Friday, July 8, 2022

Encore

 

Lorsque ton corps glisse sur le mien,

Je ne vois plus le Soleil

Il n’existe que toi.

Ta peau, ta chaleur.

 

Ton sexe en expansion

Au plus profond de moi.

Ton cœur contre le mien,

Et entre mes mains.

 

Tu éclipses le soleil,

Ta stature colossale,

Surplombant ma nudité,

Tes yeux versant ta lumière,

 

Dans mes yeux ouverts.

Ta verge déversant,

Ta sève entre mes cuisses béantes,

Mon corps pantelant,

 

Qui en redemande encore.


© Caroline C. Ritchie 2022

Thursday, July 7, 2022

Fatale

 

Tu es la plus belle des fatalités. Je ne sais plus ou tu commences et ou je finis. Fatale attraction. Fascination. Au premier regard. Reconnaissance subite et instantanée, qui t’a laissé éberluer et confus. Alors que je comprenais, et que je me sauvais avec notre inexorable vérité. L’amour c’était fatal. Douleur, perte et pleurs. Non merci. Je me croyais au-dessus de nous, plus forte que ces sentiments partagés que je voulais oublier. Comment oublier alors que nous nous cotoyons chaque jour? J’avais sousestimé la force de l’Amour, le vrai. J’avais surestimé ma capacité à faire face à cet événement que je n’attendais plus depuis mon enfance en fait.

Je suis la plus heureuse des femmes d’avoir ouvert mon cœur. D’avoir cessé de lutter. Je sais, qu’un Amour comme ça, ça n’arrive pas à tous. Je suis consciente que nous vivons quelque chose d’assez rare, d’assez unique. Par contre, notre Amour a ouvert mon cœur d’une curieuse manière. Je crois à l’amour. Je crois que les gens qui désire ce que nous avons, font fausse route. La plupart ne seraient pas prêt pour un amour aussi absolu! Haha! Par contre, il y a tellement de type d’amour. L’affaire, c’est que les bons cœurs ont peur (avec raison) de se faire prendre dans une histoire broie-cœur. Nous vivons à une drôle d’époque.

Celle qui voit un tas d’âmes volontaires, courageuses et inspirées, qui luttent pour les différences, pour abattre certains standards ridicules. Entre autres combats et causes. Malheureusment, la superficialité, l’individualité et cette société ou tout est rapide et jetable, prennent encore beaucoup de place. Dans ce contexte, les cœurs tendres rencontrent souvent bien des requins et des vautours avant de (peut-être) rencontrer un autre cœur tendre. Pourtant, j’y crois. Ferme. Fort. Si moi, cela m’est arrivé, c’est possible, non? Si Lui et moi, nous existons, c’est que l’amour existe. Je suis d’un nouvel optimisme.

Il y a les contes Disney, il y a les romans Harlequins et il y a la vie. Sans m’en rendre compte, j’étais imprégnées de toutes ces choses, qui me faisaient croire à un modèle inatteignable. Mes rêves de petite fille étaient trempés et forgés dans les films de Disney, quelques lignes d’Harlequin et de bien des larmes versées par les adultes autour de moi. Les larmes qui roulent sur les joues, et celles, que l’on ne voit pas. Invisibles, mais qui existent quand même. La vie (lire ici un reflet de société) me donnait grosso modo un modèle que j’ai suivi, minus les sentiments amoureux. Je ne voulais pas avoir le cœur brisé, je ne souhaitais donner ce pouvoir à personne. Je me suis mariée (jeune qui plus est) j’ai eu deux (merveilleux) enfants, une maison, des chiens et des chats. Le temps a passé et outre mes enfants, ce mariage se révéla malheureux. J’ai gardé la tête haute, j’ai tout donné pour que cela fonctionne malgré mon cœur verrouillé. Et aux yeux des gens, j’avais tout.

J’avais 37 ans, j’avais un mariage de vingt ans pour épater la galerie et protéger mon intime solitude. Tenir les gens loin, avec l’illusion d’une vie parfaite. J’avais deux fils adolescents. Dans cette situation et à cet âge (dans ma tête pour plusieurs raisons j’étais déjà passée date) je ne voyais pas trop comment ma vie aurait pu connaître un tournant de conte de fée. Si je suis tout à fait franche, il n’y avait pas plus cynique que moi, dans le secret de mon cœur, concernant les vraies histoires d’amour. Elles me faisaient peur, envie ou me laissaient simplement sceptique. Par contre aussi, dans le secret de mon cœur, je me gavais de films d’amour, de romans. Pas sirupeux, pas de Harlequin pour moi merci. Mais, les histoires d’amour me faisaient vibrer, pleurer et à l’occasion, réfléchir sur ma propre vie. Je n’aimais pas trop regarder dans cette direction. Pour moi, la vie avait (tristement) deux possibilités; finir mes jours auprès de cet homme que je n’aimais pas ou bien mettre à exécution mon plan de partir. La deuxième option je la caressais secrètement depuis des années. Je serais seule, il ne faisait pas de doute dans ma tête. Je mentirais si je disais, que je n’avais pas pleurer en me disant qu’au fond, c’était triste de ne pas avoir connu l’amour. Je croyais que c’était pour une autre vie. Peut-être. Cette rencontre magique dont l’espoir dormait encore au fond de mon cœur d’enfant, serait pour une autre vie… si cela existait.

J’étais engoncée dans le rôle que je m’étais donné. À mon âge, on ne tombait pas amoureuse, on ne foutait pas sa vie en l’air pour l’Amour. Alors, facile de comprendre à quel point j’ai été bouleversée lorsque cet homme est apparu dans ma vie. J’ai nié. Lutter. Rien à faire! Ce n’était pas une simple attirance, et de toute manière je n’étais pas sujette à ce type de chose. Étant plutôt froide et très difficile. À vrai dire, j’avais davantage tendance à me retourner sur le passage d’une femme. Les belles femmes attiraient mon attention, mais les hommes non. Je trouvais certains acteurs très séduisants, j’avais un ''type'' depuis l’enfance, mais aucun homme dans la ''vraie'' vie ne m’avait fait détourner le regard, encore moins tourner la tête. Voilà que cet homme, ce collègue, créait un avant et un après. Si je suis totalement honnête, j’ai senti que nous étions l’un à l’autre assez rapidement. Je ne suis pas possessive ni jalouse, aussi, les éruptions de sentiments non sollicités furent très troublantes. Il avait dix ans de moins que moi, qui plus est. Quelle mauvaise farce du destin! Je reconnaissais l’alchimie et nos liens, mais je me disais que ce serait pour une autre vie. Un amour impossible, que je ne nourrirais certainement pas. Éviter la catastrophe qui résulterait de tout cela.

C’est dans ce contexte grosso modo que j’ai renoncé à toute la magie qui suintait de chacun de nos échanges, et chaque fois que nous étions en présence l’un de l’autre. J’ai été si habile qu’il a refoulés ses intuitions et les sentiments qu’il éprouvait aussi. Le faisant douter de cette magie entre nous. Je suis parvenue à lui faire croire qu’il était tout ce qui me déplaisait physiquement chez un homme. Et je lui ai fait de la peine sans le savoir! Et pourtant, il était tout et plus encore... je suis parvenue à lui faire croire que mon mariage était heureux et incassable. Jusqu’à la toute dernière minute. Il lui a fallu beaucoup de courage (chevaleresque qu’il est) pour mettre son cœur en jeu entre mes mains, alors qu’il croyait que je vivais déjà le grand amour. Il s’était déjà battu bien longtemps contre cette image, mais ma garde baissée lui avait laissé entrevoir certaines réciprocités.

Notre histoire a pris un tournant lorsqu’il a déposé son cœur entre mes mains. Bien sur je lui ai avoué mes sentiments réciproques. Ce n’est cependant pas lors de ces aveux que nous avons formé un couple et que notre histoire a pris une tournure amoureuse. Car j’ai continué de lutter! Brandissant l’image de mon mariage heureux, comme dernier rempart désespéré. J’avais encore la trouille. Je nous ai fait souffrir quelques semaines.

À un moment, je lui ai dit que c’était terminé. Le cœur mort et la gorge serrée. Évidemment il n’a pas accepté cette idée sans tenter un coup respectueux mais audacieux. J’ai su ce soir-là que la suite serait nous. Je le savais depuis... longtemps. Mais je ne savais pas comment et quand. Au fil des jours suivants, j’ai compris. Je ne voulais pas passer à côté de lui. À côté de ma vie. J’avais une chance inouïe de connaître un tel Amour. Je ne parle pas ici de passion et d’attirance (quoi que cela fasse partie de notre équation). C’est beaucoup plus grand, fort et surtout plus profond. J’avais passé ma vie à vivre pour les autres, pour le meilleur et pour le pire. Je me suis choisie, je nous ai donc choisis aussi. J’avais peur et j’ai traînée cette peur longtemps. Mais j’ai initié le baiser qui nous a unis. Celui qui a fait que je ne pourrais pas rester dans l’union dans laquelle je me trouvais alors depuis 24 ans. Il n’était pas un amant, ni une aventure. Et je ne désirais pas tenir le père de mes fils dans l’ombre.

J’ai choisi le bonheur, l’Amour et je me suis choisie. Je l’ai choisi, Lui. J’ai choisi de vivre et de prendre des risques. La mort rapide d’un être cher, un certain voyage en Irlande m’avaient aussi ouvert les yeux. Je ne pouvais pas passer à côté de nous. Ma plus belle fatalité, mon grand Amour. La fatalité parfois, prend des allures de bonheur et d’absolu heureux. Je suis heureuse d’avoir eu le courage de répondre à ton courage. De faire honneur à ton courage. Je t’aime tellement.

Wednesday, July 6, 2022

Bambi et le méchant loup

Lorsque tu as seize ans, que tu es hypothéquée et que l’Amour te fait déjà peur... et que tu proviens d’un milieu qui ne te permet pas de distinguer ce qui est normal de ce qui ne l’est pas. Tu crois que tu sais voir venir et que tu sauras éviter. Tu ne sais pas que des variations sur le même thème de violence et abus existent. Tu acceptes et tu composes avec certaines choses qui sont moins pires et qui frôlent une normalité qui est en fait anormale. Tu n’es pas amoureuse, soit. , tu tombes quand même dans le piège. De la sécurité. Il t’aime et il assure, il sera un partenaire de vie et un père fiable. Peut-être même parviendras tu à baisser ta garde et à tomber sous son charme, le temps passant?

Ces grands gestes romantiques, ses visites à l’improviste, ses lettres et ses appels (parfois plusieurs fois par jour, certains jours) t’irritent au départ. Cependant, à un certain moment, tu capitules sans même t’en rendre compte, et, tu commences à faire confiance. Dans un monde gris et terne et dur, ce romantisme affiché et forcé, fait ta conquête lentement mais sûrement. Il veut savoir absolument tout à ton sujet, il s’infiltre partout.

Un jour tu te retrouves mariée, puis avec un et puis deux enfants. Puis la maison en région, puis les colères qui éclatent, la dévalorisation, les infidélités, diverses formes de violences, une violence financière que tu ne sais pas identifiée au moment des faits. L’isolement. Des amis, de la famille.

Même si tu n’es pas amoureux, ce rôle qui nous est proposé partout (romans, films et séries) fini par fracasser tes barrières. La sécurité, le romantisme, le dévouement. Qui tournent rapidement au vinaigre. Et au fil des ans, les choses s’envenimement. Relation toxique, et les signes m’apparaissent si clairement désormais... à 43 ans.

Ça peut donc arriver que l’on cherche l’amour, que l’on soit ouverte à l’amour, ou que l’on cherche un partenariat et une sécurité. C’est très ironique, dans mon cas, que j’aie voulu éviter un mariage toxique en évitant l’amour, et que je sois tombée en plein dans le panneau. L’ironie est que plus de vingt ans plus tard, je me retrouve dans une relation grandiose et magnifique, qui a débutée très lentement. Par une amitié, entre collègue au quotidien. L’amour qui foudroie au premier regard de chaque côté, mais des années avant de naître à la réalité. Bien au contraire de se séduire et se bombarder, nous avons misé sur une amitié. De mon côté j’ai franchement lutté. Contre mes sentiments, contre l’évidence du départ.  Finalement, notre amour a pu prendre de solides racines dans ces années d’amitié. Les événements se sont déroulés vitesse grand V une fois notre Amour avoué et réel et inévitable. Certains événements ne nous laissant pas beaucoup de choix. Nous étions mûrs. Nous étions prêts aux bouleversements. Depuis, nous continuons de prendre notre temps, de grandir et croître côte à côte et puis ensemble. Cet amour est un havre de paix, un terrain fertile pour retrouver ma liberté et m’épanouir. Idem pour lui. C’est aussi un Amour immense, absolu et renversant. Au sein duquel nous sommes en confiance et épanouis. Ainsi que renversés et ivres l’un de l’autre. Nous nous fondons l’un dans l’autre, et nous nous trouvons et retrouvons. Nous nous connaissons mieux que jamais, comme couple et comme individus. C’est beau, fort, profond, sain et incroyable.

L’Amour absolu existe. Rare? Oui. Rare de trouver SA personne. Rare aussi un engagement commun aussi équilibré, totalement réciproque et absolu.

J’ai essayé de contrôler les paramètres de ma vie et je me suis retrouvée dans une relation toxique. Je ne contrôle plus rien, et, ce qui est sain, équilibré et épanouissant inonde ma vie, mur à mur.

Ironique vous dites?

Tuesday, July 5, 2022

Virginité


La virginité est un concept aussi farfelu que celui de la pureté à mes humbles yeux. Un commentaire laissé ici, une discussion et moults réflexions m’ont menée à écrire. Assez curieusement, lorsque je me suis séparée à quarante ans, après vingt quatre années avec le seul et même homme, cela créer une commotion cocasse. Au départ, nous tenions notre Amour pas secret, mais discret, pour plusieurs bonnes raisons. Nous formions un couple, mais nous étions aussi, des collègues. J’étais aussi, sa supérieure. Ces raisons parmi tant d’autres. Cependant, je mettais tout de suite les choses au claire, lorsqu’un homme se montrait entreprenant ou intéressé. Et il y en a eus des hommes qui se sont soudain révélé amoureux, séduits ou qui ont simplement tentée leur chance. Plusieurs hommes ont émergé de mon passé, dont plusieurs dont je n’aurais jamais soupçonné les ardeurs. Une chose est revenue souvent, dans les propos des ces prétendants non sollicités. Une fascination pour ma soi-disant ‘’pureté’’. Le mot ‘’virginale’’ a été prononcé à quelques reprises lui aussi.

Je me suis étouffée plusieurs fois sur une gorgée de thé ou de whiskey lors de retrouvailles ou de souper avec ce que je croyais naïvement des amis. En entendant souvent – trop à mon goût – ces deux mots. Pure. Virginale.

À un certain moment, cela m’a agacée, irritée. J’avais quarante ans, j’avais enfanté deux fils. Je n’étais pas l’incarnation de la Vierge Marie, ni une jeune fille vierge. Loin de là! Pourtant, cela continuait de revenir dans mes échanges… j’étais spéciale. Une espèce en voie de disparition. Une denrée convoittée, et j’aurais du être flattée qui plus est! En fait j’étais découragée et irritée. Un peu éberluée et incrédule aussi. En 2019 les hommes s’accrochaient encore à de tels concepts? J’aurais du être flattée?

Hé bien, non. Je trouvais cela franchement arriéré et rétrograde. Je trouvais aussi cela très réducteur. Mon pouvoir de séduction à entendre la vaste majorité d’entre eux, tenait au fait que je n’avais connu qu’un seul et unique homme. Que je dégageais quelque chose de pur et candide. L’ironie étant que tout cela, moi, me faisait sentir très insécure dans ma toute nouvelle relation. La deuxième de toute, toute, toute ma vie. Je ne me sentais pas pure ou virginale. Je me sentais gauche, maladroite et dépourvue d’expérience! Je ne voyais rien de sexy dans ma situation et, je ne voyais pas les choses sous le même angle que ces hommes en quête de vierge et de pureté.

Hallucinant d’être réduite à ceci. De voir ma valeur réduite au nombre de mes amants? J’étais trop heureuse de leur dire que j’étais déjà en couple, il va sans dire. Combien de fois me suis-je faite dire ‘’Il est chanceux, j’espère qu’il le sait.’’ Combien de fois, j’ai roulé des yeux, dans la face de ces messieurs.

Oui, j’ai eu un seul amant avant mon présent mari. Oui, j’ai été loyale et fidèle. Et mes pratiques avec mon partenaire de l’époque, n’étaient en rien remarquables, extravagantes ou excentriques. Pas beaucoup de piquant. Oui j’avais emmagasinés beaucoup de fantasmes et d’envies inassouvies. Oui, j’avais beaucoup de choses à découvrir et à apprendre. Surtout, à partager. Ces hommes passaient complètement à côté de ma vérité (en plus d’être ridiculement rétrogrades) qui était en fait, celle d’une femme vulnérable, avec un vécu, du bagage et beaucoup d’insécurités. Moi, je ne trouvais pas ça cute, spécial et précieux. Dans mes propres souliers, c’était oui, beaucoup de premières fois, et c’était particulièrement stressant. Excitant et délicieux, oui, mais angoissant tout de même. Heureusement mon partenaire, ne me réduisait pas à ces concepts hideux.

Monday, July 4, 2022

Marie et moi

 

Assez drôlement, elle est celle que j’ai prié alors que ma mère m’imposait le christianisme qui la rassurait. Elle s’y est refugié lorsque ses propres dons lui ont fait terriblement peur, et lorsque sa mère décédée ne fut plus là pour la guider et la rassurer. Je réalise beaucoup de choses. Consciemment ou non, je crois que malgré la pléiade de déesses, dont d’importantes déesses patronnes, elle a laissé sur ma vie une empreinte bien plus vaste et profonde que je ne le croyais.

Pour moi c’est une déesse et son mythe, l’un des plus connus du monde.

Je me rends compte que j’ai vécue ma vie un peu comme cette déesse que l’on voulait froide, passive et mère. Pure, loyale et maternelle. Je me suis jetée dans un mariage et je n’étais déjà plus vierge. Ayant été sauvagement violée à onze ans. Cependant, je me suis jetée dans ce mariage avec un homme choisi à seize ans. Bâtissant toute ma vie sur des certitudes dont je ne saisissais pas l’instabilité soumise au temps. Naïveté de mes seize ans. J’étais écorchée et mûrie trop vite, mais encore une enfant. Je me suis livrée moi-même à un mariage que je croyais une forteresse sécuritaire. Je n’avais pas reconnu plusieurs signes de violences et d’abus qui suintaient déjà chez cela qui deviendrait le père de mes enfants.

Mes enfants. Ils étaient la raison de ce mariage. Je désirais une famille. Pour laquelle je ferais tout. J’ai tout fait et j’ai tout donné. J’ai incarné l’archétype de la mère à deux cent pourcents. L’épouse? J’ai rapidement compris qu’elle serait accessoire, et jamais un rôle épanouissant. Pas dans cette union là en tout cas.

C’est quoi le rapport avec Marie?

Un de ces nombreux aspects, est cette vision d’une femme passive, maternelle et un peu froide et sans reproche. Sensualité et sexualité, une nécessité, un devoir. Au moins ce serait avec un seul homme, et je ne l’aimerais pas. Je me voulais intouchable. Je me voulais froide. Je me voulais mère. Maman était mon titre et non pas celui d’épouse. J’ai essayé, mais il n’y avait rien là pour moi, outre des apparences creuses d’une réalité malheureuse.

Non, je n’étais pas vierge et j’offrais mon corps les yeux fermés. À un seul homme. J’étais prise dans la forteresse de mon rôle d’épouse, qui protégeait mon rôle réel; celui de mère. Aucun homme ne m’approcherait. Aucun homme ne me toucherait. Aucun homme ne prendrait mon cœur en otage. Ce mariage vide d’amour était une parfaite couverture.

Aux yeux des autres, j’étais la mère et l’épouse honorable et intouchable. Assez pour tenir à distance bon nombre de prétendants qui se sont révélés dès que ma séparation fut ébruitée.

J’ai aimée cette déesse et peut-être, sans le savoir, l’ai-je prise pour inspiration. À tout le moins, une part de son mythe. L’une de ces interprétations. Honorable, touchée par un seul homme et mère. Épouse loyale et fidèle, femme de devoir et dévouée à sa famille. Une certaine aura, mais aussi une certaine froideur.

Je fais un drôle de lien entre elle et moi, et pourtant à mes yeux, il fait beaucoup de sens. D’ailleurs, que sait-on vraiment d’elle, de ce qu’elle ressentait face à un destin qui la dépouillait de tant de facettes d’elle-même? Que sait-on vraiment d’elle? Nous avons aussi cela en commun; personne ne savait ce qui se passait vraiment dans mon cœur et ma tête, et derrière les portes closes de ce mariage dans lequel je me suis jetée comme sur un voile. Certaines jadis prenaient le voile et Jésus comme époux. J’ai choisi mon mari pour des raisons pratiques, en espérant le mieux. Et du pire qui en fut, j’ai fait le mieux. Le mieux que j’ai pu. Et j’ai découvert l’amour, dans ces deux âmes sorties de mon ventre. Mon cœur avant eux, était glacé et couvert d’engelures invisibles. J’ai été une Mère véritables et une épouse honorable longtemps. Accomplissant mon devoir et mon devoir conjugal. Je mettrais beaucoup de temps, à fondre et, à voir émerger jusqu’à incarner, cette femme qui sommeillait en moi.

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...