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Wednesday, August 3, 2022

Ton regard sur moi

 

Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traumas, à quel point je me cachais. Dissimuler sous les apparences d’une vie parfaite. Ne pas faire de bruit, ne pas déranger, certes. Aussi, je me trouvais lourde, laide et difficile à aimer, dans mes vérités. Connues de moi seule. Et seule, je l’étais atrocement. Même sous mon propre toit, je m’étais formatée autant que possible, pour éviter les foudres, les abus, les violences diverses et les disputes. Cirant, arrondissant et enfonçant tellement et tant, de parties de moi. Me taisant. Ma vie en apparences harmonieuse, je la racontais par chœur. Je la jouais si bien, trop bien. Fuyant le très peu de gens qui voyaient un peu, qui sentait quelque chose. Je contrôlais le mal supplémentaire que l'on pouvait me faire. Surtout, je soulageais les gens de mes cicatrices, mon bagage lourd et mes maladresses et autres vulnérabilités.

Toi, tu as vu clair tout de suite et j’ai eue la frousse. J’étais irritée aussi. Ignorant jusqu’ou portait ton regard. J’ai mis tout en oeuvre pour tromper tes sens, pour plusieurs bonnes raisons. Celles habituelles, et celles, qui étaient vouées à nous séparer. À nous empêcher de se rapprocher. J’ignorais que tu étais une telle force de la nature. Plus forte que ma volonté et mes écrans de fumée si nombreux. Plus fort que toutes mes peurs, mes doutes et l’énergie que j’ai mise à te tenir loin. Donc au final, ça n’aura servi à rien. Nous étions destinés l’un à l’autre, oui, oui… même si simplement de l’écrire me fait encore sourire un brin. Au moins, je ne grince plus des dents et je ne roule plus les yeux!

Tu as accueilli depuis le jour un, ce que je moi, je parvenais à t’offrir et te montrer. Confiance et sécurité tu m’as rapidement inspiré. À mon grand désarroi. Et chaque fois que j’essayais de me rendre repoussante en te montrant certains côtés de moi, cela faisait tout le contraire, pour ma plus grande confusion.

J’ai cru que je serais trop. Je te l’ai d’ailleurs dit dans les premières paroles dites juste après que tu m’as fait l’aveux de ton Amour. Juste après mon silence paniqué et ma tronche béate, je t’ai dit, parmi plusieurs choses, que j’étais beaucoup. Le menton levé, tête haute, te mettant en défi. Essayant de te faire peur, te faire fuir, te faire te rétracter. Je t’ai clamé avec sincérité, que j’étais beaucoup. Cela est d’autres paroles tricotées pour te décourager. Tu avais réponse à tout, tu ne cédais et ne reculais pas d’un iota. Tu n’avais jamais offert ces mots, sans un pincement. Mes machinations n’allaient pas de repousser, et tu avais réponse à toutes mes tentatives de te faire peur. Car tu avais réfléchi, pensé et envisagé. Car tu es comme ça. Romantique et logique. Intelligent cérébralement et de cœur aussi. Tu n’allais pas me mettre ton cœur entre les mains sans penser aux implications pour toi, et, pour moi. Oui, moi. Moi et ma famille, moi et ce mariage que tu croyais heureux, moi et ce que tu connaissais de mes blessures. Avant de me mettre à risque, tu avais réfléchi. Et tu avais donc, des réponses pour chaque objection, chaque tentative de tuer encore ces sentiments… même si je te les avais avoués. Après avoir été paralysée par l’aveux des tiens, entre émerveillement viscéral et une peur froide. Tu venais de te mettre à nu et moi, j’étais propulsée au ciel et en enfer, simultanément. Paralysée, cet air de biche devant des phares, que tu causerais souvent chez moi, durant nos premiers mois. Pris dans le moment d’après, suspendu à mes lèvres ouvertes qui n’offraient que le silence. J’ai littéralement cessé de respirer, les yeux écarquillés. Tu m’offrais l’impensable. Avec douceur, je me souviens très bien que tu m’as demandé, brisant le moment de suspension, si je t’aimais en retour.

Dans un souffle, malgré moi, je n’ai pas pu prétendre. Je n’en avais pas la force. J’en étais en fait incapable. Je me souviens des mots qui sont sortis si naturellement de ma bouche. Dans un souffle. Presque un murmure. Soulageant. Effrayant. Mais, la vérité. Celle que je tentais de tuer durant toutes ces années. Elle venait de franchir mes lèvres, et rien n’aurait pas l’arrêter. Je le savais. Je ne pouvais faire autrement. J’étais libérée et tétanisée à la fois. Je ne dis pas je t’aime à la légère. Et je ne l’avais jamais dit de cette manière. Jamais. C’était à la fois la chose la plus naturelle du monde, et la plus absurde. Je ne savais pas ce qui allais arriver, ce que nous allions faire de ces aveux. Le monde venait de changer et nous ne pourrions pas revenir en arrière. Je t’en ai voulu un peu, de m’avoir bousculée ainsi. Te l’ai-je déjà dit?

Alors s’est ensuivie mes parades et ma montée de bouclier habituelle. Avec douceur et détermination, fort de ta sincérité et de la certitude de tes sentiments et réflexions, tu es demeuré debout. Sous mes assauts verbaux. Je ne te faisais pas peur. Je ne te ferais pas fuir. De nous deux, j’étais celle qui avait peur. J’étais terrorisée. Tu étais ce que j’avais voulu éviter depuis ma tendre enfance, et ce contre quoi j’avais lutté durant les trois années de notre amitié jusqu’à… ce moment. Ma vie et ses apparences, mon armure, ma forteresse et mes masques. Mon futur, mes précieux fils, cet homme que j’appelais mon mari. Le boulot. Et toutes mes cicatrices, et mes vulnérabilités.

J’ai eu peur longtemps. Longtemps. Et pourtant, ce n’était que la pointe de l’iceberg. Nous le savons tout les deux aujourd’hui. Mon bagage était bien plus gros et douloureux que moi-même je ne me doutais. Et tu es toujours là, avec la ferme intention de rester. De n’aller nulle part si je n’y suis pas. Tu aimes de moi, chaque maladresse, chaque grimace, chaque larme et chaque cicatrice.

J’ai cru que j’étais trop laide et trop lourde pour être vraie et m’offrir aux regards. Le tien, me prend tout entière, et rien de moins. Que l’on ne me dise plus jamais, que l’Amour de l’autre ne guérit pas. Oui l’amour de soi, bien évidemment. Mais oui, aussi, l’Amour de l’Autre. Ça sauve, ça guérit. Ça soigne et ça unis. C’est grand, l’Amour. Et ça peut-être très puissant lorsque sain. L’Amour Alchimique. Le nôtre. Si on ne fait que s’y perdre, c’est une erreur bien sure. Si on s’y perd et s’y retrouve, c’est une tout autre histoire.

La nôtre, est si belle.

Thursday, July 28, 2022

Premier déjeuner

C’était après ces semaines à s’épier à la dérobée. Ces semaines à faire connaissance avec nos collègues; toute l’équipe sauf l’un et l’autre. Une habitude que nous n’avions d’ordinaire, ni l’un ni l’autre. C’était après ces semaines à se tourner autour, déjà intrigués l’un par l’autre au-delà des mots. Troublés. Sans comprendre. C’est après que notre collègue Audrey nous a parlé de l’autre, à l’un et à l’autre. C’est après cette poignée de main avec laquelle je t’ai surpris au détour d’une rangée, entre les suppléments et les cosmétiques. En me présentant. Après avoir enfin échangés nos prénoms. Après cette première longue discussion qui finalement se poursuis encore à ce jour.

Cette discussion n’était pas assez longue, nous étions très curieux l’un de l’autre. Nous avions encore bien des choses à nous dire. Nous ne pouvions pas décemment poursuivre cette conversation au boulot. Nous sommes convenus d’un déjeuner jasette.

Première date pas date? Avec le recul, probablement. Je ne voyais pas encore à quel point tu es grand. Tes charmes physiques n’avaient aucun effet sur moi à ce moment, car je ne les avais pas remarqués. Ce qui me frappait, c’était cette impression troublante d’appartenir à un étranger. De quoi me distraire amplement de ta beauté masculine! Cette impression que tu m’appartenais aussi, incontrôlable, découverte au jour le jour, dans une série de réactions que je n’avais jamais vécues ni éprouvé de toute ma vie. De quoi me laisser pantoise et abasourdie. Un brin énervée et contrariée aussi.  

Ma vie tournait autour de mes merveilleux fils et de ce partenaire, leur père, qui cultivait un désert amical et affectif autour de moi. Je n’avais que très peu d’amis, et certainement pas des amis de sexe masculin. Sauf mon irréductible frère de cœur. C’était impensable. J’avais sacrifié ces amitiés qui avaient été pourtant fortes et nombreuses avant l’arrivée de ce partenaire dans ma vie. Aussi, bien évidemment, je n’ai rien dit de ce déjeuner à mon partenaire de l’époque. J’avais mes raisons. Point à la ligne. De bonnes raisons.

J’étais nerveuse comme à un premier rendez-vous et pourtant, ton fameux charme ne faisait pas encore son effet sur moi. Suffisait tout le trouble que tu causais en moi et que je commençais à peine à comprendre avec peur et fureur. Ton regard grave et sans détours, ton intelligence intimidante et tes nombreuses questions droit au but. Cette sécurité et cette naturelle chimie déjà omniprésente entre nous. Tout cela me rendait nerveuse. Affreusement nerveuse. Je n’étais pas séduite et réduite à une de tes nombreuses admiratrices ( je n’en avais d’ailleurs aucune idée à l’époque). J’étais une épouse qui mentait à son mari pour un peu de liberté, une honnête bouffée de liberté. J’étais surtout intriguée par ta personne, oui, mais aussi et surtout, par ce qui se dessinait déjà entre nous. Sais-tu que j’espérais nous examiner et trouver le moyen de tuer tout cela dans l’œuf? Et comme nous le savons tout les deux désormais, ce efficace un temps, mais au bout du compte, inutile.

Non, je n’étais pas séduite mais nerveuse et intriguée. Lorsque tu es entré dans le Allô Mon Coco, mon cœur a quand même fait un bond dans ma poitrine. Un bond que je ne lui connaissais pas et, j’ai eu encore plus peur, de toi. Terriblement peur. J’ai essayé de dissimuler cette peur et l’inconfort qui allait avec. Je me détestais de perdre mes moyens. Malgré tout, cette conversation qui se poursuivait entre nous, fut intéressante et même, plaisante. J’ignorais que tu allais devenir mon meilleur ami. Encore plus loin de moi, l’idée qu’un jour, tu deviendrais mon Mari.

Monday, July 18, 2022

Limites

 

Nos limites s’arrêtent à nous. Lui et moi. Nous avons vécu nos vies avant de nos rencontrer. Nous avons vécu nos aventures diverses, lui en me cherchant, moi, en l’attendant. Maintenant que nous nous sommes trouvés, nous sommes exclusifs. Monogame sans effort. C’est d’ailleurs une question qui a franchie mes lèvres, une fois ses sentiments avoués et réciproqués. En fait, ce n’était pas une question. J’ai brandi sous son nez, des faits appartenant à sa vie personnelle et intime, qui étaient totalement incompatibles avec moi. Ma nature de femme et d’amoureuse. Je croyais naïvement que cela suffirait à mettre de la distance entre nous. À lui faire peur, à l’éloigner. Hors, il y avait longuement réfléchi. Il avait des réponses à me donner. Mûries. Pleines de sens et de vérité. Il était intègre, sérieux, honnête et sincère. Je n’étais pas l’habituelle potentielle ou prospecte, j’étais LA bonne. Le summum. Sa personne. La seule à avoir fait battre son cœur, l’avoir vu, l’avoir touché et surtout, à ne pas lui avoir fait ressentir ce pincement. Caractéristique de ce malaise physique et émotionnel, qu’il avait ressenti invariablement à chaque fois avant moi.

Je savais beaucoup de choses, j’allais en apprendre davantage avec le temps. Il a toujours été un grand romantique, puis, ne parvenant jamais à ressentir autre chose qu’un pincement dès le départ, il s’est lancé dans d’autres aventures. Pour ces raisons et d’autres qui lui appartiennent, il s’est fait mal. Il s’est étourdi dans ses blessures, qu’il s’infligeait. Parfois, pour se sentir vivant, on se fait mal. On repousse nos limites. On traverse toutes nos barrières, et ensuite, difficile de revenir à soi, de se reconnaître et se retrouver.

Ayant été sa confidente, son amie, je savais qu’il n’avait pas été heureux dans sa dernière relation même s’il avait eu la chance de ‘’tout’’ essayer. Cette relation ne s’était pas révélée ce qu’il espérait. Il désirait une relation monogamme, exclusive et harmonieuse. Comment y parvenir lorsque le cœur n’y est pas?

Bref…

Sachant tout cela, j’avais brandi les patterns de son ancienne relation, entre nous, comme si cela allait nous protéger d’avancer plus encore l’un vers l’autre. Il m’a ouvert davantage son cœur, m’a révélé ses désirs et ses valeurs les plus profondes. Avec sa sincérité, et sa candeur. Et l’aplomb de ses longues réflexions.

Depuis ce jour, bien des limites ont été franchies. Dans notre territoire exclusif à nous deux. Lui et moi. Cette confiance, cet épanouissement, ce désir qui ne s’essoufle pas. Nous laisse ivre l’un de l’autre en permanence. Difficile à expliquer. Moi, je n’y croyais plus, lui, cherchais avec de moins en moins d’espoir au cœur. Nous sommes amoureux, heureux, et comblés l’un par l’autre à tous les niveaux. C’est un peu troublant à quel point cet amour est grand, absolu et véritable. Nos limites sont claires, mais surtout, sont pour les autres. Nous, on ne sent pas vraiment les limites, trop occupés, comblés et obnibulés l’un par l’autre.

Thursday, July 14, 2022

Fidélité et réalité

J’ai toujours cru que les liens du mariage étaient sacrés, et ne devaient pas être brisés. Ni parle divorce, ni par des infidélités. Je suis extrêmement loyale et fidèle. Et je ne voulais en aucun cas reproduire les unions instables, violentes et se terminant rarement autrement que dans les drames et les larmes, qui m’avaient entourée depuis ma tendre enfance. Je voulais autre chose pour mes enfants. Je désirais une famille plus qu’un mariage et je ne tomberais pas amoureuse, ainsi en avais-je décidé. Du haut de mes seize ans. Mariée à dix-huit ans, je suis demeurée auprès du père de mes fils, durant vingt-quatre ans. Et il avait été le seul homme dans ma vie. Malgré la toxicité et diverses sortes d’abus, je suis restée. Jusqu’à songer à une manière de quitter ce navire qui allait couler ou faire naufrage, éventuellement.

Si on m’avait dit que je tomberais amoureuse, que je rencontrerais le grand Amour. Celui comme dans les films. Celui de toute une vie. Celui que beaucoup cherchent et espère. Celui qui change une vie. Celui qui réunies deux âmes qui forment un tout. Celui qui donne l’impression (réelle) de rentrer à la maison. 

Celui qui ferait, que je repenserais toute ma vie, et que je franchirais des limites que je ne pensais jamais être capable de transgresser.

J’étais encore mariée lorsque j’ai embrassé celui qui est désormais mon Mari. Mariée et amoureuse d’un autre homme que le père de mes enfants. Une chose que je n’aurais jamais cru être capable de faire. Une chose pour laquelle je me suis jugée. Je comprends maintenant que parfois, les choses ne sont pas si simples, et que l’amour établies parfois ses propres règles. Je comprends surtout, que mon premier mariage en était un sans amour, de survie et de devoir. Sans parler des abus, de la toxicité et de la violence. Personne ne devrait s’imposer de rester dans une telle relation. Je me l’imposais pour plusieurs raisons, et d’autres raisons qui me retenaient, la plus importante; mes fils. La famille. Si chère à mon cœur. Au moment de rencontrer l’Homme de ma vie, mes fils étaient majeurs. La vie fait bien les choses.

Le mariage demeure sacré. Il prend tout son sens avec mon nouvel époux. L’amour règne mur à mur dans cette union saine, merveilleuse et épanouissante.

Concernant la loyauté et la fidélité, mon Époux et moi ne rigolons pas. Nous sommes totalement sur la même longueur d’ondes. Aussi, lorsque des amis ou connaissances témoignent de l’intérêt à l’un d’entre nous comme cela nous est arrivé à quelques reprises, d’un côté, comme de l’autre, c’est un gros non. Commun, et sans appel.

Que l’un ou l’autre se fasse faire des yeux doux étoilés par autrui et c’en est terminé. Nous tournons la page. D’un même geste, d’un accord tacite et complice. Cela nous est arrivé de nouveau récemment.

J’aime les discussions que nous avons eues malgré la décision sans équivoque. J’aime notre complicité, notre absolu en commun et nos valeurs qui s’épousent parfaitement. La décision fut prise sur le champ, mais nous avons discuté ensemble de la situation, comme nous le faisais pour chaque sujet. Après tout, notre relation a débuté sur une conversation que nous continuons à ce jour.

Parfois, la réalité d’un mariage malheureux mène des individus à franchir des limites qu’ils ne croyaient jamais franchir. Parfois, la réalité d’un mariage heureux fait de deux partenaires très amoureux et tissés serrés, un front commun implacable face aux flirts, aux allusions ambiguës et aux comportements douteux et frôlant certaines limites.

Je possède toujours mes valeurs, mais mes convictions sont beaucoup, beaucoup plus nuancées.

 


Friday, July 8, 2022

Encore

 

Lorsque ton corps glisse sur le mien,

Je ne vois plus le Soleil

Il n’existe que toi.

Ta peau, ta chaleur.

 

Ton sexe en expansion

Au plus profond de moi.

Ton cœur contre le mien,

Et entre mes mains.

 

Tu éclipses le soleil,

Ta stature colossale,

Surplombant ma nudité,

Tes yeux versant ta lumière,

 

Dans mes yeux ouverts.

Ta verge déversant,

Ta sève entre mes cuisses béantes,

Mon corps pantelant,

 

Qui en redemande encore.


© Caroline C. Ritchie 2022

Thursday, July 7, 2022

Fatale

 

Tu es la plus belle des fatalités. Je ne sais plus ou tu commences et ou je finis. Fatale attraction. Fascination. Au premier regard. Reconnaissance subite et instantanée, qui t’a laissé éberluer et confus. Alors que je comprenais, et que je me sauvais avec notre inexorable vérité. L’amour c’était fatal. Douleur, perte et pleurs. Non merci. Je me croyais au-dessus de nous, plus forte que ces sentiments partagés que je voulais oublier. Comment oublier alors que nous nous cotoyons chaque jour? J’avais sousestimé la force de l’Amour, le vrai. J’avais surestimé ma capacité à faire face à cet événement que je n’attendais plus depuis mon enfance en fait.

Je suis la plus heureuse des femmes d’avoir ouvert mon cœur. D’avoir cessé de lutter. Je sais, qu’un Amour comme ça, ça n’arrive pas à tous. Je suis consciente que nous vivons quelque chose d’assez rare, d’assez unique. Par contre, notre Amour a ouvert mon cœur d’une curieuse manière. Je crois à l’amour. Je crois que les gens qui désire ce que nous avons, font fausse route. La plupart ne seraient pas prêt pour un amour aussi absolu! Haha! Par contre, il y a tellement de type d’amour. L’affaire, c’est que les bons cœurs ont peur (avec raison) de se faire prendre dans une histoire broie-cœur. Nous vivons à une drôle d’époque.

Celle qui voit un tas d’âmes volontaires, courageuses et inspirées, qui luttent pour les différences, pour abattre certains standards ridicules. Entre autres combats et causes. Malheureusment, la superficialité, l’individualité et cette société ou tout est rapide et jetable, prennent encore beaucoup de place. Dans ce contexte, les cœurs tendres rencontrent souvent bien des requins et des vautours avant de (peut-être) rencontrer un autre cœur tendre. Pourtant, j’y crois. Ferme. Fort. Si moi, cela m’est arrivé, c’est possible, non? Si Lui et moi, nous existons, c’est que l’amour existe. Je suis d’un nouvel optimisme.

Il y a les contes Disney, il y a les romans Harlequins et il y a la vie. Sans m’en rendre compte, j’étais imprégnées de toutes ces choses, qui me faisaient croire à un modèle inatteignable. Mes rêves de petite fille étaient trempés et forgés dans les films de Disney, quelques lignes d’Harlequin et de bien des larmes versées par les adultes autour de moi. Les larmes qui roulent sur les joues, et celles, que l’on ne voit pas. Invisibles, mais qui existent quand même. La vie (lire ici un reflet de société) me donnait grosso modo un modèle que j’ai suivi, minus les sentiments amoureux. Je ne voulais pas avoir le cœur brisé, je ne souhaitais donner ce pouvoir à personne. Je me suis mariée (jeune qui plus est) j’ai eu deux (merveilleux) enfants, une maison, des chiens et des chats. Le temps a passé et outre mes enfants, ce mariage se révéla malheureux. J’ai gardé la tête haute, j’ai tout donné pour que cela fonctionne malgré mon cœur verrouillé. Et aux yeux des gens, j’avais tout.

J’avais 37 ans, j’avais un mariage de vingt ans pour épater la galerie et protéger mon intime solitude. Tenir les gens loin, avec l’illusion d’une vie parfaite. J’avais deux fils adolescents. Dans cette situation et à cet âge (dans ma tête pour plusieurs raisons j’étais déjà passée date) je ne voyais pas trop comment ma vie aurait pu connaître un tournant de conte de fée. Si je suis tout à fait franche, il n’y avait pas plus cynique que moi, dans le secret de mon cœur, concernant les vraies histoires d’amour. Elles me faisaient peur, envie ou me laissaient simplement sceptique. Par contre aussi, dans le secret de mon cœur, je me gavais de films d’amour, de romans. Pas sirupeux, pas de Harlequin pour moi merci. Mais, les histoires d’amour me faisaient vibrer, pleurer et à l’occasion, réfléchir sur ma propre vie. Je n’aimais pas trop regarder dans cette direction. Pour moi, la vie avait (tristement) deux possibilités; finir mes jours auprès de cet homme que je n’aimais pas ou bien mettre à exécution mon plan de partir. La deuxième option je la caressais secrètement depuis des années. Je serais seule, il ne faisait pas de doute dans ma tête. Je mentirais si je disais, que je n’avais pas pleurer en me disant qu’au fond, c’était triste de ne pas avoir connu l’amour. Je croyais que c’était pour une autre vie. Peut-être. Cette rencontre magique dont l’espoir dormait encore au fond de mon cœur d’enfant, serait pour une autre vie… si cela existait.

J’étais engoncée dans le rôle que je m’étais donné. À mon âge, on ne tombait pas amoureuse, on ne foutait pas sa vie en l’air pour l’Amour. Alors, facile de comprendre à quel point j’ai été bouleversée lorsque cet homme est apparu dans ma vie. J’ai nié. Lutter. Rien à faire! Ce n’était pas une simple attirance, et de toute manière je n’étais pas sujette à ce type de chose. Étant plutôt froide et très difficile. À vrai dire, j’avais davantage tendance à me retourner sur le passage d’une femme. Les belles femmes attiraient mon attention, mais les hommes non. Je trouvais certains acteurs très séduisants, j’avais un ''type'' depuis l’enfance, mais aucun homme dans la ''vraie'' vie ne m’avait fait détourner le regard, encore moins tourner la tête. Voilà que cet homme, ce collègue, créait un avant et un après. Si je suis totalement honnête, j’ai senti que nous étions l’un à l’autre assez rapidement. Je ne suis pas possessive ni jalouse, aussi, les éruptions de sentiments non sollicités furent très troublantes. Il avait dix ans de moins que moi, qui plus est. Quelle mauvaise farce du destin! Je reconnaissais l’alchimie et nos liens, mais je me disais que ce serait pour une autre vie. Un amour impossible, que je ne nourrirais certainement pas. Éviter la catastrophe qui résulterait de tout cela.

C’est dans ce contexte grosso modo que j’ai renoncé à toute la magie qui suintait de chacun de nos échanges, et chaque fois que nous étions en présence l’un de l’autre. J’ai été si habile qu’il a refoulés ses intuitions et les sentiments qu’il éprouvait aussi. Le faisant douter de cette magie entre nous. Je suis parvenue à lui faire croire qu’il était tout ce qui me déplaisait physiquement chez un homme. Et je lui ai fait de la peine sans le savoir! Et pourtant, il était tout et plus encore... je suis parvenue à lui faire croire que mon mariage était heureux et incassable. Jusqu’à la toute dernière minute. Il lui a fallu beaucoup de courage (chevaleresque qu’il est) pour mettre son cœur en jeu entre mes mains, alors qu’il croyait que je vivais déjà le grand amour. Il s’était déjà battu bien longtemps contre cette image, mais ma garde baissée lui avait laissé entrevoir certaines réciprocités.

Notre histoire a pris un tournant lorsqu’il a déposé son cœur entre mes mains. Bien sur je lui ai avoué mes sentiments réciproques. Ce n’est cependant pas lors de ces aveux que nous avons formé un couple et que notre histoire a pris une tournure amoureuse. Car j’ai continué de lutter! Brandissant l’image de mon mariage heureux, comme dernier rempart désespéré. J’avais encore la trouille. Je nous ai fait souffrir quelques semaines.

À un moment, je lui ai dit que c’était terminé. Le cœur mort et la gorge serrée. Évidemment il n’a pas accepté cette idée sans tenter un coup respectueux mais audacieux. J’ai su ce soir-là que la suite serait nous. Je le savais depuis... longtemps. Mais je ne savais pas comment et quand. Au fil des jours suivants, j’ai compris. Je ne voulais pas passer à côté de lui. À côté de ma vie. J’avais une chance inouïe de connaître un tel Amour. Je ne parle pas ici de passion et d’attirance (quoi que cela fasse partie de notre équation). C’est beaucoup plus grand, fort et surtout plus profond. J’avais passé ma vie à vivre pour les autres, pour le meilleur et pour le pire. Je me suis choisie, je nous ai donc choisis aussi. J’avais peur et j’ai traînée cette peur longtemps. Mais j’ai initié le baiser qui nous a unis. Celui qui a fait que je ne pourrais pas rester dans l’union dans laquelle je me trouvais alors depuis 24 ans. Il n’était pas un amant, ni une aventure. Et je ne désirais pas tenir le père de mes fils dans l’ombre.

J’ai choisi le bonheur, l’Amour et je me suis choisie. Je l’ai choisi, Lui. J’ai choisi de vivre et de prendre des risques. La mort rapide d’un être cher, un certain voyage en Irlande m’avaient aussi ouvert les yeux. Je ne pouvais pas passer à côté de nous. Ma plus belle fatalité, mon grand Amour. La fatalité parfois, prend des allures de bonheur et d’absolu heureux. Je suis heureuse d’avoir eu le courage de répondre à ton courage. De faire honneur à ton courage. Je t’aime tellement.

Tuesday, May 3, 2022

Torts rétroactifs

 


Lorsque l’on aime comme nous nous aimons, il n’y a pas de place pour la ‘’bullshit’’. Ni en soi, ni en l’autre et certainement pas entre nous deux. Plus le temps avance, plus j’ouvre grand les yeux. La grande majorité du temps, pour être émerveillée, mais aussi parfois, pour comprendre mieux. Saisir mieux certaines choses, souvent passées. Dernièrement j’ai compris plusieurs choses qui m’ont laissée sans voix. J’avais plus de cordes à mon arc pour comprendre ce qui s’est passé lorsque nous nous sommes enfin croisés. Lorsque nos regards se sont croisés. Je verbalise une part presque passive de ma part dans cette tranche de notre histoire qui s’étale sur quelques années. Il nageait dans la confusion, comme moi, mais j’étais mieux outillée. Je t’ai regardé me chercher parmi les zombies et les vipères. Je te voyais, mais je me taisais. Si fort, que même mon image de toi, j’essayais désespérément de l'entacher. Je savais, ce que nous étions, mais je ne voulais pas le croire. Je voulais refouler la vérité. Je refusais l’évidence. J’étais apeurée et incrédule, devant la vérité, et la force de que ce qui nous unissait malgré nous. Comme ce que l’on voit dans les films, comme ce que l’on lit dans les romans, et comme dans la plupart des rêves er espérances de la moitié de cette planète. Honnêtement, ce que j’avais voulu éviter toute ma vie. LE grand amour par-delà les âges et les incarnations, plus grand que soi. Cette impression commune de rentrer chez soi, au premier contact avec un inconnu. Ce lien, cette attirance, cette magie, cette alchimie, ce magnétisme. Ce rendez-vous du destin que je n’avais pas sollicité. Cette collision de nos deux vies, à un moment si incongrus. Une erreur des étoiles, des fileuses du destin, un mauvais tour. Un truc improbable, une erreur de la nature. J’ai repoussé avec efficacité de toutes mes forces ce qui a explosé entre nous, dès les premières secondes, comme dans les plus beaux romans d’amour. J’avais décidé seule, d’avorter cet impossible Amour. Quitte a t’aimer en silence, à me lever chaque matin en gainant mes sentiments dans une armure factice mais si crédible. Pour le monde entier, mais surtout, pour toi. Mon armada de mensonges pour te tenir loin, pour me protéger. Car pour ce que j’en savais de la vie jusqu’ici, la liberté se trouvait dans la solitude et, aimer, ne pouvait que briser. Outre, l’amour maternel. L’amour, ça se terminait toujours mal, et ça ne pouvait que faire mal.

Je n’ai pu éviter de devenir ton amie. J’avais trop besoin de ta présence, de tes yeux et de… toi. J’avais été présomptueuse de croire que ce serait si facile. J’ai compris que je souffrirais toujours en silence, car je t’aimais et jamais je ne te ferais part de mes sentiments. J’ai enfilé ma robe d’amie, mais j’ai maintenu mes barrières érigées. Brandissant mon mariage faussement fabuleux avec une force inouïe entre toi et moi, te blessant parfois au passage, sans le savoir crois-moi. Je n’ai jamais voulu te blesser. Je ne comprenais pas toute la beauté de ce cadeau, que je rejetais sans cesse. Que je n’en finissais plus de lancer au bout de mes bras. Quoi que je fasse, tu te rapprochais de moi. Je frappais plus fort en ramenant mon mariage heureux, et ça fonctionnait. Même si au fil du temps, confus, tu vivais quand même tes propres doutes et révélations.

Je nous ai tenus loin l’un de l’autre. Je ne voulais pas de cet amour là. J’ai mis tellement de choses en œuvre pour nous empêcher de vivre autre chose qu’une amitié. Essayer de te mettre dans des petites boîtes; womanizer, trop jeune, adulescent, collègue, ami, employé… name it. Rien ne fonctionnait… je te voyais bien trop clairement, depuis le jour un. Et puis, je me sentais malhonnête, coupable, dès que tes yeux confiants et candides croisaient les miens.

L’amour pour moi, ça finissait toujours mal. Je ne voulais pas me soumettre à cela, je voulais t’éviter ça. L’amour, comme dans les films et les romans, dans la vie ce n’était que tourments et larmes. Non merci. J’ai creusé entre nous, une distance, sans relâche, chaque jour. Presque avec acharnement. Te laissant dans l’ombre, errer et douter, et ressentir. Trompant ta vérité, étouffant notre possibilité. En essayant de mettre cela sur ton dos, que tu avais large. Au sens propre, comme au figuré. Trop beau, trop jeune. Polyamoureux, adepte du couple ouvert, de pratiques qui ne rimaient pas avec mes valeurs. Tu pouvais être mon ami, mais pas plus. Butineur, charmant et curieux qui se perdait dans les corps et les draps trop nombreux. Au fond? Cela ne me choquait guère, et je savais que ces apparences, que j’amplifiais d’ailleurs à mes propres yeux, ne te définissaient pas. Car malheureusement je voyais clair en toi. Je ne voyais pas toute l’étendue de ton mal-être, mais je voyais tes ténèbres et tes abysses tourmentés as soon as day one. Je devinais que c'était une route empruntée pour trouver quelque chose, mais sur laquelle, de plus en plus, tu te perdais. T'éteignais. Tu étais si malheureux. Je me saoulais de mensonges, pour me persuader que c’était encore moins possible. Honnêtement, parce que je te voyais si clairement, ça fonctionnait à peine.

Ce serait facile de mettre sur ton vaste dos, le temps perdu entre nous deux (qui heureusement, constitue malgré tout, la jolie trame des débuts de notre belle histoire) depuis le premier regard. Alors que, si tu avais su, tu aurais pris certaines décisions et tu aurais agi bien plus rapidement que moi. Ce n’est pas toi qui as ralenti le processus. C’est moi. Toi, tu cherchais et tu avais trouvé. J’ai brouillé tes pistes, je t’ai gardé dans l’ombre, je t’ai éloigné de la vérité. J’ignorais que durant ce temps, tu serais si malheureux, que tu vivrais tellement de blessures et de plaies. J’ai posé un bandeau sur tes yeux, j’ai trompé tes sens qui te guidaient sur le ‘’bon’’ chemin et je t’ai laissé errer et vagabonder, confus. Je n’en avais pas conscience bien sur, et ce qui est fait, est fait.

Cette prise de conscience ne fait pas de moi un monstre, ne change rien à notre histoire, si non que d’en comprendre encore mieux nos débuts. Me comprendre moi-même. Je peux peindre un portrait plus juste de notre histoire, en y prenant le rôle que j’y ai vraiment jouer. Cela change quelque chose pour moi. Je me vois de manière plus réaliste et plus juste. Cela équilibre les choses, de prendre ce qui me revient.

Lorsque l’on s’aime comme nous nous aimons, il n’y a pas de place pour la bullshit. En effet. J’ai compris tellement de choses. C’est troublant, mais apaisant. Prendre responsabilité, reconnaître le poids que j’ai eu sur nos débuts. Une humaine aux blessures vives, habituée d’être raisonnable. Voilà celle que j’étais avant toi. Voilà pourquoi j’ai lutté de toutes mes forces contre, nous. Oui ma famille, mes fils surtout. Mon précieux équilibre malheureux et inconfortable, que tu es venu fracasser et faire vaciller en surgissant subitement, simplement dans mon quotidien.

Je bénis ta ténacité, ton intuition qui bien que bernée car je brouillais tes signaux, fut plus forte. Je bénis ton courage, et une perte incommensurable, qui a brisé mon cœur. Me forçant à voir les choses autrement. La vie, ma notion du temps. Je bénis mon voyage en Irlande qui m’a ouvert les yeux de tant de manières. Tu n’es pas celui qui nous a mis des bâtons dans les roues, malgré les trompeuses apparences. Je suis celle qui nous a mis des bâtons dans les roues, jusqu’à ce que tu ne me laisses plus le choix. Jusqu’à ce que je comprenne, malgré mes genoux tremblants et mon cœur affolé. Je t’ai choisi au-delà de toutes mes peurs, mes doutes et mes blessures. Et j’ai assumé ce choix, dès lors que j’ai posées mes lèvres sur les tiennes. Je ne regrette absolument rien.

Lorsque nous nous aimons, comme nous nous aimons, c’est inéluctable, et résister, ne peu causer que des tourments plus destructeurs, que ceux que nous pourrions affronter ensemble. J’ai bien compris la leçon. Je ne suis pas l’épouse parfaite et vertueuse, qui s’est simplement retenue de ne pas sauter la clôture. Je n’ai pas été victime des événements, j’ai maîtrisé un peu trop bien la situation que je voyais naître entre nous avec de plus en plus d’acuité. Je n’ai pas été passive. J’ai activement mis des bâtons dans nos roues. Je n’étais pas prête, j’avais peur. Terriblement peur. J’avais cessé d’y croire.

Mais nous voilà. Et je suis heureuse d’avoir eu tort, je suis heureuse que tu aies été tenace, vif d’esprit et perspicace, malgré mes nombreux écrans de fumée. Je suis heureuse que tu aies briser mes barrières. Avec ton respect et ta délicatesse, mais aussi courage et détermination.

Je comprends, que nous ne pouvions pas passer à côté l’un de l’autre, et que tu as compris bien des choses, avant moi. Tu les as mieux comprises. Tu les as portées dans le concret. Tu as ouvert mon cœur. Je t’aime depuis le premier jour. Voilà. Aussi fou que cela puisse paraître. C’est dit. Sans être édulcorer. J’imagine qu’il faut le vivre pour comprendre. Même moi, il m’arrive encore, d’être émerveillée, prise de vertige et, de devoir me poser deux secondes, pour embrasser des yeux et de mon cœur grand ouvert, tout ce que nous sommes. Nous sommes réels, nous existons, nous sommes vrais, honnêtes et sincères. Et nous sommes tellement plus que dans mes rêves de petite fille, que dans mes espoirs secrets d’ado, que dans les livres et les films.

 

Tuesday, March 8, 2022

L'intrus

 


Avec le recul. Un recul de quelques années récentes, de multiples guérisons à divers niveaux. Avec le recul d’une femme qui a maintenant plus de moyen pour comprendre les événements, et se comprendre elle-même. Une chose me paraît plus claire; ma rencontre avec mon Mari. Cela m’a longtemps agitée. Troublée. Dès le départ et même une fois que nous avons unies nos vies, scellées par un premier baiser. Je parle beaucoup de cette manière qu’il a eu de me voir, de cette manière que j’ai eue de le voir. Je parlerai ici, que de la portion qui me concerne. J’ai été rapidement troublée par ses observations justes, cette impression paniquante que pour la première fois de ma vie, quelqu’un me voyait. Pour de vrai. Vraiment. Même les choses que je cachais, les ombres et la lumière (miennes et autres) avec lesquelles je jouais. Qui voyait immédiatement les dessous de mes mots et mes sourires. Oh! Je l’ai mené sur d’autres pistes souvent… sans lui laisser savoir à quel point il voyait et disait et visait juste. Il m’a donné des frissons mais aussi, des sueurs froides. Je me suis demandé ce qui se passait, et j’étais affolée, pour être bien honnête. Je me promenais dans ce monde, trimballant mon jardin intérieur derrière mes murs, ceux de ma forteresse sans une aucune porte, ni aucune issue. Là ou j’étais seule et en sécurité depuis entre mes quatre et six ans. Là ou a débutée la construction de cet endroit, le seul ou je me sentais en sécurité. Cet espace entre les mondes, que je portais en moi. Cet endroit ou mes fils avaient été les seuls à fouler le sol. Sans avoir conscience de ce qu’ils voyaient, de l’accès naturel et privilégié à la fois, que je leur offrais de manière inconditionnelle.

Avec le recul, je comprends que celui qui est devenu mon mari, ne faisait pas que voir. Il avait trouvé un chemin vers mes jardins, il avait franchi les infranchissables murs dont je m’étais entourée depuis ma tendre enfance. Il était entré sans même y être invité, bousculant l’ordre des choses. Mon ordre. Il a trouvé un chemin menant directement à… moi. Je me suis empressée de jeter entre lui et moi, mes meilleures illusions. Brandissant mon mariage faussement parfait avec beaucoup de conviction. Finalement ce fut en vain, car il connaissait le chemin, sans le savoir. Il a touché mon cœur et d’y est installé. Ou plutôt, il y avait déjà sa place et son empreinte, comme son nom éternel, de gravé. Je l’attendais, mais je n’y croyais plus. Lui, force est de convenir, qu’à force de me chercher, il est finalement arrivé à destination. Il m’a trouvée. Ses souffrantes recherches n’auront pas été vaines.

Assez drôlement, je le taquine souvent, quant au fait qu’il n’a rien vu et rien fait pour faire un pas vers moi, avant LE pas. Et il me rapppelle très justement qu’il a été chevaleresque, respectueux et très malheureux. À ses yeux, j’étais mariée et heureuse, il n’était qu’un ami. Et qui plus est, il ne croyait même pas me plaire physiquement, tant je jouais bien mon jeu. Malgré ce qu’il sentait entre nous et ressentais pour moi, cela lui semblait sans issue. Il a donc choisi la voix de l’amitié, et du respect. Chevaleresque. Il me dit souvent qu’eut-il su, eut-il eu un seul indice, un seul doute de ma réelle situation, les choses auraient été différentes. Il aurait fait un ‘’move’’ plus rapidement.

Je n’étais cependant pas prête, et j’ai eu peur. Terriblement peur. Sans blague. J’ai si bien brandie mes illusions entre nous, que moi-même j’ai cru qu’il ne réciproquait pas mes sentiments. Il y avait des phénomènes, une chimie et une électricité indéniables entre nous. Je mettais cela sur le compte d’un lien karmique, d’une ancienne vie, mais rien dans cette vie-ci. J’aurais dû comprendre, j’aurais du savoir, que le seul humain, le seul homme a touché mon cœur, à trouver un chemin qui n’existait pas, vers moi… devait être mien. Ici et maintenant. C’était trop beau. Ça n’existait pas. Il était trop beau, trop jeune, trop gentil, trop brillant. Pour être vrai. Je me rends compte que j’ai tout fait pour nous avorter, nous bousiller, pour au fond, me protéger. De manière égoïstement à survivre, seule, comme je l’avais toujours fait. Mettre mon cœur en danger? Non. Nope. No way.

Je sais maintenant que c’était aussi futile qu’inutile. J’avais devant moi un géant doux, tendre… que nos liens allaient réveiller. Réveillant ses sens, son courage et sa ténacité. Il n’allait pas renoncer aussi facilement, une fois les liens mis à nus, et mon cœur laissant filtrer sa vérité. Du moment qu’il a su, qu’il a senti, il n’avait pas beaucoup d’espoir, voir pas du tout, mais il a suivi son cœur. Je le trouve très courageux. Je salue son courage, et je le remercie. Moi, j’avançais vers nous à pas de tortue, mais lui, tout en étant délicat, avançait plus rapidement que moi.

Au fond, il me voyait telle que je suis, et moi, je me sentais capable de me déposer, souvent malgré moi. Me surprenant à être si à l’aise en sa compagnie. Difficile de décrire notre dynamique trop naturelle pour être ignorée. Au fond, il avait simplement trouvé enfin son chemin, celui le memant à moi. Un chemin qu’il s’est défriché, qu’il s’est forgé, au fil de ses recherches aux issues douloureuses. Il est entré de plein fouet dans mon jardin, là ou je cachais mon cœur. Il est arrivé au moment ou je ne l’attendais plus. Je ne l’ai même pas invité à entrer! Je comprends seulement maintenant, que c’est parce qu’il était déjà chez lui. J’étais sienne, il était mien. Nous venions de nous retrouver. Il nous faudrait cependant du temps pour assimiler, comprendre, se souvenir. Accepter cette folle et magnifique réalité déjantée et alchimique.

Au fond, il m’a trouvée. Il est rentré chez lui. Mon cœur était déjà sien. Son cœur était déjà mien. Oui, cette histoire est vraie. Si on me la racontait, sans que je ne l’aie vécue (et la vive encore) je n’y croirais pas, moi non plus. Et pourtant, nous voici. Ensemble. Envers et contre tout. Ici et maintenant. Pour tous les toujours.

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...