Monday, February 28, 2022

En voyage


Mai 2019 je m’envolais pour l’Irlande. Un voyage que je m’étais promis, tout de suite après la mort de Réal. Je n’attendrais plus avant de vivre et de réaliser mes rêves. Promesse tenue. Je partais avec mon partenaire de l’époque, le père de mes merveilleux fils. Malheureusement pas le meilleur partenaire de voyage et certainement pas le meilleur partenaire en quoi que ce soit pour moi. Mai 2019, nous étions déjà très très proches. Tu n’avais pas encore mis tes tripes et ton cœur sur la table, mais nous étions très conscients de cette alchimie entre nous. Nous en parlions ouvertement, à mots à peine couverts.

Tu ne le sais pas, mais je suis partie le cœur à la fois excitée et lourd, pour ce voyage. Nous nous rapprochions beaucoup, malgré mon mari et ta fréquantation passagère du moment. Tu allais me manquer, et j’avais peur. Peur que tu décides d’investir avec ta fréquantation du moment, tellement déterminé à vivre, trouver et éprouver. Je craignais même que pire encore, tu retournes avec ton ex, même si tu avais été malheureux, pas du tout amoureux et que tu étais libre et heureux. Tu étais déterminé à être véritablement en couple, seulement si c’était LA bonne. Tu ne voulais plus t’embarquer pour moins que cela. C’était vrai, mais je te savais vulnérable, malheureux et, surtout… j’étais à tes yeux, mariée et heureuse. Inaccessible. Je ne laissais pas rien filtrer le mon malheur conjugal, et si peu de mes sentiments en regard de la vérité.

Je suis partie en Irlande, le cœur un peu lourd et crois-le ou non, avec la hâte au cœur de te retrouver. Tu ne sais même pas, que j’ai pensé à t’écrire souvent durant mon voyage. Je n’ai pas osé. Tu m’as manqué! J’ai vécu des moments forts en Irlande, et j’aurais voulu te le partager, t’écrire et t’en parler. Je n’ai pas osé. Tu as été avec moi, tout au long de mon voyage. Je ne crois pas que je te l’ai dit ainsi. Je vivais spirituellement tellement de choses, et tu étais la personne avec qui j’aurais aimé en discuter et partager. J’ai pensé à toi à de nombreuses reprises, en des endroits particuliers en Irlande.

J’ai cherché un cadeau pour toi aussi, mais ne trouvant rien, j’ai préféré ne rien acheter. Je voulais quelque chose qui avait une véritable signification et non pas un simple souvenir touristique. Je ne t’ai donc rien rapporté dans mes bagages, mais, je te ramenais mon cœur presque mûr pour tomber entre tes mains. Pas encore prêt, mais presque. Car au retour de ce voyage, non seulement j’avais beaucoup pensé à toi, mais j’avais aussi beaucoup réfléchi. J’ai vécu beaucoup de moments forts très personnels et spirituels en Irlande. Dont une prise de conscience foudroyante. J’allais quitter mon mari. Pas pour toi, mais pour moi. Je le savais depuis longtemps. Plusieurs années. Depuis la mort de Réal, c’était une évidence. Après ce voyage les dés étaient jetés. Et puis, il y avait toi. Nous. C’était à suivre.


 

Sunday, February 27, 2022

Silence


J’ai toujours aimé le silence. Peut-être car très tôt autour de moi, les cris, les bruits, les rumeurs, me remplissaient la tête. Les histoires crève-cœur des adultes m’entourant. Me considérant comme un joli meuble sage ou carrément une adulte. Il y avait toujours du mouvement et du bruit. Même le soir, la charge lourde de chaque journée m’envahissait la tête, sur l’oreiller, je ne trouvais pas le repos. La musique m’aidait à dormir, mais le jour, bien réveillée, c’est le silence qui m’apaisait. Le silence qui permet de faire connaissance avec une maison; ses bruits divers, qui la rendent unique. Le silence qui me permettait d’écouter mieux les battements plus calmes, de mon cœur. Qui me permettait de me sentir en quelque sorte, en sécurité. C’est pour beaucoup, ce qui fait que moi, le silence ne me fait pas peur. J’en ai besoin, et ça ne me rend pas mal à l’aise. Je sais aussi lire les silences. Mieux! C’est un langage que je parle couramment. Car tant de choses passent par le silence. Des mots, des courants, des intentions et toute la gamme des émotions humaines.

Le silence, une sécurité, et un réconfort dans la solitude. La solitude qui m’était chère, elle aussi. J’aime le silence. On entend et on comprend tellement de choses, dans le silence. Ça me berce et me rassure le silence. La seule variation au silence que j’ai vécue, remonte à très récemment. Maman de deux garçons, je n’habite plus sous le même toit qu’eux depuis déjà deux ans. Mon rapport au silence après être devenue maman, a connu une belle tournure. Mes fils m’ont offert leurs musiques aussi tôt que leur neuf mois dans mon ventre. Je ne saurais comment l’expliquer, mais il est de ces petits bruits, lorsque l’on partage notre corps avec une vie qui pousse en soi, qui sont merveilleux et uniques. Plus l’enfant grandit à l’intérieur de soi, plus les petits bruits sont distinctifs. Puis ensuite, bébés, tendre enfance, enfance et adolescence et vie de jeunes adultes. Les rires, les larmes, les cris. Chacun de mes fils affecte mes silences à sa manière. Mon aîné est très verbomoteur. Il ne peut s’empêcher de partager, de se confier, de parler, de rire et de s’indigner. Mon cadet est un peu comme moi. Aucune difficulté à être seul, dans le silence et à faire ses petites affaires.

Depuis que j’ai emménagé avec mon mari, le silence pour la toute première fois de ma vie parfois, se faisait lourd. Ça arrive encore, mais beaucoup moins. Les musiques de mes fils, leurs sons, leurs bruits… ils me manquaient cruellement au début. Je n’avais jamais été séparée d’eux auparavant. Leur absence se faisait sentir dans le silence parfois plus omniprésent. J’ai dû m’habituer à ce silence, et ce ne fut pas facile. Ce fut source de souffrances, de nuits bouffées par des cauchemars, des larmes. Beaucoup de pleurs et de douleurs, de la confusion aussi. Les circonstances étaient déjà difficiles, et apprivoiser ce nouveau silence signifiait faire un deuil auquel je n’étais ni préparée, et surtout pas encline à le faire. Ce fut un cheminement, très long, avant que j’apprivoise ce nouveau silence. Les bruits de l’appartement, des voisins et du quartier, que met en évidence mon cher silence, se sont fait rassurants. Doucement, ils sont devenus familiers et ils bercent désormais mon quotidien en perçant le silence.

Mon lien au silence fluctue mais, il n’en demeure pas moins, que j’apprécie énormément le silence. Ça m’apaise, me calme. Je me dépose d’une manière unique dans le silence. J’apprécie aussi les silences dans une conversation. Je suis triste parfois et, même irritée d’autres fois, lorsque certaines personnes percent le silence pour dire des idioties. À cause d’un malaise, car elles ne supportent pas le silence. Je trouve ça à la fois énervant et dommage. Une des choses que j’apprécie le plus, c’est le silence savouré avec l’être aimé. Lire collés, chacun un livre entre nos mains, pas de musique. Le souffle de l’autres, ses borborygmes, les pages de livres qui se tournent. Les yeux qui se rencontrent, les corps qui se frôlent et de cherchent. Sans mots. Le silence compose alors une musique; la nôtre. Dans des moments de paix, de pause et de tendresse. Tellement de choses s’expriment, dans le silence.

Les saisons je trouve, affectent aussi le silence. Les silences d’hiver sont mes préférés. On dirait que le silence règne l’hiver. Il est plus fort, plus présent et plus résonnant. L’été est la saison ou il se fait plus timide. Les bruits sont partout, entrant par les fenêtres, qu’on le veuille ou on. Les gens sont dehors, partout et les cris et rires des enfants, les bruits des voitures; tout est amplifié. Les moments de silences y sont plus rares, dépendamment l’endroit. L’automne, le silence est mélancolique, il reprend aussi ses droits. Il pousse à l’introspection, la réflexion. Les silences de journée grise et pluvieuse d’automne sont parmi mes favorites! Le silence du printemps est pimpant et grouillant. Il met en valeur les bruits de la vie qui reprend partout. Il y a de belles journées de printemps ensoleillées qui apportent des silences chaleureux et bienfaisant.

Je pourrais écrire et parler longtemps du silence. Qui met tellement de chose en évidence, qui berce et qui calme. Petite, je me disais que la solitude était ma mère, et le silence, mon père. Rassurants, indéfectibles et constants. Gardiens de mon cœur, de ma santé mentale, cette conception des choses est restée longtemps avec moi. Les racines de cette conception remontent à l’enfance et il en reste encore des traces parfois.

Le silence c’est aussi ce qui sort de ma bouche souvent (de moins en moins heureusement) lorsque je suis émue, surprise et touchée. Les mots ne sortent pas, même s’ils se bousculent quelque part en moi. J’ai été muette bien longtemps, sous mes sourires et les apparences d’une fille et puis une femme, qui sait toujours quoi dire, et qui semble si sociable. Je ne mens pas lorsque je dis que je suis sauvage. C’est demandant depuis toujours de me fondre si bien au gens. Je suis devenue experte et cela me coûtait moins, mais cela me coûtait toujours. Mes vrais sentiments et ce que je vivais réellement dans mon cœur, c’était un dialogue avec moi-même. Je ne parlais pas vraiment beaucoup. Ce qui fait que depuis que je vis 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec un homme qui me voit, qui me devine et réclame tout de moi… c’est demandant en titi! Cependant, c’est réellement une belle et bonne chose. Car nous nous respectons beaucoup. Nous sommes très à l’écoute l’un de l’autre. Ce fut beaucoup de travail de parler et de dire les vraies choses à quelqu’un à qui on ne veut pas, et à qui on ne peut pas cacher les vrais sentiments. Je ne peux plus me défiler. Je ne veux plus me défiler. Le silence est ce qui sortait souvent de moi. Aucun son de ma bouche, mes yeux qui parlent, mon corps qui s’exprime. Pourtant, entre nous, la conversation est importante as day one. Une fois un grand non-retour d’une intimité absolue franchie, mes silences ont pris le plancher et le devant de la scène pour un bout. Je ne savais pas comment exprimer certaines choses, je n’y arrivais pas et je demeurais souvent béate ou coite.

Heureusement depuis, les choses ont évolué, je suis ailleurs et le silence me sert, me sied et m’accompagne de nouveau de manière collaborative et volontaire aussi. Avoir été pétrie de silence et de solitude, venait avec certaines petites manifestations étranges. Je suis déjà étrange sous mes airs parfois conformes et en contrôle. C’est du boulot! Des années d’observation et de mimiques. Le silence demeure pour moi, une belle chose. Nécessaire et apaisante. Une langue que je parle couramment et qui me sert vraiment souvent. J’aime profondément, le silence.

 


 

Friday, February 25, 2022

Jaune et bleu

(Si quelqu’un connaît l’artiste à l’origine de cette illustration, merci de me laisser savoir, car il me fera un immense plaisir de le citer! Évidemment!)

Il y a quelque chose qui déchire, dans les lois intemporelles de ce monde, qui ramène sans cesse un imbécile avec trop de pouvoir entre ses mains. Variations sur un même thème. L’histoire se répète sans fin. Je ne comprends pas, avec mon cœur, les motivations de la Russie. Ni avec ma tête. Je n’y parviens simplement pas. Assise dans mon divan, je lis les nouvelles en triant pour être certaines d’être exposées aux meilleures sources et à diverses sources. Je mon divan je me sens paralysée, indignée et impuissante. Et j’ai dit Russie plus haut, mais c’est injuste pour les Russes. C’est un homme, et ses hommes de mains, et non pas toute la Russie. Les Russes ne sont pas tous derrière lui comme un seul homme. Plusieurs ont peur et taisent leur réprobation, d’autres revendiquent et se mettent ainsi fait, en danger. Mon cœur se serre pour l’Ukraine, et aussi pour les Russes qui sont souvent vus comme un pays dirigé par un homme despote et non pas comme de nombreux individus, victimes eux aussi. Mon cœur se serre davantage cependant, pour l’Ukraine.

Je ne comprends pas pourquoi, tuer d’autres humains, bouleverser l’ordre mondial possiblement. J’ai l’impression d’être prise dans le suspense affreux d’un mauvais film d’action don’t je ne connais pas encore l’issue. Le sort de l’Ukraine, il est un peu entre les mains des autres pays qui eux, s’ils agissent seront sujets aux représailles du débile Russe et sa mafia politique et son armée.

Ce pays que le Russe a commencé à ravager sous des raisons vraiment stupides et mensongères, nous relie tous, nous touche tous. Ne serait-ce que sur les réseaux sociaux ou je suis présente, je constate à quel point nous sommes tous touchés. Je ''suis'' des gens d’horizons très différents qui parfois, vont même à l’encontre de ma propre pensée. Car je ne veux jamais être confortable, je veux être confrontée par des points de vue et des opinions différentes. Je trouve ça rafraîchissant et important. Cela m’empêche de tomber dans ma propre complaisance et cela me porte à réfléchir autrement. J’ai aussi plusieurs facettes moi-même et, encore une fois, je ''suis'' des gens d’une homogénéité éclectique très personnelle. Sans parler des gens à travers le monde que je ''suis''. Je mettrais ma main au feu pas mal sans hésiter, en disant que la plus grande majorité des gens que je ''suis'' dans l’ensemble, ont publié ou republier quelque chose, un contenu quelconque, en lien avec les événements choquants et tragiques qui sévissent en Ukraine. Cela. Ne. Laisse. Personne. Indifférent. PERSONNE.

Comment ils vont s’en sortir? Qui osera aller leur prêter courageusement main forte, en faisant plus que geler des actifs, et autres mesures bureaucratiques? Quels pays s’uniront et se commettront? Combien de temps ces gens souffriront ils des actes barbares de leur voisin impénitent? Quelles seront les répercussions sur la paix mondiale?

Nous ne le savons pas. Les yeux du monde entier sont tournés vers l’Ukraine. Nos souffles suspendus et nos cœurs serrés. Mon cœur en ce moment, est jaune et bleu. 


 

Thursday, February 24, 2022

Il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée...

Attention, statut roman-fleuve. Hahaha 😅🤣😉 Après ma séparation, oui, j’étais amoureuse et très amoureuse qui plus est. Cependant, je n’étais même pas divorcée encore, que l’on pouvait m’entendre clamer (très honnêtement et sincèrement) que moi, le mariage, on ne m’y reprendrait plus. Pour diverses raisons valables. Pour moi, on ne se mariait qu’une fois. C’est un engagement et une promesse. Je n’avais pas réussi à la tenir, je ne ferais sûrement pas la même erreur une seconde fois. Les bases de ce mariage n’étaient pas l’amour. C’était pour moi, une promesse, un partenariat et un plan sur lequel je bâtissais toute ma vie… du haut de mes dix-huit ans. Âge auquel je me suis mariée avec l’homme que je fréquentais depuis mes seize ans. Une relation dans laquelle mon cœur n’était pas engagé et ne risquais pas d’être brisé. Je le respectais et l’admirais. Je croyais que de cette forte amitié, pourrait fleurir un mariage et surtout une famille. Je l’ai cru profondément et sincèrement. Assez pour me marier, et demeurer avec un seul et même homme… toute ma vie, ou presque jusqu’à mes quarante ans. Vingt-quatre ans de ma vie. J’avais fait une promesse, j’ai vraiment fait tout ce que je pouvais pour l’honorer et la tenir. Surtout, surtout lorsque les enfants sont arrivés dans le portrait. Mon mariage était malheureux et ardu, mais ma famille (donc mes enfants) c’était le centre de mon univers. Bref! Je ne me croyais pas vraiment faite pour le mariage non plus. Idéaliste et romantique, pour moi le mariage c’était une fois. Assez drôlement, je me suis mariée en bourgogne la première fois… car pour moi, me vêtir de blanc alors que mon cœur n’y était pas, constituait un sacrilège. Dans ma tête de dix-huit ans, je pouvais baser ce mariage sur un partenariat, mais je ne pouvais pas blasphémer et porter du blanc, comme dans mes rêves de petite fille. Il n’y aurait pas de seconde fois, pas de blanc. Point à la ligne. Je venais de retrouver ma liberté également… une liberté sacrifiée à seize ans en toute connaissance de cause, croyais-je naïvement à l’époque. Faites le calcul… être follement amoureuse, ok, mais me repasser la corde au cou? Nope. Non. Je m’exprimais sur le sujet avec l’indélicatesse dont je peux faire preuve parfois, quoique rarement… ça m’arrive. Jusqu’à ce que mon frère de cœur cet homme sage et avisé… me glisse à l’oreille… ‘’Heu… tsé Caro… toi, tu as déjà été mariée, mais JD lui, non… si tu voyais ses yeux quand tu parles haut et fort que tu veux pas te remarier… je dis ça de même mais… peut-être juste discuter avec lui…?’’ (Merci encore de ta clairvoyance Martin .) Moi de me sentir un peu mal quand même… il n’avait pas tout à fait tort. Par contre, nous étions amis depuis quelques années déjà et, mon Amoureux, il ne s’était jamais montré très enthousiamé par le mariage. Mais alors, pas du tout. Et nous en avions parlé assez souvent lors de nos nombreuses conversations, alors que nous n’étions qu’amis. Donc pour moi, c’était à la fois convenu et sécurisant. C’est probablement pour cette raison que j’ai tardé à aborder le sujet soulever par Martin, avec mon Amoureux. Cela me sécurisait beaucoup de demeurer sur le fait qu’il m’avait exprimé à plusieurs reprises que pour lui le mariage… non. Pour plusieurs excellentes raisons. J’ai tant et si bien tarder, que c’est lui qui a abordé la question lors d’une marche. Il m’a posée la question et ma réponse a fusée : non, plus jamais. J’aurais dû voir l’expression sur son visage. En fait je l’ai vue mais, j’ai eu la trouille. Moi, je n’étais pas prête du tout, même pas à envisager la possibilité. Le cœur dans la gorge, j’ai ignoré son expression, la peur au ventre et la peine au cœur. Je n’étais même pas divorcée. Nous étions ensemble depuis quelques semaines. Je n’avais pas virée ma vie à l’envers (et lui, la sienne) pour quelque chose d’insignifiant. Pour moi, me permettre de réciproquer ses sentiments, et vivre cet amour en bousculant ma vie et les gens qui s’y trouvaient, c’était à l’époque, ma plus grande déclaration d’amour. La plus grande preuve d’à quel point je croyais en nous. Le mariage? Pourquoi faire? Non. Quelques semaines plus tard, lors d’un lunch autour de sushis, il a eu le courage d’aborder le sujet à nouveau. Je me tortillais sur ma chaise, j’étais très inconfortable. Terriblement. Je revoyais son beau visage triste la dernière fois que le sujet avait été évoqué. Les paroles de Martin résonnaient dans ma tête. Mon Amoureux sait faire preuve d’une grande délicatesse avec moi. Il a apporté le sujet de manière intelligente et sensible. Ouvrant la porte non pas à une demande imminente, mais à de bonnes questions. Nous avons de nouveau parler de notre vision du mariage et j’ai découvert que la sienne avait changée. Beaucoup. Moi, je ne savais plus trop ou je me situais et je me sentais inconfortable. Gentleman, il s’est exprimé sans mettre de pression sur ma personne affolée, pétrie de culpabilité. Lui, il était plus qu’ouvert. Au moment ou nous nous étions embrassés, il savait qu’il voulait m’épouser. Une première pour lui. Il voulait savoir si, j’étais toujours catégorique et inébranlable dans ma décision. Au fil de notre conversation, je lui ai dit que, je ne trouvais pas ça très juste de le priver lui de cet engagement. Nous nous aimions aussi énormément. Je n’étais définitivement pas prête du tout, et je ne savais pas quand je le serais. Par contre, je voulais et tenais à réévaluer la chose au fil du temps. Il était très compréhensif et empathique. Je l’étais aussi, pour sa situation. Nous avions eu une très belle discussion qui m’avait même un peu détendue. Nous n’avons pas vraiment reparlé de mariage, notre vie nous a avalé et les choses se sont bousculées. Certains proches y faisaient allusion, comme une tendre taquinerie, mais croyant aussi que nous ferions de bien beaux mariés. À chaque fois, j’avais un rire nerveux, et l’Amoureux espérait que cela ne ferait pas accroître ma peur. Le temps a passé, nos vies se sont soudées rapidement dans divers hauts et bas. Notre amour, comme une constance, qui lui, n’a jamais plié, ni faibli. L’Amoureux me l’avait promis, et moi, je voulais y croire, mais habituée à vivre un jour à la fois, et avec la peur de perdre le beau et le bon, du jour au lendemain… j’ai mis du temps à déposer mon cœur. En fait, c’est faux… mon cœur, je le lui avais donné il y avait longtemps… mais les peurs, les blessures, les doutes eux… ont fait que ma vigilance et mes armes et armures… j’ai mis du temps à m’en départir totalement. Malgré l’amour viscéral, la confiance. Pourtant, au fil du temps et des événements, je me suis déposée. Pour la première fois de ma vie. Mon Amoureux est particulier, romantique et brillant. Il avait son idée depuis lurette pour une demande en mariage. La vie a voulu que mon divorce soit prononcé deux jours avant notre premier anniversaire. Date qui, je l’ignorais, l’Amoureux avait choisie pour me demander ma main. À condition que je sois divorcée, si non, il aurait remis sa demande lors de notre second anniversaire. J’ai signé mes papiers de divorce avec beaucoup d’émotions. Peu de gens peuvent comprendre mais… je sortais d’une cage en apparence dorée, je retrouvais légalement ma liberté. Je portais cette promesse avec moi depuis mes dix-huit ans. Au fil des mois j’avais pu comprendre mieux mes décisions de l’époque, me pardonner et faire certains deuils. J’étais néanmoins très émue. Libre. C’est un sentiment unique très particulier. Je le voyais doucement, moins comme un échec, et même davantage comme une belle victoire. Deux jours plus tard, dans un endroit qui signifie beaucoup pour nous, l’Amoureux a mis un genou par terre et m’a demandée ma main. Pauvre Amour! Ma réaction a été un oui… mais la demande m’a tellement surprise et émue, que mon sourire ne s’est pas rendu à mes lèvres et ça roulait tellement vite dans ma tête, que ça a surchauffé et j’étais abasourdie. Émue et ahurie, j’ai dit oui, en demandant à plusieurs reprises ‘’Quoi???’’ et ‘’C’est pour vrai??’’ de ce que je me souviens haha! Je me souviens avoir ressenti une grande chaleur, un immense bonheur et un vertige. La surprise de m’entendre dire oui, et que cela vienne du cœur. C’était saisissant. C’était beaucoup. J’avais l’air un peu sonnée, pas du tout la future épouse émue qui pleure et qui rit, dans les vidéos sur Youtube, par exemple. Heureusement qu’il me connaît bien, et qu’il sait comment je peux réagir lorsque beaucoup d’émotions, surtout les belles m’envahissent. Je suis une hypersensible qui s’est protégée toute sa vie, seule derrière ses masques et ses armures. Il y a donc une petite déconnection, entre la tête et le coeur, mais c’est de mieux en mieux! Je suis beaucoup plus agile avec les mots par écrit. Lorsque je suis touchée, je peux être particulièrement étrange. Haha… Je lui ai causé une petite frousse, et il était teeeelllleeeement nerveux. Tout ce texte pourquoi? Car je regardais nos photos de mariage, celles que nous considérons faire imprimer, et, mon cœur était profondément ému. La vie peut changer énormément et en si peu de temps. En un an, je suis passée d’une femme qui ne voulait pas se remarier, à une femme très fraîchement légalement divorcée, qui a acceptée la plus belle des demandes en mariage. Et depuis, nous nous sommes mariés. On m’aurait dit que les choses se passeraient ainsi, j’aurais ri à gorge déployée! Hé bien, telle est prise qui croyait prendre. Pour le meilleur et… le meilleur, et, le reste. Au moment où j’ai écouté mon coeur, à la place de gérer, planifier et contrôler ma vie… souvent , voir toujours en fonction des autres…. oui, les choses se sont bousculées… mais pour le mieux. Je n’ai aucun regret. Je suis encore abasourdie et surprise, mais d’une tendre et belle manière. Oui le devoir, les promesses, et la loyauté. Mais oui aussi à écouter mon cœur et me faire enfin une place dans ma propre vie.


Wednesday, February 23, 2022

Surnoms et autres petits noms

(Si quelqu'un connaît l'artiste à l'origine de cette illustration, merci de me laisser savoir, car il me fera un immense plaisir de le citer! Évidemment!)


Herbes et Étoiles… deux de mes intérêts, bien sûr. Cependant, tout ceci est parti d’un secret que je portais. J’ai un autre compte IG qui date des débuts de ce réseau social. Il est devenu privé pour de bon il y a deux ans et demi. Il y a un peu plus de deux ans et demi, j’ai créé un autre profile IG pour mettre l’emphase sur ma vie spirituelle. Moins sur le personnel, moins fourre-tout. Le titre, il parlait déjà du couple que je forme avec mon merveilleux Mari. Un clin d’œil silencieux pour celui qui me suivait plus assidûment sur mes réseaux sociaux. Se manifestant un tantinet plus, lui d’un naturel discret. Je suis les herbes et lui, les étoiles. À l’époque, j’ignorais que nous formerions (enfin) un couple. C’était une manière de nous unir, que personne ne pouvait deviner. Tout à fait mon type de romantisme cryptique. Dragon et Phoenix. La Belle et la Bête (plusieurs de nos proches nous ont dès nos débuts affublés de ces surnoms… pour plusieurs raisons très évidentes). Plume de Lune et Encre de Saturne. Herbes et Étoiles. Nous nous complétons beaucoup, nous sommes très, très, très quétaines également.

Je me souviens de ce soir, l’un des premiers sous son toit, j’étais fraîchement séparée. J’étais dans tous mes états. Il m’a dit de venir me blottir sous son aile, et que j’y serais toujours en sécurité. C’est l’une des premières choses horriblement cute qu’il m’a dite. Il y en a eu une avalanche généreuse depuis. Incluant de ma part. Je n’étais pas trop fan des surnoms auparavant. Quand ton ex te surnomme son vieux bas, sa chose ou crocodile sacré… je veux dire… ouin. Bon, il y a eu les chérie et petite chouette, mais j’ai toujours ressenti un malaise. Comme si les surnoms reflétaient le fait que je n’étais pas vue. Ce qui était sans doute un peu ma faute car je me suis rendu compte à quel point je m’étais isolée de tous. Y compris mon ex… cependant, j’ai sincèrement essayé de m’ouvrir et j’ai donner tout ce que je pouvais. Mais ceci est une autre histoire.

Les surnoms pour moi c’est une affaire très personnelle et cela peut me révulser autant que me toucher profondément. Mon mari a le don de me voir telle que je suis et trouve des surnoms tendres et émouvants. Mon papa m’appelle sa Grande et sa Grosse depuis que je suis toute petite. Grosse, parce que même petite, je prenais toute la place dans son cœur. Comment ne pas trouver cela adorable? Maintenant, qu’une autre personne que lui s’avise de me surnommer ainsi… ça ne passera pas. Pas du tout. Je n’aime généralement pas me faire raccourcir mon prénom et me faire appelée Caro. Vraiment pas. Surtout par des gens qui ne me connaissent pas. Les exceptions sont une poignée de proches pour lesquels, lorsqu'ils le prononcent, ça sonne comme de la tendresse et ça traduit une vraie familiarité remplie d’amour. Eux, ils peuvent m’appeler Caro sans que cela me hérisse le poil.

Je n’aime pas non plus les sobriquets, mais alors pas du tout. Je n’aime pas que les surnoms servent à se moquer et pire, à déguiser des moqueries. Ça, c’est juste non. Je n’ai pas été affublée de ce type de surnoms souvent, heureusement. Mais je suis profondément incapable de tolérer que d’autres soient blessés par des sobriquets. Ça m’indigne, me fâche et je monte invariablement au front. Peut-être suis-je susceptible dans ces cas-là. M’en fiche, ça ne passe pas en ma présence.

Autant de mots pour dire simplement la raison du titre de ce blog, qui tire son origine de mon second profile IG. Pour glisser aussi au passage, qu’il se peut que ma Bête, la part Étoiles de ce blog, laisse un billet de sa plume. Ou devrais-je dire de son encre de Saturne. Au gré du temps dont il dispose et, de son inspiration. Personnellement, j’ai hâte de le lire, même si je ne conçois aucune attente. Ce sera comme une surprise inattendue. Ainsi est fait celui  que j’aime.

 

Ton regard sur moi

  Ton regard sur moi améliore celui que je pose sur moi. Je me rends compte, à défaire mes derniers nœuds et à rencontrer mes derniers traum...