Showing posts with label sexlife. Show all posts
Showing posts with label sexlife. Show all posts

Wednesday, March 2, 2022

Égaux

Dans mes rêves de petite fille, puis de jeune fille, mon premier amant était toujours plus âgé que moi. Symbole de succès, d’homme d’expérience et de sécurité et de confiance. Pas beaucoup de chose à avoir avec une idée de petite fleur fragile entre les mains d’un homme d’expérience. Plutôt à avoir avec moi, une victime de viol, qui espérait un homme qui en avait vu d’autres. Qui avait du vécu, de la sagesse et un calme, une douceur. Drôle de conception d’une jeune fille abîmée, qui n’avait aucune idée de ce que pouvait être le sexe et encore moins une première fois. Ma première fois ne ressemblerait en rien du tout à mes rêves et ma vie sexuelle mettrait un très grand nombre d’années avant de devenir épanouissante et enivrante. Avant, ce fut une somme d’expériences et de devoir conjugal.

L’homme de ma vie n’était pas encore arrivé. Il est arrivé à l’aube de mes trente-sept ans, et nous nous sommes enfin aimés, lorsque j’avais quarante ans. Enfin, nous nous abandonnions aux sentiments jaillis au premier regard. Il n’était pas plus vieux que moi, mais bien de dix ans plus jeune que moi. Neuf ans et des poussières si on tient à l’exactitude. Il avait un parcours affectif et sexuel vaste et impressionnant. J’ai cru que je serais entre les mains d’un amant expérimenté, un Casanova en possession de ses moyens, un DonJuan expérimenté et virtuose de la geste de l’amour. Oui, c’est un amant merveilleux. Oui il a beaucoup de vécu. Malheureusement il n’y a jamais investi son cœur, malheureusement il n’y était pas heureux. Pour lui aussi, notre première fois, fut une première fois. Il n’avait jamais aimé, jamais vécue une telle intimité, jamais mis son cœur sur la ligne comme ça. Il n’était pas gauche, mais nerveux et fébrile, comme moi .Ce serait mentir que de dire que dans notre vie sexuelle, il ne m’a pas fait découvrir énormément de choses. Certaines que j’ignorais pouvoir aimer, d’autres, j’avais été silencieusement curieusement depuis si longtemps. Nous avons aussi découvert beaucoup de choses ensemble. Pourtant, dans nos rapports, nous sommes deux amants nus, égaux et sincères. No bagages respectifs restent au vestiaire. Ils n’existent plus dans l’espace sacré de notre intimité. Nous nous apportons tout les deux quelque chose d’unique, jamais vécue. Ensemble, nous créons un endroit sécuritaire ou la confiance est absolue et, la complicité, incroyable. Nous formons uns souvent, et de plus d’une seule manière. Nous vibrons à coup sûr à l’unissons.

Avec nos vécus respectifs lourds, chacun à leur manière, nous avons vécues beaucoup de chose au niveau de l’intimité. Nous sommes deux personnes profondes. Nos cerveaux n’arrêtent jamais. Nous analysons, nous nous posons des questions. Nous évoluons à vitesse grand V au contact l’un de l’autre, au sein de notre couple fusionnel et sain. Alchimie, absolu et inconditionnel ne nous font pas peur. Nous les assumons pleinement. Plaisir et sexualité pour moi, ce sont deux choses. Le réel plaisir sexuel avant mon mari, se bornait à ma main et un vibrateur. Je parle d’un plaisir total, absolu, vécu dans une intimité ou il est possible de s’abandonner. Pour moi c’était devoir conjugal, un mal nécessaire duquel je me sentais coupable d’obtenir des orgasmes du reste timides et constipés, ou si non il y avait un but; faire des enfants, acheter la paix etc. Je croyais à tort (comme j’allais le découvrir) que mon mari au passé sexuel impressionnant (surtout pour moi qui n’avait eu qu’un seul amant haha) était épanoui et serait mon... enseignant? Pas tout à fait ça, mais quelque chose du genre. Coup de théâtre ! Je l’intimidais (chose qui ne lui était jamais arrivée, lui habituellement sûr de lui, le plus souvent) et nous étions comme deux enfants qui n’ont pas vécus grand-chose avant de se retrouver nus l’un devant l’autre.

J’ai deux enfants... j’ai définitivement un passé sexuel, n’est-ce pas? Il a vécu plusieurs aventures, relations et expérimentations. Nous arrivions chacun avec nos bagages, mais j’avais surestimé le sien. Malgré sa vie avant moi, il vit plusieurs premières fois avec moi. Au départ je croyais qu’il blaguait, qu’il avait peur de me blesser, de me faire peur ou qu’il était embarrassé. J’ai découvert un humain profondément blessé par sa propre vie pas très heureuse même si riche d’expériences et de rencontres. Il s’est blessé et a été blessé aussi. Je me suis beaucoup épanouie à ses côtés et pas seulement sexuellement. Lui aussi s’est enfin épanoui dans toutes les sphères de sa vie.

Je n’ai pas eu un amant plus âgé au palmarès assumé pour me prendre la main et me guider lors de notre première nuit. J’ai eu un homme plus jeune que moi, en qui j’avais une confiance totale, qui était aussi vulnérable que moi. Nous étions égaux. Nous allions à la rencontre de l’autre, sans filets ni masques, pour la toute première fois de nos vies. Aucun de nous deux n’a fait semblant et cela ne nous était jamais arrivé avant, ni à lui, ni à moi. Notre première nuit ensemble fut d’une immense tendresse brodée de passion. Nous étions fébriles et vulnérables, il a veillé sur moi tout au long de cette intimité que nous goûtions pour la première fois. Ensemble. J’aime l’homme qui me fait l’amour depuis cette nuit magique. Un homme vulnérable, défiant les apparences, qui sait me faire jouir (bien mieux que mes doigts et feu mon vibrateur) mais qui surtout, me fait grandir. Fait fondre mon cœur plusieurs fois par jour et, m’offre son cœur inconditionnellement. 


 

Monday, February 14, 2022

Première nuit (bis)

Notre première nuit était pleine d’urgence, de douceur, de tendresse, de maladresse partagée, de pudeur et de timidité. Tu n’avais jamais été timide avec personne, je n’avais pas connu d’autres hommes que mon ex. Tu as été émerveillé, tu as veillé sur moi. T’assurant de mon bienêtre et de mon consentement à plusieurs reprises. Tu as été doux, passionné et amoureux. Nous étions si amoureux. Notre première nuit nous a pris tous les deux par surprise. Mon initiative, et tu y avais pensé aussi. Mais chevaleresque, tu n’aurais pas osé proposer. Je garde de notre première nuit, une impression tendre, passionnée et très intime. Une première fois pour moi à plusieurs niveaux. Normal; tu étais mon deuxième amant à vie. Beaucoup de premières pour toi aussi, malgré de nombreuses expériences passées. Lorsque l'on se retrouve nu devant la personne faite pour soi, l’émerveillement étreint l’Irrépressible besoin de se fondre dans l’autre, tout en jouxtant une timidité cousue de peurs plus ou moins conscientes. S’aimer aussi fort dès le départ, ça fait peur et c’est envirant et vertigineux.

Notre vie sexuelle va bien, merci. Très bien même. Nous nous découvrons mutuellement au sein d’une intimité jamais vécue ni partagée. Nous sommes bien assortis. Heureux et comblés.

Dans les derniers jours, dans un dédale de circonstances, et de confidences et de souvenirs, tu m’as demandé, de te décrire la première fois dont je rêvais, il y a jadis fort, fort longtemps. Enfant et jeune fille romantique, voir romanesque. Fait cocasse, tu as eu vent de cette histoire quelques jours avant la Saint-Valentin. J’étais un brin réticente mais surtout très gênée de te raconter ce vieux rêve, fantasme rose bonbon d’une jeune fille qui ne l’espérait même pas. Je te l’ai quand même raconté, puis, on en a un peu parlé, puis c’est tout. J’aurais dû me douter, qu’avec toi, ce ne serait pas tout.

Tu m’as fait vivre, la plus démente et romantique des Saint-Valentin. Tu m’as fait préparer un sac, avec des instructions minimales. Me laissant le moins d’indices possibles. Nous avons pris la voiture pour un long roadtrip qui n’a pas parut long du tout. Nous parlons toujours beaucoup et on ne s’ennuie jamais en compagnie l’un de l’autre. Nous avons abouti dans une maison victorienne du Vieux-Québec, dans le   Quartier fortifié derrière le Château Frontenac. Tu m’as fait la surprise d’une chambre nommée La Bibliothèque, dans laquelle trônait un lit à baldaquin. Un lit tel qu’il figurait dans mes rêves de petite et jeune fille. Dans une chambre encore plus belle que dans mes fantasmes secrets et romanesques. Une marche dans la charmante Basse-Ville, illuminée et magique. Trouver notre restaurant, à l’intérieur duquel nous attendait encore des beaux moments magiques.

La bouffe était simple et sublime à la fois. Le service et en fait le personnel de A à Z; chaleureux et souriants. Gros méga coup de cœur pour l’accordéoniste qui a interprétées deux chansons d’Édith Piaf mais aussi une demande spéciale d’une cliente, une pièce magnifique de Félix Leclerc qui m’a arraché des larmes. Paroles et musique s’il vous plaît! Au retour à la chambre, lorsque je suis sortie des toilettes, tu avais transformé la chambre. Bougies, pétales de roses sur le lit, musique, champagne, fraises fraîches et fondue au chocolat. Deux roses blanches aussi. Tu m’as invitée à danser. Trois chansons, trois danses, et bien des larmes sur mes joues. Beaucoup d’émotions. Pour moi, mais aussi pour toi. Faire l’amour dans l’écrin de ce lit à baldaquin, l’odeur des pétales de roses rouges qui diffusent leur odeur sous l’effet de la chaleur de nos corps enfiévrés. Passion, tendresse, amour. Une nuit digne de mes rêves les plus secrets et les plus fous. Lorsque je me suis levée, pour aller aux toilettes, j’ai laissé une traînée de pétales de roses parfaite derrière moi. Sauf une, demeurée sur ma fesse droite. À ton grand émerveillement. Moi, je ne l’aurais pas aperçue, cette traînée, de mon sillage, sans ton regard tendre et émerveillé.  

Je garde bien des détails pour moi mais, mon point est que… cette soirée fut parfaite. Je t’ai confié quelque chose et tu l’as réalisé. Je ne croyais pas pouvoir m’abandonner et vivre cette première fois digne de mes rêves enfouis et même, enterrés. Nous sommes encore tous deux très émus de cette nuit d’un romantisme hallucinant. Merci mon Amour pour cette folle nuit de romance et de tendresse. D’amour pur. C’est de loin, ma plus belle Saint-Valentin. Jamais je ne l’oublierai. Nous corps tremblants, émus… comme la première fois. Deux amants candides, nerveux et très, très amoureux. 


 

Monday, January 24, 2022

Peau, humidité et intimité



À quarante ans, la femme en moi a totalement émerger. Il n’est jamais trop tard. Jamais. Pour sentir Niagara quand notre proximité devenait insoutenable. Pour comprendre ce corps que j’avais utilisé pour exister, pour traverser l’existence, jusqu’à toi. Pour porter la vie. Moments bénis qui m’ont enseigné tellement de choses. Ce corps, tu sais mieux que quiconque à quel point je l’ai négligé, maltraité et pas écouté. Pour mois, c’était un véhicule. Oui une grosse libido, mais tellement de choses que je ne savais pas, que je ne comprenais pas, jusqu’à toi. Un ami un soir, cet été 2019, m’a dit que j’étais un peu comme une vierge. Je n’ai pas trop apprécié son commentaire sur le coup, pas plus que sa ligne de pensée.

Avec le recul, il avait tout de même compris quelque chose que moi je n’avais pas encore compris. La sexualité pour moi est très importante, sacrée et magique. Pour les autres je suis extrêmement ouverte. Pour moi j’avais une bonne idée de mes limites, mais je ne savais pas lesquelles, dans un contexte de confiance et d’épanouissement. Très tôt j’ai eu une très bonne idée de ce qui se passait entre un homme et une femme; par le cœur et par le cul. Résultat? J’ai voulu fermer mon cœur à double tour et, mon cul, j’étais déterminée à l’offrir à un seul homme. Pour faire des enfants. Pas très romantique, je sais. Mais je proviens d'un milieu dans lequel j'ai été trop exposée à des vies d’adultes holé holé. Je viens d’un univers étrange qui m’a fait voir et vivre des choses par autrui, beaucoup trop et trop tôt. J’ai aussi été violée très brutalement à onze ans. Je me suis enfermée dans un mariage de tête et pas du tout de cœur, au sein duquel la sexualité elle aussi aura été teintée d’abus, d’excès et même, de maladie et de perversion (émanant de mon ex-mari). Rien pour m’épanouir ou m’ouvrir; ni le cœur, ni les cuisses.

J’ai développé une relation particulière avec un vibrateur et mes mains. Pour le reste, beaucoup de vécu, mais pas autant d’expérience, si cela peut faire du sens. Pour moi, cela fait beaucoup de sens. Il y avait tellement de nouvelles sensations, physiques et de nouvelles émotions. Ce fut une période bouleversante, que ces premiers moi d’intimité avec celui qui deviendrait mon second mari.

Explorer, se donner, vibrer. Ma peau en feu, la flotte dans mes petites culottes et un appétit dévorant. Je lui avais déclarer le plus honnêtement du monde, lorsqu’il m’avait offert son cœur, que moi, le sexe, je ne savais pas quelle place cela prendrait advenant que j’entre dans une nouvelle relation. Chose que je n’avais même pas envisagée! Je savais que je quitterais mon premier mari, mais je ne savais pas encore ni quand et comment, et très certainement pas au profit d’une autre relation. Ce n’était pas dans mes plans. Je ne comptais pas m’offrir, à personne. Avec mon vécu, je ne savais pas trop bien comment être autrement, que seule. Je croyais faire peur, je croyais mes propres mots. J’ai aussi osé mettre ses propres expériences et plus récentes pratiques sexuelles en jeu, lui disant que moi... couple ouvert no way et, certains trucs, fuck non. Sa réponse a été immédiate, et déstabilisante. ''Je suis monogame et vanille.'' Qu’il m’a dit, donnant de la chair et de la contenance à ses propos en s’ouvrant sur à quel point il avait pris conscience et fait le tour en se blessant dans sa dernière relation. Laboratoire de toutes les expériences, avec une partenaire toxique et aux besoins à des années lumières des siens. Cynique, il a tout essayé, curiosité d’un homme ennuyé, et qui a besoin d’éprouvé... quelque chose. Pour se rendre compte que ce n’est pas du tout pour lui. Il a fait le tour, il sait ce qu’il veut et ne veut plus, qu’il me dit. Il me dit aussi, qu’il a réfléchi a tout ça et plus encore, avant même de me balancer son cœur. Il dit qu’il attendra, tant qu’il peut m’embrasser, le reste est secondaire, pas essentiel. Comprendre; je suis the shit, the real deal et je vaux l’absence de sexe ou une première relation sexuelle avec zéro date existante. Pour lui, ce n’était pas ça l’important. Il était criant de sincérité et une partie de moi aurait aimé qu’il soit comme les hommes en général. Qu’il ne soit pas si honnête, vrai. Je me suis donc drapée de cette attitude farouchement durant des semaines après l’aveux de nos sentiments. Et j’étais sérieuse et sincère.

J’ignorais tellement de choses à propos de moi, à propos de nous, de ce magnétisme à la fois physique et cérébral, et émotionnel. Dès le premier baiser, que j’ai initié, j’ai été perdue. Ou m’étais-je enfin trouvée? Ce fut du feu et de l’électricité pour nous deux. Un peu comme ce soir d’orage quelques semaines auparavant aux Trois Brasseurs. Lorsque nos mains s’étaient trouvées sur la table, et que nous avions ressenti un choque au contact l’un de l’autre. Puissant, déconcertant et enivrant. J’aurais dû comprendre à ce moment, mais je ne savais pas. Et dire que ce jour-là, je lui avais dit que c’était fini de se tourner autour. Je voulais cesser de souffrir et surtout, cesser de le faire souffrir de cette danse qui n’aboutissait à rien, malgré nos cœurs réunis. Il m’a convaincue de souper ensemble, le soir même. Et évidemment, toutes mes résistances ont fondues... bref. Dès que nos lèvres se sont unies, tellement de choses se sont produites. Je parle souvent des sentiments qui nous ont envahis. Je parle rarement de l’émoi physique que j’ai ressenti. Je n’avais jamais ressenti cela et c’était aussi enivrant que déchirant, car entraînant tellement de confusion.

Quatre jours plus tard, je m’endormais nue dans son lit après notre première d’une série de moments amoureux et passionnés. C’était un appel de tout mon corps. Un élan, une confiance jamais ressentie. C’est moi, qui ai proposé de dormir chez lui ce soir-là. Non pas qu’il n’y ait pas pensé, mais avec mes paroles en tête et l’intention de les respecter scrupuleusement... c’est moi qui aie ouvert cette porte. À notre grande surprise à tout les deux. Le feu entre mes cuisses, le brasier dans mon ventre, tout mon corps le réclamait; je lui appartenais. J’étais en sécurité. J’étais là à ma place. C’était une fièvre que lui seul pouvait provoquer, et que lui seul pouvait soulager. Un appétit que lui seul pouvait déclencher et , assouvir. C’était réciproque.

Au diable mes paroles, tout ce que je croyais savoir sur moi-même. Et ce ne serait pas la seule occasion du genre...

Saturday, January 22, 2022

Deux faces


J’ai passé la grande majeure partie de ma vie à incarner l’épouse parfaite. Vivant ma maternité, qui était le véritable centre de mon existence. Je n’ai connue qu’une relation très longue; de mes seize ans à mes quarante ans. Vingt-quatre ans de ma vie. Un choix fait avec ma tête, un mariage de raison, de mon côté. J’ai pris à seize ans, des décisions immenses qui allaient entraîner des conséquences importantes sur le reste de ma vie. Et celles d’autres personnes aussi. Jamais je n’aurais pu prévoir ou envisager la suite des choses. J’ignorais aussi, la femme que j’étais et que j’allais devenir.

La maternité était au cœur de ma vie, et mon mariage ne tournait pas du tout, en rien, à ce que j’avais planifié et, espérer. J’espérais avoir marié mon meilleur ami, un complice à défaut d’un amoureux. Je ne voulais pas être amoureuse. Mon union s’est avérée désastreuse, mais pour des raisons financières, mais surtout à cause de mes enfants, je suis restée. Et j’ai nourrie cette image parfaite de notre mariage. Cela me protégeait d’autres hommes, d’autres histoires… cela finirait aussi par m’isoler des miens. J’ai fait de mon mieux.

Dans ce contexte, mariée aussi tôt que dix-huit ans, j’avais encore tellement à découvrir mais je l’ignorais. J’avais vécu beaucoup, même trop… mais il me manquait aussi beaucoup d’expérience de vie. La maman a pris toute la place et la femme dans ce mariage, ne pouvait pas s’épanouir. J’ai toujours été très seule, ce mariage n’a pas fait exception. J’ai fait connaissance de la femme en moi, de manière cahoteuse. Au fil des ans. Ma véritable fougue sexuelle ne pouvait pas s’exprimer dans mon couple. Nos intérêts étaient aussi, très très éloignés. J’ai plongé dans ces univers, mais cela me faisait trop mal. Un jour, j’entrerai peut-être dans ce segment de ma vie.

Je suis une femme qui possède une importante libido. Mon corps en entier semble pouvoir éprouver de la jouissance. Je suis un drôle de moineau. Pour les autres, je suis super ouverte d’esprit. Moi? Je suis monogame de chez monogame. En revanche, les scénarios, les fantasmes et certaines pratiques ne me font pas froid aux yeux. Bien au contraire. Je n’avais pas le bon partenaire pour explorer ces zones de ma personne. Cette intimité, je l’ai vécue avec moi-même, jusqu’à mon second mari, qui est aussi, l’unique et premier amour de mes vies.

Nous avons une vie sexuelle vraiment épanouissante, et une intimité profonde. Entre nous, l’attirance magnétique, irrémédiable et alchimique est présente depuis le premier regard. Et je trouve la vie drôlement bien faite… mes fils sont des adultes. Cet autre chapitre de ma vie, c’est le mien. Mes fils sont toujours aussi importants. Ce qui a changé, c’est l’importance que je m’accorde dans ma propre vie. Je me suis choisie et, tout cela à déboulé sur ma présente vie amoureuse et sexuelle. Après des années à incarner une épouse irréprochable et unidimensionnelle, voilà que j’explose et j’explore ma féminité et ma sexualité pleinement. Et je n’ai plus à faire le choix entre la Madone et la Putain. J’ai toujours su, en silence, que j’étais les deux. Sans compromis, sans avoir de choix.

Mon appétit sexuel est vorace, mon besoin d’intimité et de sentiment lui sont égaux. J’ai trouvé un partenaire qui a les mêmes besoins, la même nature. Nous sommes terriblement bien assortis. C’est hallucinant à quel point nous sommes compatibles. C’est très libérateur d’assumer et assouvir les deux facettes (et même plus) de ma personne, partout, incluant sexuellement. J’ai eu plus d’amis proches masculins, mais j’ai connu beaucoup d’amitié moins proches avec des femmes. Jamais je ne me suis reconnue dans les discours, désirs et anecdotes des femmes qui ont gravité autour de moi. Ou très très peu souvent. Les pratiques qui me rendaient curieuse, ce qui m’allumaient… révulsaient les autres femmes. Ce qui fait que je n’osais pas parler.

Je trouve ça encore dommage que les deux images; Madone et Putain, soient dissociées. Alors qu’elles sont toutes les deux présentes chez la plupart des femmes, à des degrés divers. Chez moi, elles se côtoient pas mal à parts égales. En moi, elles se tiennent maintenant la main. Je les assume entièrement, et désormais, pas seulement dans ma propre intimité… moi avec moi. Dans une intimité partagée. Je trouve ça dommage et ça fait mal à la femme en moi, de savoir que plusieurs femmes sont encore déchirées entre les deux. De moins en moins mais, encore trop. 


 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...