent évidemment. Ce que moi je constate, c’est à quel point je t’ai vu juste. Très juste. Encore plus juste que nous le pensions tout les deux. Je reviens souvent sur le fait que je trouve très surprenant et cocasse que la très grande majorité de filles et femmes qui ont traversé ta vie et ton lit, n’ait vu que le beau gars au sourire candide. Il faut dire que, tu n’offrais souvent que cette parcelle de ton âme. Croyant ne pas avoir de cœur car tu ne ressentais jamais autre chose qu’un pincement lorsque tu disais ''je t’aime''. Tu essayais, tu offrais ce qui était demandé, tu incarnais un idéal. Ce n’étais pas si difficile car c’est une partie de toi. Mais une partie seulement. Tu as cherché LA tienne de manière frénétique, en te posant de plus en plus de question sur toi. Sur ton cœur en particulier. Tu as fini par croire que tu n’avais pas de cœur, tu as essayé d’autres types de relations, tu as cherché des femmes différentes et de plus en plus torturée. Tu es devenu cynique, engourdi et blasé. Tu t’es divisé, tu t’es éloigné de toi, tu t’es perdu. C’est une manière très sommaire de condenser et expliquer cette partie de ton vécu. Tu t’es brûlé, tu t’es blessé, tu t’es prêté à plusieurs jeux, à reculons. En espérant ressentir quelque chose, en espérant trouver TA personne. En dernier, tu étais à vif, dégoûté, blasé. Tu étais presque anesthésié, avec cette impression (pas tout à fait fausse) d’avoir fait le tour de tout ce qui était possible d’essayer et de connaître. Tu étais terriblement blessé, mais tu t’ignorais et tu continuais d’avancer comme un automate. Parfois, dans une période plus creuse et plus noire ou la solitude et la vérité de ta situation venait te pincer le cœur, te projetant dans les noirceurs de tes blessures, tu avais besoin de rushs, de ressentir quelque chose, de te sentir vivant, de ne pas te sentir comme un monstre, ou seul. Tu reculais, tu retournais vers des liens toxiques mais parfois faciles, te shooter. Les effets ne duraient jamais longtemps. Tu as traversé une jungle particulièrement meurtrière juste avant que nos routes se croisent enfin. Malheureusement, je me suis affichée solidement mariée et indisponible et cela nous aura pris des années à enfin cesser de prétendre que nous, ce n’était qu’une amitié particulière. Tu as choisi d’essayer de te caser, tu as mis ton énergie dans une relation, ta plus stable et plus longue. Celle qui a débutée sous mes yeux ahuris et mon cœur déjà gros... alors que nous nous connaissions à peine et que cela ne faisait aucun sens. Maintenant cela prend tout son sens. Ça, et tout le reste.

Cette relation a été toxique et douloureuse. Désillusion et un essai et un échec que tu refusais, sous peine d’affronter encore une vie que tu ne connaissais que trop bien. Tu as donc préféré redoubler d’effort pour faire fonctionner quelque chose qui n’existait que d’un côté. Celui de ta copine du temps. Tu as de nouveau lentement sombré dans tes vieilles habitudes, dans cette relation ouverte, toxique et douloureuse à plus d’un niveau. C’était vivre les deux contextes les plus toxiques pour toi, en même temps. Simuler une vie de couple, un couple au sein duquel tu dépérissais, tout en ayant la permission de retourner à tes veilles habitudes, tes vieux liens.

Lorsque je t’ai rencontré... j’ai vu clair en toi, comme tu as vu clair en moi. Cela ne veut pas dire que chaque morceau de ta vie faisait du sens. J’en avais encore beaucoup à apprendre sur toi. Cependant, avec le recul, ce que je voyais de toi, sans avoir les détails, ça fait tellement de sens. Je ne voyais pas un type séduisant comme un rayon de soleil, charmant et candide. Je voyais un homme torturé, tourmenté, avec beaucoup de noirceur. Des yeux pleins de douleur et de questions. Un homme seul, blessé et aux nombreuses zones d’ombres. Tu n’as jamais joué de grand jeu avec moi, tu n’as jamais porté de masque avec moi. J’ai même eu peur. Pas de toi. De moi. Moi et mes sentiments grandissants pour toi, moi et ma propension naturelle à vouloir guérir et sauver. Tu étais un cocktail enivrant pour moi. Tu étais ma personne, et toutes ses blessures ne pouvaient m’empêcher de le sentir dans mes tripes, même si je voulais repousser cette fatalité. À l’époque pour moi, c’était une fatalité.

Bref. Ta douleur, ta tristesse et je dirais même ta détresse, m’interpellaient beaucoup. D’instinct, mais aussi pour ce que l’on sait aujourd’hui, que nous sommes l’un pour l’autre. Pas de beau bonhomme séduisant et irrésistible pour moi. Une âme vers laquelle la mienne aura gravitée dès le premier regard, d’une manière affolante. Idem pour toi. Tu ne m’as pas réservé le même sort que toutes les femmes ayant croiser ta route non plus. Rien n’était pareil ni prévisible entre nous.

Je réalise avec le recul, que je sentais ta douleur lancinante, et ce fait était décuplé par notre connexion immédiate. Je comprends tellement mieux maintenant que je sais totalement d’où tu viens. Ta démarche récente à défait beaucoup de nœuds. Tu as été franc avec toi et avec les autres. Tu as remis ta vie à l’heure comme tu le dis si bien. Tu te comprends, tu te pardonnes (même si je hais la notion tachée de pensée judéo-chrétienne) et tu t’intègres et t’assemble. Tu es une belle grande âme hypersensible qui s’est perdue, pour mieux se retrouver. Tu es toujours aussi sombre, mais tellement moins torturé. Ta lumière et tes ombres dansent désormais ensemble plutôt que de s’affronter ou s’ignorer. Car, oui, tu es un être terriblement rayonnant, candide et plein de bonté. Tu es beaucoup plus que cela, tu as une profondeur et beaucoup de reliefs. Tu n’es pas lisse et plate. Tu n’es pas une page blanche et fade sur laquelle projeter mes fantasmes. Tu es un homme merveilleux, d’une profondeur abyssale (qui épouse la mienne) et d’une riche complexité.

Je suis honorée de ta confiance et d’avoir pu t’assister dans ton difficile voyage. Couper les fils, ce fut une entreprise peu banale et douloureuse, mais ô comme cela valait la peine. 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...