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Tuesday, February 1, 2022

La Rose Bleue


 

La rose bleue. J’ai toujours aimée cette fleur. La rose blanche, la rose noire et, la rose bleue. Ma maman adore les roses jaunes. Elles faisaient donc partie de mes fleurs favorites. Ça fait partie de mon histoire. Nous ne nous sommes pas rencontrés au printemps de nos vies. Nous n’avions pas seize ans, nous n’étions pas deux pages blanches. J’ai projeté de manière convaincante une telle histoire. Lorsqu’à seize ans j’ai décidé de planifier ma vie adulte de A à Z. Ignorant que cela ne se faisait pas vraiment. Surtout quand on s’ampute volontairement de son cœur. Le mariage ne devrait pas être une affaire autre que de cœur. Enfin, chacun son histoire, mais pour moi, non. Ensuite, il y a toutes sortes de mariage et moi, je ne juge pas. Tellement pas. Mais décider de sa vie entière à seize ans, se marier à dix-huit, en ignorant les nombreuses alarmes et autres signes, c’était une erreur. Une erreur dont sont nés deux très belles âmes. Une erreur que j’ai érigée comme étant ma plus grande réussite. L’illusion d’un mariage parfait qui me tuait de l’intérieur en réalité. Mais cela me protégeait d’autres choses. N’eut été mes fils, je ne serais pas demeurée dans cette union dysfonctionnelle et hautement toxique.

J’ai donc joué un jeu. J’ai aussi investi beaucoup, en essayant de faire fonctionner cette union malgré tout. En essayant d’aider le père de mes fils qui avait beaucoup de… problèmes. De l’extérieur nous étions ce couple qui est ensemble depuis l’âge des premières amours. Un mariage qui va bien, des partenaires qui s’aiment et une jolie vie. Ce n’était pas ça du tout et ça a duré vingt-quatre ans.

J’ai eu un seul partenaire, mais vécues beaucoup de choses. En clair, je porte un bagage costaud. Mon second mari, mon unique Amour, possède son bagage. Il a eu plusieurs partenaires et n’a jamais été très heureux. Comme quoi… un seul mal choisi ou plusieurs mal choisies… quand ce n’est pas TA personne, non seulement ça ne fonctionne pas, mais les masques sont de rigueur et on se blesse. Le concept de LA personne m’était plutôt une lubie pour être honnête. Par beaux jours, ceux durant lesquels j’étais plus optimiste, je voulais bien croire que cela existait même si vraiment rarissime. Et certainement pas fait pour moi. Une chose en voie de disparition. À laquelle je croyais à peine. Il existe toute sorte d’histoire d’amour et, dans cet embarras du choix, je ne voyais même pas cette possibilité de LA personne.

Mais voilà que pour nous deux, ça s’avère tout à fait ça. Avec un tas de clichés, de magie et de synchronicités. Mêmes certaines personnes un peu brûlées par l’Amour, se laissent attendrir le cœur par le nôtre. C’est beau, touchant et parfois polarisant. C’est très bouleversant de voir ses idées et ses principes valsés en l’air. Très déstabilisant. Ce le fut pour moi et mon Géant Doux. Lui non plus n’y croyait plus. Il vivait des relations et des aventures qui étaient à des années lumière du grand amour. Puis nous nous sommes rencontrés au travail et dès le premier regard, ça nous a frappé. Nous avons mis des années à cheminer l’un vers l’autre. Puis, nous voici, un ramassis croisé entre Harlequin et Disney.

Lui aussi, il a son histoire de rose bleue. Puis, nous avons la nôtre. Saint-Valentin 2021, au centre du bouquet de roses que je lui ai offert, trônait une rose bleue. Elle trône désormais sur son bureau, au boulot. Et puis, c’est l’une de nos deux fleurs, elle est donc pour toujours, sur la toile de ma peau.

Nous ne nous sommes pas rencontrés au printemps de nos vies. Avec neuf ans et des poussières de différence d’âge, cela aurait été impossible. Nous nous sommes rencontrés au bon moment, avec chacun notre bagage amoureux. Nos histoires, ces histoires dans lesquels nous avons été des figurants malheureux, avant de se trouver, enfin.

Wednesday, January 26, 2022

Elles




L’homme que j’aime est près de dix ans plus jeune que moi, et il est beau comme un cœur, comme un dieu. C’est selon. Bottom line; il est beau. Il a du succès auprès des femmes. Il est aussi, rêveur, hypersensible et d’une grande bonté. Il est très candide et pourvu d’une certaine naïveté. Il a aussi été blessé dès son plus jeune âge, dès son entrée à l’école. Il a vécu beaucoup de choses qui l’ont poussé à se retrancher en lui-même et ultimement, à développer un mauvais lien avec lui-même.

Beau et gentil en ce monde, ça attire les filles et femmes de tout acabit. Beau, gentil, tourmenté et brisé sous des apparences lisses, cela a attiré un type de filles et femmes, as day one. Il agissait telle une lumière pour des âmes en détresse, pour personnalité de divers degrés de toxicité. Pour ses propres raisons, il gravitait vers ce type de filles et femmes. Un pattern maintenant très clair, précis et défini.

C’était un être vulnérable, avide de se blesser, croyant profondément le mériter. C’était aussi, tout au fond, un gamin à la recherche de sa princesse charmante, son âme sœur. Je mentirais si je disais que son passé amoureux ne m’avait pas intimidée. Je mentirais si je disais que je n’étais pas tombée dans le panneau de ‘’il est beau, grand et il a un passé de Casanova ça fait du sens, il doit avoir tout vécu et eu ben, ben du plaisir’’. Ben non. Il s’est avéré que sa vie amoureuse et sexuelle fut un calvaire.

Mais moi, ce que je voyais, c’était un homme magnifique sous tous rapports, qui avait derrière lui une longue liste de conquêtes et de relations à plus long terme. Pour moi, toutes ces histoires font partie de lui et je savais à qui j’avais affaire. J’ai bénéficié de plusieurs années d’amitié pour l’observer, et non pas être repoussée, mais tomber plus sous son charme, chaque jour passant. Ignorant totalement cependant, qu’il vivait la même chose me concernant, de son côté.

Étrangement, je ne l’ai jamais vu comme un coureur de jupons, un tombeur de ces dames ou un womanizer. Jamais. Ça ne cadrait pas. Ne ‘’fittait’’ pas. Même lorsque ses comportements auraient pu laisser croire le contraire, je ne succombais pas à ces apparences. J’ai toujours vu plus loin, je l’ai toujours vu pour lui, même sans tout comprendre. Je savais qu’il était malheureux pour sur, même si je ne savais pas pourquoi, ni l’étendue de ses blessures.

Il était plus qu’un bel homme, plus que ces comportements, que sa vie affective semblant bien remplie. D’ailleurs, moi, dans les premières semaines ou nous nous sommes connus, je ne voyais pas sa taille, ni sa beauté, ni sa bonté, ni sa sensibilité. Outre cette connexion brute et cette (al)chimie percutante entre nous, je ne voyais qu’un homme intriguant. C’est sa brillance et sa profondeur qui me touchaient. Nos conversations profondes et sincères. Je distinguais sa souffrance, ses tourments et une certaine noirceur. Je sentais une tristesse, un cynisme et une lourdeur. Je le trouvais mystérieux, brillant et fascinant. Mais ni beau, ni grand, ni souriant et candide. Cela viendrait plus tard.

Alors que dans les schémas répétitifs de ses relations avec les femmes, elles étaient attirées par ce qu’elles cherchaient et voulaient bien voir chez lui. Un bel homme avec un cœur pas comme les autres. Il y avait du vrai; dans ses rapports aux femmes, il voulait à la fois les sauver mais aussi se blesser. Attirer par les femmes avec un bagage, apparent ou non. Avec une disposition pour ce qui sortait de l’ordinaire, qui l’ennuyait au plus au point. Les écorchées sont tellement plus intéressantes que la bonne fille d’à côté, n’est-ce pas?

Bref, sous sa longue liste de conquêtes et de copines, j’ai découvert beaucoup plus. À quel point il avait souffert, à quel point il avait essayé de correspondre à ce que la société attendait d’un beau gars, et à ce que les filles et femmes désiraient. Ce n’était pas le palmarès heureux et assumé, et le passé d’expériences et de luxure que je m’étais imaginé. C’était un cimetière de relations éphémères ou plus longues, ou il avait laissé des parties de son âme. Pas de son cœur, qui n’avait jamais battu. Mais il avait souffert beaucoup. J’avoue avoir mis du temps à comprendre. Et il ne se pose pas en victime de ces dames. Il est bien trop intègre et lucide pour cela. Prenant sa part de torts et d’erreurs. Reste que… son pattern est clairement établi. Il avait une prédisposition vers les femmes dominantes, écrasantes, avec un bagage quelconque, souvent. Moult manipulatrices dans son historique romantique. C’est un peu effrayant à quel point le pattern est clair et établi. Distinctif.

Parmi ses torts, il y a cette fâcheuse tendance, dont il s’est heureusement affranchi, de ne pas vouloir blesser ces dames. Du fait de sa nature sensible, mais aussi, car il nourrissait une grande culpabilité de ne pas les aimer. Car au fond il le savait toujours. N’aimant pas faire mal, il n’a pas su couper certains ponts et fermer certaines portes. Ce qui fait que, même maintenant, certaines femmes semblant ne pas pouvoir l’oublier se manifestent. Il a laissé des portes ouvertes, des messages en suspend, et parfois, maintenues de amitiés avec des ex-copines et des ex-amantes.  Jusqu’à nous. Depuis nous, ces liens morts, il en a fait un gros ménage. Il reste que, certaines entretiennent l’espoir dans les messages en suspends, dans l’absence de nouvelles, dans l’absence d’un chapitre clos. Pire, certaines ne comprennent pas pourquoi il ne nourrit plus tout à coup, sans explications, ses amitiés qui traînaient. Dans lesquelles il y avait un reste ou un semblant de ce qu’avait été la relation. Une source d’espoir, de réconfort et d’illusions dont elles se retrouvent tout à coup priver. Comme il ne leur a pas donnée l’heure juste, entretenant des échanges, des conversations, des liens, elles ne comprennent pas. N’ont pas vu venir. Je pense à sa précédente relation qui n’avait aucune idée, des mois durant de ce qu’il vivait et développait. Alors qu’elle ne parvenait pas à l’oublier et croyait qu’il en était au même stade qu’elle, il protégeait, découvrait et développait sa relation avec… moi. Des mois plus tard elle a réclamé une rencontre avec lui, lui déclarant qu’elle ne parvenait pas à passer à autre chose. Soupçonnant à un certain moment qu’ils n’avaient pas vécue la même version de leur histoire, et qu’il était ailleurs, bien loin, elle est entrée dans une colère. Jusqu’à moi, il avait toujours procédé ainsi, gardant des liens avec ses exs : amantes ou blondes. Je ne suis pas une fille, je suis une femme. Je n’avais aucune envie de composer avec des drames dignes de Degrassi ou Chambres en ville (pour ceux et celles qui pourraient passer ici et connaître). Pour moi, son attitude un brin nonchalante, voir négligente, par habitude, par peur de blesser, par désintérêt, par… peu importe les raisons. C’était un nid pour différents problèmes. Femme de feu, femme franche, je me mettais dans ses souliers, mais aussi ceux très désagréables à chausser, des femmes qui étaient passées dans sa vie. Et je comprenais tous les partis.

Il devait prendre son courage et confronter, faire ce qu’il avait à faire. Et il l’a fait. Malheureusement il survient encore de temps en temps une femme qui espérait encore. Il ferme le chapitre et règle générale ça ne plaît guère à ces dames. Cependant lui, il trouve une paix. Il n’évite plus, il confronte, ferme les portes, coupe les ponts, fait face franchement et remet les pendules à l’heure quand une se manifeste. Je le vois se libérer, croître, s’affranchir et devenir solide et entier dans le processus.

Il ne voulait pas être un écœurant de plus… il comprend désormais que laisser aller certaines situations… ce n’est pas mieux parfois. Il ne rendait service à personne. Et il fait un peu plus la paix avec son vécu, se comprend, il s’apprend et réalise beaucoup de choses. Et moi aussi. C’est un homme complexe et pas ordinaire. Un modèle assez unique oserais-je dire. Il me fait réfléchir et grandir. Beaucoup.

Sunday, January 23, 2022

Beaucoup



Je suis beaucoup. Je le sais. Curieusement, j’ai passé ma vie à essayer d’être invisible. Ne faire que passer, sans faire de vagues. J’aspirais à être seule, à ne pas déranger et ne pas m’attacher. Je suis humaine, cela n’a pas toujours très bien fonctionner. La fuite cependant, je connais. J’étais ce type de personne qui donnait son 200% lorsqu’une personne était dans le besoin... et qui disparaissait lorsque les choses allaient mieux pour cette personne. Devenant injoignable, n’ayant jamais de temps, étant toujours trop occupée. Et le temps passe... et les liens s’estompent. Puis, la vie continue.

Je suis une montagne de traumas parfois même trop grande pour moi. J’ai poussé toute seule, aussi droit que je l’ai pu. Mon père vous le confirmerait, ajoutant qu’il est bien fier de comment je me suis élevée toute seule. Seule. C’était le secret depuis ma tendre enfance pour survivre, ne pas être trop blessée. La solitude est devenue mon amie et mon refuge ultime. Jusqu’à tout récemment, dans les deux dernières années, je n’avais jamais compris... que l’un de mes plus grands... problèmes, c’est mon incapacité à faire confiance. Je n’avais jamais mis le doigt dessus ainsi, jamais compris l’ampleur. Et toutes les ramifications que cela a dans mon être.

Je suis allergique au mensonge... je n’aime pas que l’on me mente. Je suis une sprinteuse professionnelle dans mes relations... je sprinte dès que j’accomli ma mission, mon devoir... ou lorsque je sens quelque chose qui cloche. Je prends mes jambes à mon cou et ciao bye.

J’ai frappé un grand grand mur de béton. Il y a deux ans et demi. En fait cela fera six ans cette année. Mais je ne pouvais plus fuir lorsqu’il a déposé son cœur entre mes mains. Nous comencions à êtres conscients de bien plus que notre chimie; nos sentiments. Je crois que j’aurais été confortable avec cette danse constituée de petites approches réciproques sans véritables conséquences. Pas lui. Je ne voulais pas le fuir, ça je le savais malheureusement trop bien. Me commettre? Pour milles bonnes raisons (mariage et famille, relation boss-employé) mais aussi pour des raisons plus obscures et personnelles... je nous ai fait patienter. Je ne voulais pas aller plus loin. Je le sais et je le comprends maintenant. J’étais confortable et en sécurité dans cette danse, alors que nous nous tournions autour de manière de plus en plus ouverte, mais sans se commettre. Ça me convenait fort bien à moi. Surtout car je savais trop bien, que nous étions la rencontre d’une vie. De plusieurs mêmes. C’était encore plus effrayant.

Je préférais demeurer dans cette zone étrange et parfois inconfortable de l’amie... plus qu’une amie, mais pas disponible. Encore protégée par ce mariage malheureux aux apparences idéales. Quitte à le voir rompre, être libre comme l’air... puis le voir chercher de la compagnie féminie à défaut de l’Amour auquel il aspirait si fort depuis... l’enfance. Quitte à avoir peur de le voir s’engager de nouveau, car je ne ferais rien s’il formait de nouveau un couple. J’en suis incapable. Quoi que, à ce stade de sa vie, après avoir donné à une relation toxique en essayant si fort... mais l’amour n’y était encore une fois, simplement pas... il était cynique et résolu à ne pas former de couple à moins que ce soit LA bonne. LA sienne. L’Amour. Pas de couple, mais ce sursaut de vie, cette pulsion de trouver, qui l’emmenait à rencontrer. Et je préférais l’écouter me parler de ses recherches, de ses rencontres, même si cela m’éraflait le cœur. Plutôt que de me commettre, de m’ouvrir.

À un certain moment donné donc, il m’a offert son cœur. Une première pour lui... et pour moi. Il a trouvé ce courage que moi je n’avais pas. À ce moment, le plus que je pouvais lui offrir était de lui dire que je réciproquais ses sentiments mais... cela prendrait des semaines avant que je franchisse à mon tour un grand pas dans sa direction. Dont quoi qu’il advienne, la vie ne serait plus jamais pareille. Des semaines. Et sur le champ, juste après lui avoir avoué à mon tour mes sentiments, je lui ai martelé que j’étais... beaucoup. Pour lui faire peur, en espérant le décourager... mais j’étais aussi très sincère. Je suis un peu singulière en plusieurs points, et je suis bourrée de traumas avec des conséquences et des marques. Sur mon âme, dans certains comportements et certaines réactions. Une parmi tant d’autres que j’ai brandie sous son nez? J’avais 40 ans, je n’avais eu qu’un seul partenaire sexuel, et un viol atroce d’une violence inouïe à 11 ans. Je pensais quitter le père de mes enfants... mais jamais n’avais-je envisager que je serais de nouveau avec quelqu’un. Je ne savais donc pas comment je pourrais être en couple avec quelqu’un d’autre. Jusqu’à lui, je n’y avais même pas pensé, même pas envisagé. Le concept d’intimité m’intimidait beaucoup, surtout que contrairement à mon union avec le père de mes enfants, mon cœur était en jeu. Pour la toute première fois de ma vie. Les notions d’intimité et d’intimité sexuelle, m’intimidaient au plus au point. Ma seule union avait renforcer certaines blessures et en avaient rajouté et creuser de nombreuses autres. Je ne me savais pas capable de me donner et encore moins de m’abandonner. Et à mes yeux, il méritait mieux. Que moi. Ainsi, je me suis retrouvée à lui dire, que j’étais beaucoup.

Pétrie de blessures, de traumas, de drôles de réactions possibles. Je suis aussi une créature étrange qui a appris à se fondre en société et à se conformer. Je mimique à merveille, et je sais très bien lire ce que les gens désirent et attendent de moi. Ainsi depuis l’enfance, je passe inaperçu ou presque. Passant entre les mailles de nombreux filets et, indétectable sous les radars humains. Je serpentais ma vie presque avec insouciance, certainement avec un peu trop d’aisance, jusqu’à lui. Au fond sous mes airs solide, ardente et déterminée, se cache une femme très seule qui a ses doutes, ses peurs et bien des blessures. Une personne maladroite, parfois un peu naïve et au cœur trop tendre. Une personne sauvage et un peu perdue, quoi qu’elle ait pu essayer pour corriger ou entrer dans les normes. Au mieux, je savais mimiquer, j’improvise trop bien et j’ai une aptitude hallucinante pour déceler les désirs et les attentes d’autrui. C’est comme ça que je naviguais les eaux de ma vie jusqu’à lui.

J’ai essayé de lui faire peur, de le décourager, de le repousser. Un immense pincement au cœur, remplacé par un curieux mélange de soulagement et de panique devant son refus catégorique de renoncer ou de battre en retraite. Il se posait là et s’imposait. Respectueuse mais inébranlable force tranquille. Je lui ai donc dit de facto que j’étais beaucoup. Je sais que je suis particulière, aimable à mes heures, et que j’ai l’air fascinante. La réalité c’est autre chose, et j’ai été brutalement franche avec lui. Pas de cachette, il allait savoir à qui il avait affaire. Je lui ai offert une porte de sortie, il ne l’a même pas regardée.

Des semaines se sont écoulées, j’ai essayé de le repousser, de résister... puis, j’ai cédé. Je me rends. Un matin, j’ai su. Je le savais un peu beaucoup depuis le premier regard; notre rencontre n’avait rien d’ordinaire. Un cadeau que je refusais obstinément, de peur de ne pas le mériter, de le gâcher, de le perdre, comme tout le reste. Je savais aussi, que malgré nos sentiments puissants et cette ''fatale attraction'' si profonde... je pouvais gâcher cet état de grâce et le blesser. Ce que je ne désirais nullement. Ce matin là, je l’attendais, je savais que nos vies allaient prendre un tournant décisif. Il était venu la veille, et l’ombre d’un baiser avait très peu subtilement planer entre nous. Je m’étais sauvée comme une pleutre, paniquée. Ça se comprend sans doute et pourtant, je sentais que c’était... une erreur? Presque contre nature. Difficile à expliquer si on a pas vécue une telle alchimie, une telle connexion, de telles retrouvailles cosmiques. Et oui je sais à quel point ça sonne à la fois quétaine et ésomantante. Moi-même avant de vivre ceci, je n’y croyais pas, je roulais des yeux et je méprisais un peu secrètement ce type de concept, croisement entre Harlequin et Disney.

Ce jour-là, je l’ai embrassé, alors qu’il croyait m’avoir perdue et devoir faire une croix sur nous, sur moi. Tout en sachant qu’il ne pourrait pas. Il m’avait offert son cœur, je lui ai retourné la pareille de toute mon âme ce jour-là. Dès ce moment, nous avons formé un couple. Et il est adorablement intraitable à ce sujet... et je suis tout à fait du même avis. De mon côté j’ai su que j’étais enfin rentrée à la maison. Un sentiment incroyable et une réalisation surréelle. Idem pour lui, sa quête était terminée, il ne cherchait plus. Il m’avait trouvée et, me tenait contre lui. Avec l’intention de ne pas me laisser partir et, sachant déjà qu’il voulait m’épouser. Ça je ne le savais pas, et c’est tant mieux car j’avais déjà peur et je ne comptais pas me remarier à ce moment-là. J’étais d’ailleurs toujours mariée au père de mes merveilleux fils.

Depuis, je lui ai montré à quel point je suis beaucoup. Nous évoluons ensemble dans une relation très fusionnelle et authentique. Il n’a jamais même pensé prendre la poudre d’escampette. Il a parfois omis, voulu me protéger pour certaines périodes. Il est toujours là, plus solide et amoureux que jamais. Il a aiguisé son courage au contact de mes blessures, de mes carences et de mes traumas et leurs ramifications dans mon être. Du courage, il n’en manque pas. Il a parfois trébuché, mais n’a jamais perdu pied. Il n’avait jamais daigné utiliser son courage et mettre son cœur en jeu ainsi auparavant. Il ressentait toujours un certain détachement, une certaine indifférence pour laquelle il devait toujours compenser. Un peu comme moi, passé maître dans l’art de donner forme aux attentes et désirs des autres. Méthode qui ne se révélait pas toujours sans faille, certaines détectant son détachement à des degrés divers. Une fois pris avec le real deal aka moi, c’était une autre histoire. Nous avons fait battre nos cœurs en symbiose au premier regard, nous avons fait jaillir des sentiments que nous ne savions pas pouvoir éprouver, qui se sont révélés, réveillés et imposés à nous au fil du temps. À se côtoyer, se découvrir et se tourner autour, au quotidien au boulot. Et dans cette amitié dans laquelle nous avions tout les deux ranger nos véritables sentiments pour d’honnêtes raisons variées.

Il y a de mes blessures très grandes, qui font très peur. La peur principale? Me perdre. Parfois on peut perdre du vue la force des liens, surtout car nous y sommes tellement vulnérables. Parfois une réponse à une question précise a attendu avant de se révéler. Parfois. Sans conséquence, sans importance, mais, cela réveille mes blessures. Aujourd’hui, le courage est pleinement déployé. Mais l’époque au cours de laquelle nous découvrions encore l’étendue de nos sentiments, de notre amour et toute son étendue et sa profondeur. Époque aux nombreux bouleversements. Nous étions vulnérables, nous avions peur de beaucoup de choses, nous avancions ensemble dans l’inconnu d’un nous alors plus grand que nous deux. Désormais nous l’incarnons, nous le savons, et nous sommes. La communication est limpide, le lien transparent et le courage, décuplé. Devenu une évidence. En fait peut-on parler de courage? Dans l’optique ou je lui avais claironné qu’il fallait être fait fort pour composer avec moi... oui. Nous avons beaucoup grandi au contact l’un de l’autre. Le courage dont je le voyais pourvu, brille désormais dans toute sa personne. Se déployant dans toutes ses actions, ses choix et ses décisions. Il est plus mûr et éclairé, et sûr de lui. Évoluer et croître ensemble est un tel bonheur, un réel privilège.

Je suis encore convaincue que je suis beaucoup, certains jours. Je sais cependant que pour lui, je ne suis jamais trop, ni beaucoup. Juste assez. Faite pour lui. Jumeaux cosmiques, âmes sœurs majeures, anam cara, flammes jumelles... appelez cela comme bon vous semble. J’ai trouvé celui qui sait m’aimer entière, sans masques, murs, ni zones interdites. Il connaît chaque recoin, et il les embrasse sans hésiter, avec un amour absolu. Que je lui retourne parfaitement et totalement.

 


Thursday, January 20, 2022

L'Ex

 



Au premier regard, nous nous sommes reconnus, sidérés, amoureux au premier regard, puis... plus rien. Notre amour prendrait des mois, des années à émerger de nos réserves, de nos incrédulités parallèles et de nos peurs que cela ne soit pas réciproque. Au fil des années, les moments magiques au cours des quels notre chimie est apparue furent nombreux. Trop nombreux pour nier et ignorer et pourtant, c'est que nous avons fait. Nous nous sommes retrouvés au premier regard échangé et puis, plus rien... j'étais mariée et toi, célibataire, mais pas pour longtemps. Brûlant de ta quête de trouver ta princesse charmante malgré un cynisme latent grandissant, et avec ce succès auprès des femme, si aisé. Je t'ai servi mon habituel baratin de femme mariée heureuse, et tu y as cru, et tu as fermée la porte qui venait de s'ouvrir. La vie a continuée, suivant son cours. Nous faisions doucement connaissance, puis un jour tu es venu me demandé ce que c'était l'amour. Me disant que tu n'avais jamais été amoureux, si candidement et sincèrement. Tu me faisais part du même souffle, que tu avais rencontrée deux filles, que tu hésitais. J'ai essayé de t'aider à y voir clair. 

Quelques jours plus tard tu avais fait ton choix. Dès le départ les choses sonnaient faux et, tu semblais malheureux. J'ai rapidement au fil des mois et de tes confidences, eues des intuitions très claires. Elles seraient confirmées plus tard, avec une incroyable justesse. En attendant, je te voyais essayer si fort que ça fonctionne. Tu l'avais choisie car elle était différente, et tu avais pas mal tout vu et vécu beaucoup. Elle était dotée d'une ouverture d'esprit hors du commun qui t'a mené sur des chemins et des aventures. Tout cela t'a bousillé, toi, bel être sensible. Mais tu éprouvais le besoin de te shooter à la nouveauté, pour vibrer, ressentir quelque chose dans cette vie sans début ni fin. 

Notre amitié s'est déployée, et notre  chimie devenait de plus en plus difficile à éviter. J'écoutais, tes nombreuses questions qui devenaient rapidement des évidences. Tu étais malheureux et tu l'as été toutes ces années. Je n'ai jamais pris avantage de cette situation, ni du rôle que tu m'octroyais. Jamais. Même lorsque notre chimie est devenue évidente, je contournais et j'évitais. Tu étais en couple, j'aurais été incapable. Oui nos sentiments réels filtraient de plus en plus, malgré nous. Ce ne fut jamais par exprès. Je t'aimais trop pour foutre le bordel dans ta vie amoureuse déjà houleuse. Je me contentais de conseils doux qui te ramenaient vers toi, et de t'offrir mes oreilles. 

Oui je voyais beaucoup de choses; entre toi et elle, dans vos rapports. Oui j'avais un portrait assez juste de sa personne. Jamais je n'ai rien dit. J'ai été bêtement et respectueusement, une bonne amie. Le meilleur exemple est ce soir de février 2019 alors que nous célébrions l'anniversaire de Renoir Leblanc. Vous étiez présents toi et elle, et tu avais l'air tellement ailleurs, tellement malheureux. Ce soir là je suis partie soudainement, brusquement et tôt. Tu étais assis entre elle et moi, tu as senti quelque chose et tu étais triste de me voir partir, et tu m'as demandé franchement pourquoi je partais. J'ai inventé une raison, et tu as su la vérité... seulement une fois que nous formions un couple. De très nombreux mois plus tard. Je tenais ma langue, je ne voulais faire de mal à personne, et te laisser vivre ce que tu avais à vivre sans interférer. 

Je n'ai jamais dit un mot contre celle qui était ta blonde. Jamais. Pour moi, ça ne se faisait pas et c'est un manque flagrant de respect pour elle comme pour toi, à l'époque. 

Lorsque votre histoire s'est carrément effritée, j'étais aux premières loges. Depuis le début... début de la fin dirais-je. Elle n'avait jamais fait battre ton coeur, tu avais donné une chance à cette histoire, t'investissant avec désespoir. Écoeuré de chercher, de passer d'une histoire à une autre, d'une fille à une autre. Tu n'en pouvais plus, tu as décidé de la quitter... ce fut une pause suivie d'un essai car tu te sentais tellement coupable de lui faire de la peine. Finalement, elle te quittait quelques semaines plus tard.

Tu aurais du être détruit... tu étais serein et libre, heureux. Tu disais adieu à deux ans et demi de ta vie, mais tu étais heureux de passer à autre chose. Tu me disais à quel point tu voulais rien de moins que la femme de ta vie, pour une relation sérieuse ou tu t'investirais et, rien de moins. Vous vous êtes revus, au mois de mai, lorsque j'étais en Irlande. Mai 20019. Tu lui as dit les mots qu'elle voulait entendre, tu as joué l'ex triste, ne voulant pas le blesser. Vous ne vous êtes plus revus. 

Nous parlons souvent de toutes ces années, des moments évidents de complicité, en passant par les moments magiques entre nous. Tu me dis souvent, que si tu avais su pour mon mariage de façade, tout aurait été différent. Cette histoire n'aurait même pas vu le jour, selon toi. Et si tu l'avais appris en cours de route, tu serais parti de ce navire abîmé dès le début, sans hésiter. Tu as sauté dans cette relation car j'étais mariée, heureuse, inatteignable. C'est à dire à quel point je ne laissais rien filtrer de mes sentiments réels pour toi, mais aussi de ma réalité maritale. Même avec toi à qui je disais plus qu'à quiconque. Tu aurais été célibataire, j'aurais peut-être craqué éventuellement. Tu étais en couple, et pour moi c'était un non. Point à la ligne. 

Je t'aimais, j'avais ton bien-être à coeur. Mes sentiments, ils n'avaient rien à faire hors du secret de mon coeur. Ma place, c'était celle d'amie. Point à la ligne. J'affichais et je brandissais mon faux bonheur conjugal, l'étendant entre toi et moi. L'illusion était parfaite. Même si avec le temps, nos sentiments à tout les deux, fissuraient de plus en plus nos murs et nos résistances. 

Toi et moi, c'était simplement écrit dans le ciel. 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...