Friday, July 15, 2022

Merveilleuse mémoire

 

Enterrer les choses qui font mal. Fermer les yeux durant des années, qui deviennent des décennies. Des souvenirs qui dorment à poings fermés, loin de la mémoire vive. Leur disparition nécessaire à la survie. La mémoire qui s’empare de souvenirs insoutenables, pour les engloutir au nom de la santé mentale. Des pans entiers de vie qui se retrouvent enfouis, loin, comme une vie oubliée. Parfois ils viennent chatouiller inconfortablement la surface de la mémoire, mais ils sont rapidement relégués encore plus profondément aux confins des oubliettes de la mémoire.

Les traumas sont souvent enfouis ainsi. J’ai vécu beaucoup, beaucoup de traumas. Une partie de moi a fait un tri, un choix. L’une des raisons de mes traumas se trouvant dans mon environnement durant des années, certains souvenirs se sont enfuits de ma mémoire. Pour rendre la vie supportable. Pour que chaque jour ne soit pas un calvaire.

Un fois sortie d’un milieu toxique, j’ai pu commencer à guérir. De multiples commotions et d’une armée de traumas qui sont remontés et des circonstances d’une séparation qui ne fut pas de tout repos. Plus une pandémie pour tous. Depuis, je vais franchement bien et je me retrouve. Sortie de mon milieu toxique et guérie, j’ai remis mes morceaux ensemble. Parfois, cette impression tenace qu’il me manquait des morceaux. Parfois un manque de cohérence, aussi mince soit-il. Et l’intuition que certaines choses m’échappaient. Mais rien à faire, je ne pouvais avancer plus loin.

J’ai continué d’avancer, puis tout à coup, certains événements sont venus déclenchés des déclics. Comme des chevaux sauvages qui retrouvent leur liberté, une quantité de souvenirs sont remontés en cavalcade à la surface de ma mémoire.

Je suis plus à même de digérer et surtout, de voir les bienfaits. En effet, même si certains souvenirs sont vraiment très lourds et traumatisants, ils expliquent tellement de choses qui restaient comme des interrogations suspendues dans mon âme guérie. J’éprouve un soulagement à me comprendre et à pouvoir me voir en entier. Je préfère connaître mon histoire au complet, ne rien omettre et savoir absolument tout. Même ces pans de ma vie qu’une part de moi avait fait couler dans les abîmes de mes oublis personnels.

Ces souvenirs douloureux, ces traumas, ils font partie de moi, de mon histoire. Ils expliquent tellement de choses qui m’étaient troublantes et inexplicables. Je dois absorber, oui, mais je compose beaucoup mieux avec cela, qu’avec le fait de chercher des réponses sans espoir… dans ma propre personne. Marcher dans un noir complet alors que je sais, que je sens, mais qu’il me manquait des bouts de moi.

Ça fait vachement mal. Mais ça soulage et, je peux achever ce qui a été commencer il y a trois ans. La mémoire est une chose curieuse aux pouvoirs puissants. Je crois cependant à la lumière de ce qui se produit dans ma vie en ce moment, qu’elle est très bien faite. Je n’aurais pas été prête avant. J’aurais sans doute croulé sous l’amas de traumas supplémentaires. Je suis mieux armée pour affronter, comprendre et m’assembler en un seul morceau, une fois pour toute.

Thursday, July 14, 2022

Fidélité et réalité

J’ai toujours cru que les liens du mariage étaient sacrés, et ne devaient pas être brisés. Ni parle divorce, ni par des infidélités. Je suis extrêmement loyale et fidèle. Et je ne voulais en aucun cas reproduire les unions instables, violentes et se terminant rarement autrement que dans les drames et les larmes, qui m’avaient entourée depuis ma tendre enfance. Je voulais autre chose pour mes enfants. Je désirais une famille plus qu’un mariage et je ne tomberais pas amoureuse, ainsi en avais-je décidé. Du haut de mes seize ans. Mariée à dix-huit ans, je suis demeurée auprès du père de mes fils, durant vingt-quatre ans. Et il avait été le seul homme dans ma vie. Malgré la toxicité et diverses sortes d’abus, je suis restée. Jusqu’à songer à une manière de quitter ce navire qui allait couler ou faire naufrage, éventuellement.

Si on m’avait dit que je tomberais amoureuse, que je rencontrerais le grand Amour. Celui comme dans les films. Celui de toute une vie. Celui que beaucoup cherchent et espère. Celui qui change une vie. Celui qui réunies deux âmes qui forment un tout. Celui qui donne l’impression (réelle) de rentrer à la maison. 

Celui qui ferait, que je repenserais toute ma vie, et que je franchirais des limites que je ne pensais jamais être capable de transgresser.

J’étais encore mariée lorsque j’ai embrassé celui qui est désormais mon Mari. Mariée et amoureuse d’un autre homme que le père de mes enfants. Une chose que je n’aurais jamais cru être capable de faire. Une chose pour laquelle je me suis jugée. Je comprends maintenant que parfois, les choses ne sont pas si simples, et que l’amour établies parfois ses propres règles. Je comprends surtout, que mon premier mariage en était un sans amour, de survie et de devoir. Sans parler des abus, de la toxicité et de la violence. Personne ne devrait s’imposer de rester dans une telle relation. Je me l’imposais pour plusieurs raisons, et d’autres raisons qui me retenaient, la plus importante; mes fils. La famille. Si chère à mon cœur. Au moment de rencontrer l’Homme de ma vie, mes fils étaient majeurs. La vie fait bien les choses.

Le mariage demeure sacré. Il prend tout son sens avec mon nouvel époux. L’amour règne mur à mur dans cette union saine, merveilleuse et épanouissante.

Concernant la loyauté et la fidélité, mon Époux et moi ne rigolons pas. Nous sommes totalement sur la même longueur d’ondes. Aussi, lorsque des amis ou connaissances témoignent de l’intérêt à l’un d’entre nous comme cela nous est arrivé à quelques reprises, d’un côté, comme de l’autre, c’est un gros non. Commun, et sans appel.

Que l’un ou l’autre se fasse faire des yeux doux étoilés par autrui et c’en est terminé. Nous tournons la page. D’un même geste, d’un accord tacite et complice. Cela nous est arrivé de nouveau récemment.

J’aime les discussions que nous avons eues malgré la décision sans équivoque. J’aime notre complicité, notre absolu en commun et nos valeurs qui s’épousent parfaitement. La décision fut prise sur le champ, mais nous avons discuté ensemble de la situation, comme nous le faisais pour chaque sujet. Après tout, notre relation a débuté sur une conversation que nous continuons à ce jour.

Parfois, la réalité d’un mariage malheureux mène des individus à franchir des limites qu’ils ne croyaient jamais franchir. Parfois, la réalité d’un mariage heureux fait de deux partenaires très amoureux et tissés serrés, un front commun implacable face aux flirts, aux allusions ambiguës et aux comportements douteux et frôlant certaines limites.

Je possède toujours mes valeurs, mais mes convictions sont beaucoup, beaucoup plus nuancées.

 


Wednesday, July 13, 2022

Les amitiés éphémères


Toutes les amitiés ne sont pas pour la vie. Un concept à la fois difficile et facile à comprendre lorsque l’on est moi. J’ai perdu un nombre un peu trop impressionnant de gens dans ma vie. Dire aurevoir, c’était devenu une spécialité. Quitter avant d’être quittée. Accomplir ma mission, laisser les gens mieux que je ne les avais trouvés, et prendre la poudre d’escampette. Éviter les blessures à tout prix. Ça, c’est lorsque la perte ne résultait pas de la mort, et que je demeurais impuissante et brisée. Ce qui m’est arrivé trop, trop, trop souvent. Voilà pourquoi c’est facile.

C’est parfois difficile car au fond de moi, je suis férocement loyale. Un mot qui se fait rare dans le concret aujourd’hui. Du moins, de ce que moi, j’observe. Je suis loyale et lorsque j’aime, c’est fidélité et loyauté. Je peux parfois recevoir beaucoup de coups avant d’ouvrir les yeux sur une situation toxique.

Cela m’arrive vraiment beaucoup moins rarement. Ma tendance à fuir m’ayant protégée de beaucoup de situations du genre.

Les amitiés éphémères maintenant.

Celles qui sont forte la durée d’une saison, d’un événement, d’un cycle. Habituellement je les distingue aisément et je ne m’accroche pas les pieds dans le tapis. Je continue ma route, jusqu’à ce que nous route se séparent. Me menant ailleurs, sur une autre route, vers de nouvelles aventures. Ces dernières années j’ai vécues énorméments de changements. Certaines personnes vivent des changements sur un plan; mort, vie amoureuse, vie professionnelle, santé, etc. Ma vie dans son ensemble a éclaté sur tous les plans. Dans ce capharnaum chaotique, j’ai laissé entrer des gens que je n’aurais pas laissé faire leur nid dans ma vie. Aurais-je été moins vulnérable, j’aurais distingué les éphémères des permanentes.

Ma vie, ma tête et mon cœur tous à l’envers, j’ai navigué et fait de mon gros mieux. J’ai mélangé les amis pour toujours et les amis d’une saison.

Mais voilà. Je suis retombée sur mes pieds. Les couleurs de la vie m’apparaissent clairement. Je vois clair. Je sais de nouveau et, je comprends. Malheureusment j’ai laissé s’installer des âmes qui auraient du n’être qu’éphémères. Qu’un passage dans ma vie.

Dernièrement, mes plus chers et chères amis et amies reviennent en force dans ma vie. Qu’ils n’ont en fait jamais quittée. Mais moi, j’ai les yeux grands ouverts et, je les apprécie de nouveau à leur juste et précieuse valeur. Certaines amitiés cependant, s’efface doucement. Perdant de leur force, raisons et magie. Elles aussi je les vois plus clair.

Aussi loyale suis-je, certaines manifestations déplacées ne peuvent simplement faire partie de ma vie. Certaines choses ne se font simplement pas. Il est simplement temps de doucement tourner la page, de discrètement continuer, et passer mon chemin.

Tuesday, July 12, 2022

Être au pluriel

 

Retomber en enfance, réclamer toute mon innocence. Aimer avec l’intensité absolue de l’adolescence. Être cette femme, que je suis. Au-delà des regards et des attentes. Être l’une et multiple. Enfin libérée. Libre. L’ironie d’avoir été si longtemps une ‘’shape shifter’’ sans m’être permise d’être toutes celles que j’étais, moi. Son regard coule d’entre mes cuisses à mon âme. Je suis mûre, prête à m’offrir, au seul homme que je n’attendais plus. Car il est l’unique qui m’ait toutes vues. M’aimant totalement et inconditionnellement. Pour toute celles que je suis. Le bonheur délicieux de m’aimer entièrement, se répand partout en moi. Il était temps.

Je me permets d’être celle que je suis, celle que j’ai envie, parmi toute ma panoplie. La petite fille en moi, est guérie de beaucoup de traumas et autres blessures et elle s’exprime beaucoup. Elle apparaît très souvent. Elle n’a jamais été bien bien loin. De là cette capacité à m’émerveiller dont on me parle souvent. Je crois que c’en est elle la détentrice, la source. Malheureusement, elle avait tendance à demeurer loin, à l’abri auparavant. Dans ma présente relation, non seulement je me sens en sécurité et elle aussi, mais de plus, elle trouve un grand complice dans le petit garçon qui loge dans le cœur de mon mari.

Idem pour l’adolescente que je n’ai guère été! Je n’ai pas vécu une adolescence typique. Je crois que du fait de ma nature je n’avais pas ce qu’il fallait pour vivre une adolescence mouvementée. Ma vie était assez mouvementée. Je n’éprouvais pas le besoin d’en rajouter. Bien au contraire! Et je ne voudrais pas retourner en arrière. Cependant, j’avais cette fougue que j’étouffais au profit d’une froideur qui me permettait de gérer les situations difficiles et de traverser les moments ardus. Je possède toujours cette fougue, et elle s’est embrasée au contact de mon Mari. Certains rêves demeurés morts et enterrés revivent avec Lui. Il n’est jamais trop tard.

J’ai toujours su que j’étais plusieurs facettes, plusieurs femmes et qu’elles étaient une en moi. J’en ai simplement laissé volontairement certaines dans l’ombre. Jusqu’à les oublier. Les négliger. Les étouffer. Les enterrer vivantes. Cruauté que je m’infligeais sans même sourciller, mais dont le poids se faisait sentir, plus le temps passant.

Épanouie, en sécurité et guérie. Elles ont toutes fleuries mon âme, dans un seul souffle. Lui, les a vues ou devinées, pour certaines. Il me savait, comme je le savais. C’est très particulier cette manière que nous avons de nous voir depuis le premier regard. Toutes nos facettes sont complémentaires, et trouvent leurs partenaires chez l’autre. C’est une danse complète, perpétuelle et absolue aussi troublante que magique et magnifique.

Être au pluriel, c’est une chose magnifique. Une forme de liberté qui s’exprime dans toute la singularité de ma personne épanouie. Dans une relation ou les tabous n’ont pas leur place. Assez drôlement, des tabous, nous n’en avons aucun. Ce qui nous permet aussi de délimiter, ensemble, les frontières de notre territoire. Un territoire que nous défendons férocement, tout les deux, avec la même intensité. Cette ouverture d’esprit et cette confiance infinie entre nous, nous rend plus exclusifs encore. Nous avons soif et faim l’un de l’autre, et il n’y a de la place pour personne d’autre. Et à nous deux, nous sommes suffisamment de facettes. 😊


Friday, July 8, 2022

Encore

 

Lorsque ton corps glisse sur le mien,

Je ne vois plus le Soleil

Il n’existe que toi.

Ta peau, ta chaleur.

 

Ton sexe en expansion

Au plus profond de moi.

Ton cœur contre le mien,

Et entre mes mains.

 

Tu éclipses le soleil,

Ta stature colossale,

Surplombant ma nudité,

Tes yeux versant ta lumière,

 

Dans mes yeux ouverts.

Ta verge déversant,

Ta sève entre mes cuisses béantes,

Mon corps pantelant,

 

Qui en redemande encore.


© Caroline C. Ritchie 2022

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...